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Gentis Blason des Francs Arquebusiers armes des Arquebusiers de Visé
Les Francs Arquebusiers et la Grande Guerre à Visé - le 20e siècle de 1914 à 1925

Vous entendez la Marche du 12e de Ligne qui défendit Visé

Home - Sommaire histoire Retour au début du 20e siècle Vers la suite du 20e siècle de 1925 à 1939 dernière mise à jour:17/02/14

1914

L'armée belge en 1914, Liliane et fred FunckenL'armée belge de 1914 est une armée désorganisée.
Elle le fut de la volonté des dirigeants politiques qui ne voulaient pas investir dans les effectifs militaires et dans le matériel et qui se basaient sur la neutralité de la Belgique, garantie par les signataires de l'acte de 1839.
Si un pays venait à agresser ou à traverser la Belgique, les autres membres du pacte s'engageaient à intervenir.
Sauf que même dans le meilleur des cas, cela signifiait une invasion du territoire national sans que l'armée puisse effectivement y répondre et avec des dégâts conséquents.

Déjà en 1870 lors de la guerre franco-prussienne, les effectifs avaient été mobilisés le long de la frontière française, de crainte que l'armée d'outre Quiévrain ne traverse le pays lors de sa campagne militaire. Elle avait été placée sous le commandement du Comte de Flandres, frère du Roi.
Mais en 1870, le pays a une armée forte avec une artillerie qui possède les meilleurs canons du monde et une infanterie qui peut aisément soutenir celle des prussiens.

La Position Fortifiée de LiègeNous voilà donc en 1914 avec une armée dont les effectifs sont inférieurs à ceux de 1839 !!
Pourtant Brialmont depuis bien longtemps a demandé un renforcement de l'armée et prévu ce qu'il allait advenir.

L'armée belge comptait officiellement 200.000 hommes, comprenant 120 bataillons d'infanterie, une division de cavalerie, 78 batteries de 70, 36 batteries d'obusiers et de canons de 100, 6 batteries à cheval, 40 compagnies de mitrailleuses et une classe de milices. Elle disposait de 37.600 chevaux, de 2.600 voitures, de 1.500 automobiles.

La réalité est toute autre. L'ennemi n'en trouvera pas la moitié à lui faire face.
On manque de tout: hommes, officiers, matériel, entrainement...
Un simple exemple: l'armée a été dotée de quelques mitrailleuses, en fait 120 en tout pour toute l'armée, mais les soldats ne savent qu'à peine s'en servir et en cas d'enrayement de l'arme ne savent pas la réparer.
Heureusement, on a quand même construit certaines lignes de défense, à Liège, Namur et Anvers, vers où l'armée doit se replier en cas d'attaque.

Il est impossible pour l'armée belge d'en arrêter une autre.
D'autant plus qu'avec cette pseudo garantie de neutralité inviolable, elle sait que d'autres viendront automatiquement à son secours, à quoi bon dès lors avoir une grande armée ?
Sauf qu'avoir un dispositif suffisament dissuasif aurait pu empêcher la traversée du territoire par n'importe quel belligérant.
En effet, si la Belgique était en mesure de retarder un envahisseur jusqu'à l'arrivée des renforts étrangers, c'eut été un trop grand risque pour l'attaquant.
Le plan belge est de retenir autant que possible toute invasion en reculant jusqu'à la position fortifiée d'Anvers, bastion réputé imprenable.

En 1914 la France n'est pas celle d'aujoud'hui.
Elle rêve de prendre sa revanche depuis qu'elle a perdu l'Alsace et la Lorraine,
territoires annexés par l'Empire allemand en application du traité de Francfort, signé le 10 mai 1871 après la défaite française de Sedan et la reddition de Napoléon III.
Les prussiens y ont construit une ligne de défense.
En face, les français ont fait de même.

Le plan d'invasion est déjà prêt en 1905.
Pour contourner cette ligne de défense, les allemands n'ont que le choix soit de passer par la Suisse, laquelle est un bastion retranché, bien entrainé, bien armé et d'un relief très difficile, soit de passer par la Belgique, avec ses larges plaines qui laissent un passage facile, des fleuves et des voies ferrées qui permettront très rapidement d'envahir la Fance via la région de l'Entre Sambre et Meuse., et d'arriver à Paris en contournant la ligne fortifiée.

Le noeud de ce dispositif: LIEGE, idéalement situé
C'est une position  stratégique de toute  première importance de par sa situation car, par Liège convergent :
- 17 axes routiers (au départ d'Aix-la-Chapelle, de Bruxelles, de Maastricht, de Namur, de Verviers, etc...)
- 7 voies ferrées dont l'axe Allemagne-France
- 1 grand fleuve : la Meuse
- 2 rivières importantes: l'Ourthe et la Vesdre.
Cette configuration explique le trafic important de cette région. Liège est aussi un passage obligé vers l'intérieur de la Belgique et vers les zones portuaires.
Tenir Liège c'est tenir les voies de communicaions et en quelques heures avoir parcouru des centaines de kilomètres.
C'est déjà la blitzkrieg !

 

uniformes ammeands de 14-18ULTIMATUM ALLEMAND (2 AOUT 1914).

-Note, remise au Ministère des affaires étrangères à 7 heures du soir, ainsi formulée

"Le Gouvernement allemand a reçu des nouvelles sûres, d'après lesquelles les forces françaises auraient l'intention de marcher sur la Meuse par Givet el Namur; ces nouvelles ne laissent aucun doute sur l'intention de la France de marcher sur l'Allemagne par le territoire belge.
Le Gouvernement, impérial allemand ne peut s'empêcher de craindre que la Belgique, malgré sa meilleure volonté, ne soit pas en mesure de repousser avec succès une marche française comportant un plan aussi étendu, de façon à assurer à l'Allemagne une sécurité suffisante contre cette menace; c'est un devoir impérieux de conservation pour l'Allemagne de prévenir cette attaque de l'ennemi.

"Le Gouvernement allemand regretterait très vivement que la Belgique regardât comme un acte d'hostilité contre elle le fait que les mesures des ennemis de l'Allemagne l'obligent à violer aussi, de son côté, le territoire belge.
Afin de dissiper tout malentendu, le Gouvernement allemand déclare ce qui suit :
Uniformes allemandes de 14-18
"1° L'Allemagne n'a en vue aucun acte d'hostilité contre la Belgique. Si la Belgique consent, dans la guerre qui va commencer, à prendre une attitude de neutralité amicale vis-à-vis de l'Allemagne, le Gouvernement allemand, de son côté, s'engage, au moment de la paix, à garantir l'intégrité et l'indépendance du royaume dans toute leur ampleur.

"2° L'Allemagne s'engage, sous la condition énoncée, à évacuer le territoire belge aussitôt la paix conclue.

"3° Si la Belgique observe une attitude amicale, l'Allemagne est prête, d'accord avec les autorités du Gouvernement belge, à acheter contre argent comptant tout ce qui est nécessaire à ses troupes et à l'indemniser pour les dom quelconques causés en Belgique par les troupes allemandes.

"4° Si la Belgique se comporte d'une façon hostile contre les troupes allemandes et particulièrement fait des difficultés à leur marche en avant par la résistance des fortifications de la Meuse ou par des destructions de routes, chemins de fer, tunnels on autres ouvrages d'art, l'Allemagne sera obligée, à regret, de considérer la Belgique en ennemie.

uniformes austro-hongrois en 14-18"Dans ce cas, l'Allemagne ne pourrait prendre aucun engagement vis-à-vis du royaume, mais elle devrait laisser le règlement ultérieur des rapports des deux États l'un vis-à-vis de l'autre à la décision des armes.

"Le Gouvernement a le ferme espoir que cette éventualité ne se produira pas et que le Gouvernement belge saura prendre les mesures appropriées pour empêcher que des faits comme ceux qui viennent d'être mentionnés ne se produisent.

"Dans ce cas, les relations d'amitié qui unissent les deux États voisins seront maintenues d'une façon durable."





RÉPONSE BELGE (3 AOUT 1914).

A cette mise en demeure injurieuse et brutale, signifiée par l'une des Puissances garantes de sa neutralité, la Belgique fit, quelques heures après, la fière réponse que voici :
Unifromes belges de la guerre 14-18
"Par sa note du 2 août 1914, le Gouvernement allemand a fait connaître que, d'après des nouvelles sûres, les forces françaises auraient l'intention de marcher sur la Meuse, par Givet et Namur, et que la Belgique, malgré sa meilleure volonté, ne serait pas en état de repousser sans secours les marches en avant des troupes françaises.

"Le Gouvernement allemand s'estimerait. dans l'obligation de prévenir cette attaque et de violer le territoire belge.
Dans ces conditions, l'Allemagne propose au Gouvernement du Roi de prendre vis-à-vis d'elle une attitude amicale et elle s'engage, an moment de la paix, à garantir l'intégrité du royaume et de ses possessions dans toute leur étendue.

"La note ajoute que, si la Belgique fait des difficultés à la marche en avant des troupes allemandes, l'Allemagne sera obligée de la considérer comme ennemie et de laisser le règlement ultérieur des rapports des deux États l'un vis-à-vis de l'autre à la décision des armes.

"Cette note a provoqué chez le Gouvernement du Roi un profond et douloureux étonnement. Les intentions qu'elle attribue à la France sont en contradiction avec les déclarations formelles qui nous ont été faites, le 1er août, au nom du Gouvernement de la République.

"D'ailleurs, si, contrairement à notre attente, une violation de la neutralité belge venait à être commise par la France, la Belgique remplirait tous ses devoirs internationaux et son armée s'opposerait à l'envahisseur avec la plus vigoureuse résistance. Les traités de 1859, confirmés par les traités de 1870, consacrent l'indépendance et la neutralité de la Belgique, sous la garantie des Puissances, et notamment lu Gouvernement de Sa Majesté le roi de Prusse.

"La Belgique a toujours été fidèle à ses obligations internationales; elle a accompli ses devoirs dans un esprit de loyale impartialité; elle n'a négligé aucun effort pour maintenir et faire respecter sa neutralité. L'atteinte à son indépendance, dont la menace le Gouvernement allemand, constituerait une flagrante violation du droit des gens.

"Aucun, intérêt stratégique ne justifie la violation du droit.
Le Gouvernement belge, en acceptant les propositions qui lui sont notifiées, sacrifierait l'honneur de la nation, en même temps qu'il trahirait ses devoirs vis-à-vis de l'Europe. Conscient du rôle que la Belgique joue depuis plus de quatre-vingts ans dans la civilisation du monde, il se refuse à croire que l'indépendance de la Belgique ne puisse être conservée qu'au prix de la violation de sa neutralité. Si cet espoir était déçu, le Gouvernement belge est fermement décidé à repousser par tous les moyens en son pouvoir, toute atteinte à son droit."


Au Peuple Belge

C'est à mon plus grand regret que les troupes Allemandes se voient forcées de franchir la frontière de la Belgique. Elles agissent sous la contrainte d'une nécessité inévitable la neutralité de la Belgique ayant été violée par des officiers français qui, sous un déguisement, ont traversé le territoire belge en automobile pour pénétrer en Allemagne.

Belges !
C'est notre plus grand désir qu'il y ait encore moyen d'éviter le combat entre deux peuples qui étaient amis jusqu'à présent, jadis même alliés. Souvenez vous du glorieux jour de Waterloo où c'étaient les armes allemandes qui ont contribué à fonder et établir l'indépendance et la prospérité de votre patrie.
Mais il nous faut le chemin libre. Des destructions de ponts, de tunnels, de voies ferrées devront être regardées comme des actes hostiles.

Belges !
Vous avez à choisir !
J'espère que l'armée allemande de la Meuse ne sera pas contrainte de vous combattre.
Un chemin libre pour attaquer, c'est tout ce que nous désirons.
Je donne des garanties formelles à la population belge qu'elle n'aura rien a souffrir des horreurs de la guerre; que nous payerons en or-monnaye les vivres qu'il faudra prendre au pays; que nos soldats se montreront les meilleurs amis d'un peuple pour lequel nous éprouvons la plus haute estime, la plus grande sympathie.
C'est de votre sagesse et d'un patriotisme bien compris qu'il dépend d'éviter à votre pays les horreurs de la guerre.

Le Général Commandant en Chef l'Armée de la Meuse
von Emmich


Le 2 août 1914, le Général von Emmich lance un ultimatum à la Belgique:

Laissez nous passer !
von Emmich

Le même jour, refusant cet ultimatum, le Roi Albert, conformément à l'article 68 de la Constitution, prend le commandement effectif de l'armée

Les troupes allemandes envahissent la Belgique où en peu de temps elles arriveront à Visé.

Le Roi Albert et le Général von Emmich avant 1914Albert et Elisabeth, souverains de Belgique

 

Le plan Moltke-Schlieffen qui va être appliqué a été préparé de longue date par le chef d'état-major Moltke et mis régulièrement à jour.
On voit donc très clairement que l'
'attentat de Sarajevo et l'assassinat perpétré le 28 juin 1914 contre l'archiduc François-Ferdinand, héritier de l'Empire austro-hongrois, et de son épouse n'est qu'un prétexte.
Le plan d'invasion existe en effet depuis près de 10 ans.

On l'appellera le plan
Schlieffen, le prédécesseur de Moltke qui établit ce plan d'invasion depuis des années.
Déjà établi en 1905, s
a dernière version est de 1913.
Jusqu'en 1905, il prévoit la concentration de grandes forces armées à l'ouest, sept faces au français, une face aux russes, le passage par la Belgique afin de déborder les fortifications françaises.
Les 1ère, 2e et 3e armées doivent passer sur la rive gauche de la Meuse et ensuite foncer vers Paris.
Les 4e et 5e armées doivent traverser les Ardennes en s'allignant sur l'autre aile pour la soutenir.
L'aile gauche composée des 6e et 7e armées doit occupper l'armée française en s'appuyant sur les fortifications d'Alsace Lorraine.
Pour avoir assez d'unités en ligne, les unités de réserve forment des corps d'armées (Reserve-Korps) engagés immédiatement lors des opérations.


L'offensive Von Emmich a commencé.
Le général Brialmont, Images Artis col. M.Poelmans
Le but de son offensive est de prendre la
Position Fortifiée de Liège qui est ceinturée de 12 forts.

La  place  porte désormais le nom de  P.F.L.  (Position Fortifiée de Liège).
Elle a été placée sour le commandement du Général Gérard Leman.

Les anciennes défenses de Liège, la Citadelle et la Chartreuse, obsolètes et déclassées en 1891, font partie du système mais point de vue défensif céderont la place à ces 12 forts.
Le 13e aurait du être construit à Visé, les politiques de l'époque refuseront.

Brialmont prédira " Vous verserez des larmes de sang de ne pas avoir construit Visé ".

L'histoire lui donnera en partie raison car les allemands profiteront de cette trouée.
Mais ce fort aurait subi la même épreuve que les autres et aurait juste retardé le passage la Meuse à Lixhe.

C'est une ceinture de fort conçue par le général Brialmont et construite entre 1888 et 1891 sur base de la guerre de 1870, et de l'armement de cette époque avec un matériau innovant; le béton.
Grave erreur, ils sont fait en béton NON armé et ne résisteront pas à l'armée allemande qui à l'époque à déjà une guerre d'avance, ce que Brialmont ne pouvait prévoir.
Conçus pour résister à des obusiers et canons de 210, on n'imaginait pas que l'assaillant arriverait avec des canons de 420 mm du type Grosse Bertha.
Mais en plus l'armement allemand est plus performant; un canon de 200 allemand est deux fois plus puissant que son homologue belge.

Les forts manquaient aussi de systèmes de ventilation, c'est ce qui causa la plupart du temps leur reddition, asphixiés par des gaz toxiques.
On tire encore avec des obus à poudre noire alors que la poudre dite "sans fumée" existe.
Le but de cette ceinture est d'empêcher la prise de la ville, qui elle même est dépourvue de défenses, et surtout de permettre la réorganisation de l'armée et la mise au point d'une contre-attaque.

Les forts réussiront leur mission et ce même si, à l'analyse des archives allemandes, on se rend compte que les objectifs initialement prévus ont été respectés.
Ils résisteront bien plus longtemps que ce que les allemands s'imaginaient, eux qui croyaient en avoir fini en quelques heures perdront plus d'une semaine.
Il faudra qu'ils amènent leur plus grosse artillerie pour venir à bout de la résistance des liégeois, mais l'objectif avait été atteint, grâce à leur résistance, l'armée belge et les alliés avaient pu se regrouper à l'ouest.
La ville reçut dès le 7 août de la France la Légion d'Honneur pour sa résistance.
C'est aussi en hommage à Liège qu'à Paris on débaptisa le café viennois pour le renommer café liégeois.
A Paris tooujours, la rue de Berlin et la station de métro du même nom seront aussi débaptisées en l'honneur de Liège.


L'armée belge a aussi un atout, elle est mobile avec des escadrons rapides qui harcèlent l'ennemi, souvent des unités cyclistes qui font le coup de feu puis décampent avant que l'ennemi n'ait pu réagir, laissant sur place des adversaires au sol.

Otto von Emmich
Médaille commorative von Emmich vainqueur de Liège


Plan d'attaque allemand

Georges Leman
Georges Lleman, le défenseur de Liège

Le général Von EmmichL'Armée de la Meuse, sous les ordres du général von Emmich, comptait, d'après certains auteurs, 55.000 hommes environ, dont 15.000 cavaliers,
80 canons,
une escadrille d’avions de reconnaissance
et un dirigeable (le Z VI "Cöln").

Ces troupes, prélevées sur cinq corps d’armée différents, étaient divisées en six brigades mixtes:

  Le 25e R.I. de Aix-la-Chapelle.
  La 34e Br. du 9e C.A. venant de Schwerin.
  La 27e Br. du 7e C.A. venant de Cologne.
  La 14e Br. du 4e C.A. venant de Halberstadt.
  La 11e Br. du 3e C.A. venant de Brandebourg.
  La 38e Br. du 10e C.A. venant de Hanovre.
  La 43e Br. du 11e C.A. venant de Cassel.

le Général LemanÀ Liège, la garnison de la place confiée à Leman comprenait des troupes de campagne et des troupes de forteresse.
Les troupes de campagne, la 3e Division d’Armée, étaient constituées de 34 500 hommes (environ) et étaient dotées de 72 canons.
Les troupes de forteresse (incluant infanterie, artillerie, génie et cavalerie) se composaient de 15.000 hommes, dont 5.000 dans les forts, et disposaient des 207 pièces d’artillerie des forts, auxquelles il faut ajouter les 114 pièces mobiles anciennes affectées à la défense des intervalles.

Cela donne pour la défense de Liège:
un total de 50 000 hommes, et de 393 bouches à feu.
Certains avancent un nombre moins important et l'estiment à 32.000 hommes.

Les Forts de la Position Fortifiée de Liège
Douze forts, six petits et six grands, situés à une distance de 7 à 9 km du centre de Liège et à une distance variant entre eux de 2 et 6 km. qui leur permet de se protéger mutuellement.

Chaque fort est équipé de:

3 ou 4 coupoles de 5,7 par fort,
4 dans les grands et les trapézoïdaux
Petits forts: 
1 coupole de 2 x 150 -- 2 coupoles de 1 x 120
1 coupole de 1 x 210
Grands forts:
1 coupole de 2 x 150 -- 2 coupoles de 2 x 120
2 coupoles de 2 x 210
Coupole 5,7
à éclipse Grusonwerke
canons de 57 à tir rapide Nordenfeld
pour la défense rapprochée.
canons de 120 canons de 150
vétustes
obusiers de 210
Portée: obus 3,3 km
boites à balles 300 m 
Portée: obus 3,3 km
boites à balles 300 m
Portée: 8 km
avec l'obus de 18,4 kg
Portée: 8,3 km Portée: 6,9 km
Coupole
Constructeur: Grusonwerke
Lieu de construction: Magdebourg
Poids: 34 tonnes
Equipage: 6 hommes

Canon

Constructeur: Nordenfeld
Poids: 190 kg

Obus
Acier: 2,720 kg 
Boites à balles 3,5 kg (196 billes)Vitesse: 400 m/sec
Constructeur: Nordenfeld
Affût
Hauteur : 1220mm Poids : 690 kg
Longueur : 1504mm Poids : 193 kg
Vitesse maximum de tir rapide :
36 coups à la minute
Projectiles
Obus
acier: 2,730 kg, avec douille: 4 kg
Boite à balles : 3,670 kg
avec douille : 4,770 kg
nombre de balles:
56 de 16,2gr + 68 de 13,34 gr + 72 de 12,6 gr 
Coupole
Constructeur: Chatillon - Commentry - Atelier de la Meuse
Equipage: 25 hommes 
Poids: 188 tonnes

Canon

Constructeur: Fonderie Royale des Canons Liège
Poids: 1430 kg
Obus
ordinaires 18,4 kg,
en fonte 20kg,
schrapnels 19,7 kg (290 balles)
Coupole
Constructeur: Creusot - van de Kerkhove
Equipage: 25 hommes

Canon

Poids: 3065 kg

Obus
39,3 kg
Coupole
Constructeur: Grusonwerke
Equipage: 13 hommes 
Poids : 38 t Poids total 100 t

Obusier

Constructeur : Krupp
Poids: 31 t

Obus:

Normal - 91 kg
Shrapnel - 90,7 k
g

Utilisant encore de la poudre noire, alors que la poudre sans fumée existe, ils dégagent une forte fumée irrespirable à la longue.
La ventilation des forts est inexistante !

Les forts, en commençant par le nord, rive droite de la Meuse :

Barchon, grand fort
Évegnée, petit fort
Fléron, grand fort
Chaudfontaine, petit fort
Embourg, petit fort
Boncelles, grand fort
Flémalle, grand fort
Hollogne, petit fort
Loncin, grand fort
Lantin, petit fort
Liers, petit fort
Pontisse , grand fort
Il manque un fort dont on va regretter l''absence, c'est celui construit en aval de Visé en qu'on construira plus tard à Eben Emael.
Il aurait couvert la région de Lixhe-Visé.
Les allemands vons construire un pont de bateaux et passeront à Lixhe

Pour en savoir plus sur les forts:
http://www.fortiff.be/ifb/

Brialmont a prévu des voûtes de béton susceptibles de résister au choc et à l’explosion d’obus chargés de 60 kilos de poudres brisantes.

Le béton n’est pas armé.
Les cuirassements ne dépassent pas une épaisseur de 22 mm et peuvent résister aux obus de 210 d’un poids de 91 kilos.

Mais les projectiles de 420 pèsent dix fois plus...


http://www.clham.org/050271.htm la construction des forts

plan d'un fort



http://www.clham.org

Canon de 420 Grosse Bertha Canon de 420 Grosse Bertha
Les canons de 420 allemands, les forts belges peuvent résister à un calibre de moitié

Les allemands à BatticeLes allemands à BatticeLes allemands viennent d'Aix-la-Chapelle, passant par Battice, Mouland, Berneau

Ils entreront par Visé pour atteindre Liège

Ils savent que les forts de la ceinture de Liège ne tirent pas jusque là, et qu'un intervalle à la limite de la frontière hollandaise leur permettra de passer.
Là où le 13e fort de la PFL n'a jamais été construit.

Ils espèrent toutefois s'emparer du pont de Visé.
On sait aujourdh'ui qu'ils ont anticipé la destruction du pont et que près de la gare, dans une entreprise, des matériaux de construction ont été entreposés pour faire face à toute éventualité et entreprendre de suite les réparations.

Passage des allemands à MoulandPassage des allemands à MoulandDepuis un moment déjà on voyait des allemands circuler dans le pays, comme touristes, ils se renseignent.

Ces dernières années, beaucoup se sont installés comme commerçants ou ouvriers dans les villes du pays.
A Anvers, de 8700 en 1900 ils sont près de 30.000 en 1912, occupant des postes divers.

L'écrivain Camille Lemonnier s'en émeut et écrit la même année:
"Regardez autour de vous: l'Allemagne règne par le haut et par le bas.
Tout ce qu'on peut vendre, elle le vend, même le plaisir et au rabais.
Gambrinus, Mars et Mercure sont les cariatides de sa fortune.
Les hôtels, les brasseries, les Eldorados des alentours de la gare, les cantines interlopes du port, les louches music-halls où des Gretchen débitent des romances frelatées, partout, elle se glisse, s'accroche et progresse.
Nous fermons les yeux.
Nous paierons cher notre aveuglement..."
Gambrinus, roi mythique symbole des amateurs de bière. Mars dieu de la guerre. Mercure dieu du commerce.

A Visé, dans la nuit du 31 juillet, le secrétaire communal Monami et le tambour municipal et afficheur public Hadelin Massa, ont parcouru les rues de Visé pour annoncer la
mobilisation générale.

Dès le 1er août les réservistes prennent leurs bagages et rejoignent leur affectation.le Major Collyns
Plaque de Shako d'officier du 12e de Ligne. Coll. Marc PoelmansOn part sans trop se tracasser, on dira plus tard en France que les soldats partirent "la fleur au bout du fusil".
Il va falloir très vité déchanter.

Suivent les réquisitions militaires et toute cette journée et les suivantes ce sont des centaines de têtes de bétail qui traversent la ville pour rejoindre la plaine des manoeuvres à Bressoux.

En face, depuis la rive gauche, sous le commandement du
Major Collyns, le IIe bataillon du 12e de Ligne défend la position.

Les soldats belges sont là depuis le 1er août avec mission de défendre les ponts d'Argenteau et de Visé et le gué de Lixhe.

Armée belge 1914, infanterie de ligne

Mais le 3 août vers 23h30, le Génie fait sauter les ponts.

Le pont de Visé détruit, image de propagande allemande Le pont de Visé détruit par le Génie en 1914

A Visé, le vieil ouvrage en acier résiste et il faut faire revenir des explosifs que des habitants vont aider à poser.
Le père Kicken, Libert Kinet, (arrière grand-père du général président des Francs Arquebusiers Didier Kinet) et Joseph Massin vont s'atteler à cette dangereuse tâche.

L'histoire locale raconte que Joseph Massin tira un dernier coup à sa pipe, s'en servit pour allumer la mèche et se sauva en courant avant que le pont n'explose et retombe dans l'eau.
Nous sommes le mardi 4 août et il est 4h30.
En pleine nuit les habitants ont été réveillés, ils viennent voir vers la Meuse.
Les carreaux de nombreuses fenêtres se sont cassés lors de l'explosion.

A 5h30, le tocsin sonne à l'Hôtel de Ville de Visé, rappelant tous les hommes valides.
On se serait cru autrefois lorsque la cloche et le tambour rappelaient à la hâte arbalétriers et arquebusiers.
Le Gouverneur de la Province a envoyé des ordres, il faut barrer les accès.
Aussi on réquisitionne scies, pelles pioches, tous les outils qui peuvent servir à faire des tranchées, à couper des arbres.

un Taube allemand
Efforts bien dérisoires et tardifs au vu de ce qui arrive en face et qu'ils sont bien loin d'imaginer.

Des obstacles hérissent la route de Berneau, une tranchée dans la descente vers Berneau, une barricade aux trois Rois avec les chariots démontés de la ferme Bischop, des arbres près de la Gendarmerie et la route de Bombaye, barrées avec les camions de chez Brouha., des arbres encore rue de la Trairie et sur le chemin de Lorette

Une tranchée est creusée à la hâte route de Dalhem face à la maison Lottin.

Efforts désepérés et combien inutiles qui ne feront qu'augmenter la rage des agresseurs.

Les gens rentrent chez eux, ferment volets et rideaux, se terrent, attendent dans l'angoisse.

L'aube parait et avec elle, un Taube, avion aux allures de chauve-souris.
Il n'est pas armé, il vient se rendre compte.

Les allemands franchissent la frontière belge
Vers 10h30 deux gendarmes viennent de Montzen dans l'automobile de M. Lycops et annoncent la nouvelle à la population visétoise: les allemands viennent de franchir la frontière à Gemmenich !!
La gendarmerie de Visé est vidée à la hâte de ses archives, la poste fait de même avec ses pièces importantes.
La gendarmerie de Gemmenich est abandonnée et les gendarmes se replient vers Liège via Visé.

Le Cavalier Antoine Fonck du 2e lanciers
Le Général Leman a ordonné de lancer des escadrons de reconnaissance dès l'aube, certains sont motorisés et vont couvrir la rive droite de la Meuse.

Le 2e Lanciers belge franchit la Meuse et continue sa progression vers le plateau de Herve. 
L'escadron se rend en direction d'Henry-Chapelle
Vers 8 h, il s'arrête sa course à trois kilomètres de Herve.
Route de Merckhoff à Aubel, on aperçoit les troupes allemandes qui s'avancent à l'horizon
De la route de Margensault à Thimister Clermont une estafette arrive; cinq Lanciers belges, dont un officier, les habitants les renseignent.
Les cavaliers reçoivent à boire et des cigarettes puis repartent, l'officier ayant noté les premières informations.
Au galop ils repartent par la rue Stockis à Battice s'échelonnant sur la route, Fonck en reconnaissance en avant disparait aux yeux de ses camarades.
Il rencontre le directeur du charbonnage et un mineur venu faire exploser le pont. Il poursuit son chemin vers Henri-Chapelle.
Il découvre un groupe de cavaliers allemands un peu plus loin.
L
es premières patrouilles allemandes sont arrivées vers 11 heures du matin à hauteur de la Croix Polmard, sur la chaussée d'Aix-la-Chapelle à Liège, entre Thimister et Battice.

Fonck met pied à terre, abat un allemand avec sa carabine et remonte prestement à cheval.
Son cheval tombe sous lui, abbatu par des cyclistes allemands.
Il réussit néemoins à se dégager et bat en retraite, longeant le fossé de la route.
Il traverse la chaussée pensant que le pont a été détruit, escalade l'accotement, veut franchir la haie.
Il se dégage, mais alors qu'il est encerclé, un coup de feu l’atteint à la nuque

Fidèle à la devise de son régiment "Meurt premier comme devant", le 04 août 1914, à 10 heures du matin, le Cavalier ANTOINE FONCK sera la première victime du conflit.

Son peloton continuera d'observer les allemands, renseignant Leman au moyen de messages par pigeons-voyageurs.

La 1ère armée allemande sous le commandement de von Kluck a pour mission d'envahir le territoire par Liège, Mons et Bruxelles.
L
a 1ère Armée se situe à l'extrême droite des positions allemandes, elle fait face au flanc gauche de l'armée française.
La 1ère Armée capture Bruxelles le 20 août 1914.
Von Kluck est remplacé en 1915, gravement blessé à la jambe.



La II
e armée de von Bulow part d'Aix-la-Chapelle vers Liège
La 2e armée est commandée par le Generaloberst Karl von Bülow avec comme chef d'état-major le Generalleutnant Otto von Lauenstein.
Regroupant huit corps d'armée, soit 17 divisions (neuf d'active, cinq de réserve, trois de cavalerie et deux brigades de Landwehr), ses 321.820 combattants se déploient d'Eupen à Malmedy.
La 2e Armée combat sur le front occidental.
Fanion de commandement allemandElle fait partie intégrante du plan Schlieffen contre la France et la Belgique en août 1914
La mission de la 2eArmée est de soutenir la 1ère Armée allemande, de passer autour du flanc gauche de l'armée française et de l'encercler contre le centre allemand, apportant une conclusion rapide à la guerre.

Partis d'Aix-la-Chapelle dans la nuit du 3 au 4 août, les allemands de la 34e division d'infanterie et la division de cavalerie du
Generalleutnant Otto von Garnier longent le territoire hollandais où même quelques unités seraient entrées, et passent à Gemmenich et Hombourg pour aller vers Visé.


4 août
Battice
Dans la soirée du 3 août, le curé Voisin s'efforce de rassurer ses paroissiens qui redoutent l'arrivée des troupes allemandes.
Germanophile, il ne doute pas de la bienveillance des envahisseurs mais sa confiance est loin d'être partagée et les habitants préfèrent abandonner le village
Peu avant midi, six cavaliers débouchent alors qu'il ne reste qu'une cinquantaine de villageois alors qu'un patrouilleur du 2e Lancier traverse au galop la place du village.
Il essuye quelques tirs qui sans l''atteindre touchent un civil.
La place communale est vite envahie par le gros des troupes qui réclament à manger et à boire à la population qui s'exécute.
Ils commencent à piller les maisons dont ils brisent les portes à coup de hache.
Un avion de reconnaissance belge passe, ils ne l'atteignent pas de leurs tirs et de rage arrêtent trois commerçants qui passaient par le village.
L'un d'eux fut accusé par un soldat d'avoir tiré un coup de feu, ce qui était évidemment faux.
Ammenés ligotés devant un officier, l'un se vit assénir un coup de crosse alors qu'un autre avait le nez brisé.
Après quoi sans aucune forme de procès ils furent abattus
.
Le lendemain des troupes allemandes qui avaient essuyé les premiers tirs de l'armée belge, refluaient, appeurées et menacées par leurs officiers.
L'artillerie belge avait fait fort et loin d'un passage aisé, les allemands se heurtaient à une forte résistance écumant leurs rangs.


A Warsage 4 août , une patrouille d'environ 25 hommes arrive entre 10 et 11 heures et distribue des exemplaires de la proclamation de von Emmich.
L'arrivée imminente des troupes ennemies avait déjà été annoncée par voie d'affiche par le bourgmestre Fléchet qui demandait à ses citoyens le plus grand calme.
Une heure plus tard, ce sont des centaines de cyclistes qui déboulent suivis d'une cinquantaine d'automobiles.
Ce sont ensuite les escadrons de hulans qui vont défiler sans interruption jusqu'au soir.
Les premiers affrontements ont déjà eu lieu et des blessés allemands sont remontés du front en automobile
Vers 14 h arrive l'artillerie suivie vers 17h des compagnies d'infanterie.
Le drapeau belge est enlevé de l'hôtel de ville de Warsage où le soir une centaine de soldats viennent à la ferme de la Moinerie passer la nuit y oubliant des cartouches et un fusil cassé qui conduisirent un peu plus tard à l'arrestation du fermier qui failli être fusillé.
A 16 heures les forts de Barchon et d'Evegnée se font entendre.
L'artillerie allemande postée dans les Fourons répliquera.

campement allemand près de Visé en 1914A Berneau les allemands sont accueillis par un détachement de cavalerie belge et les allemands accusent la population d'avoir tiré, plusieurs habitants du village seront massacrés.
Les troupes allemandes vont obliquer vers le gué de Navagne pout y jeter un pont.
Prises sous le feu du fort de Pontisse, elles refluent vers Mouland où à quelques centaines de mètres de la frontière hollandaise, elles ont établi leur campement

Des combats vont bientôt se dérouler dans la ville de Visé.

Visé 4 août
Peu avant midi, Félix Reynders et d''autres visétois occupés à abattre des arbres aux Trois Rois voient les troupes teutonnes arriver.

Ils décampent en vitesse, certains sont rattrappés et obligés de dégager la route.
Ils parviennent à s'enfuir lors d'un moment d'inattention. et courent vers le centre prévenir la population.

Les cavaliers et cyclistes allemands arrivent en ville.
La division de cavalerie va ensuite se déployer le long de la frontière entre Mouland et Fouron-le-Comte alors que la brigade d'infanterie après avoir pris Visé se dirigera vers le gué de Navagne à côté de Lixhe.

Troupes cyclistes allemandes Troupes cyclistes allemandes Troupes cyclistes allemandes Troupes cyclistes allemandes

François Ista, le chef facteur de la gare de Visé s'en retourne chez lui, remontant la Rue de la Trairie.
Arrivé à la Rue de Berneau un allemand lui fait signe de partir, il s'exécute et se fait tirer dessus dans le dos, la balle lui traverse l'épaule. Il se traîne le long de la haie de chez Mathoul où Melle Leers l'appercevant vint le relever avec un de ses domestiquespour le conduire en charette à bras à la maison Quievrin puis chez le pharmacien Clerdent où il reçut des soins du docteur Labye.
Il sera plus tard conduit en début de soirée à l'antenne de la Croix-Rouge installée dans la cour du Collège St Hadelin et y restera jusqu'au 15 février 1915.

Les allemands continuent prudemment leur avancée.
Descendus de cheval et de vélo qu'ils tiennent à la main, il passent par la rue de la Trairie et arrivent Rue du Pont tout en distrubuant des tracts à la populationl'enjoignant à laisser passer les troupes dans le calme et certifiant que rien ne serait fait aux civils.
En fait déjà en passant du côté de Verviers, les premiers cavaliers allemands s'étaient montrés assez aimables avec la population, c'est surtout au moment de l'arrivée des troupes d'infanterie que les choses changèrent.
Arrivés au croisement de la rue de la Station et de la Rue des Récollets, les allemands posent leurs vélos le long de la propriété Horion et s'avancent en reconnaissance vers le pont qu'ils espéraient intact.
C'est à ce moment que la gare de Visé évacue son matériel dans un dernier convoi qui s'enfuit vers Liège conduit par le machiniste Henri Lavigne, les tirs des allemands n'eurent aucun effet sur le train.
Les allemands sont face au pont ...

Un site interessant http://www.horizon14-18.eu

le général CollynsInsigne de béret du 12e de LigneLe 12e de Ligne sur la rive gauche fait feu.

Le capitaine Claude a disposé ses hommes dans les maisons du quai et sur ce qui reste du pont.
La balles fusent des deux rives, s'encastrent dans les façades des maisons, brisent les carreaux.
Les allemands continuent le combat tout en sachant qu'ils ne passeront pas et une partie se dirige vers le gué de Lixhe qu'il savent tout à fait accessible.
C'est un endroit où les eaux sont très basses, on peut y passer à pieds.

Ils tiraillent sur les fantassins belges qui doivent se retirer sous le feu nourri et viennent en aviser leur chef.
Les allemands ne peuvent plus passer par le pont détruit, ils tirent toujours depuis la rive droite vers les maisons du quai du Halage puis concentrent leurs efforts et passent à Lixhe au gué de la Meuse où ils vont construire un pont de barques.
Le combat d'une rive à l'autre, commencé vers 13h30 se poursuivra jusquaux environs de 16 heures.

Dès 13h30, Collyns a remarqué que les troupes adverses se dirigent de la station de Visé vers Navagne.
Prévoyant dès lors un mouvement tournant de l'ennemi, par le fond du ruisseau bordant la frontière, la Berwinne, entre Mouland et Navagne, il prescrit à une de ses compagnies de se porter entre le canal et la Meuse, vers le canal de jonction, pour enrayer une attaque possible de ce côté.
Pont permettant le passage des allemands à LixheLes allemands vont se retirer d'une position qui est intenable, il leur est impossible de franchir la Meuse à Visé sous le feu des fantassins belges.
Les chevaux s'enfuient, désarçonnant leurs cavaliers.
Ils se replient vers Lixhe.

A 14h15, la dernière réserve du bataillon du 12e de Ligne était au feu, face à la menace de plus en plus pressante des troupes stationnées à Navagne qui sous la protection de leurs canons commencent à traverser.
Le gué de Navagne, là où se trouvait l'ancien fort, est un gué connu de tous temps.

A l'heure actuelle, c'est toujours un point où les eaux de la Meuse sont très basses, même si l'eau est un peu plus haute que d'habitude en cette saison.
Un cheval n'a aucune peine à se frayer un passage dans le fleuve.
Les cavaliers allemands vont rapidement le franchir pour prendre position en face et obliger le 12e de Ligne à se retirer.
Le général von Marwitz a mis en oeuvre à ce moment la 4e Division de Cavalerie du général Garnier, le 9e bataillon de Chasseurs, et le 25e Régiment d'Infanterie qui sont soutenus par 3 ou 4 batteries d'artillerie.
Toutefois le fort de Pontisse parvient quand même à désorganiser quelque peu leur avance et seules quelques unités prendront pied sur la rive gauche, le gros des troupes passant la nuit au bivouac de Mouland-Berneau franchira le fleuve dès le lendemain.
Mais Pontisse perd ses yeux, ses signaleurs ont été oblihé de fuir.
Dès le 4, ce sont des milliers de fantassins allemands qui seront sur la rive gauche.

Le Major Collyns défend la rive gauche tant qu'il peut mais doit finir pas se replier, les allemands sont près de passer sur l'autre rive et vont les prendre à revers !

Pont permettant le passage des allemands à LixheLe pont de Lixhe construit par les allemands, hors de portée des forts.
Seul celui de Pontisse peut réussir à tirer à cette distance,
sans toutefois empêcher la construction du pont qu'il aurait touché par trois fois.
Ses obus les plus puissants sont en 210 mm, font 120 kgs et ont une portée limitée à 7.000 mètres.
La portée maximale du fort est de 8.300 mètres avec des obus d'à peine 40 kgs.
Ils peuvent frapper dans les parages mais le gué, situé à une dizaine de km du fort est difficile à atteindre.
Il réussira à retarder la construction du pont,mais certes pas l'empêcher, surtout quand ses éclaireurs se seront enfuis face à l'avancée allemande.
Le nombre de 1.200 tués allemands évoqué par certains auteurs ne tient pas la route,
cela correspondrait à près de 10% des effectifs de la 2e armée allemande.

Vers 16 heures, Collyns se replie avec ses hommes vers l'intervalle Liers-Meuse.

Au moment de rassembler les troupes Collyns constate que deux soldats sont tombés.
Louis Maulus et Prosper Van Gastel alors qu'ils étaient en position à la terrasse du Café du Pont visible sur la photo de gauche et aujourd'hui disparu et à l'endroit duquel se trouve le monument du 12e de Ligne en face des maisons des photos de dessous qui existent toujours.


Vue depuis le pont

Vue depuis la Rue de Tongres (actuelle Av. Roosevelt)
Le Café du Pont vu depuis le pont, il est plus ou moins à l'endroit où se situe le pont actuel.
Ci-dessous, la maison en face du Café du Pont à gauche avant le pont, et les maisons en face du Café du Pont qui existent toujours en contrebas de l'actuelle Av. Roosevelt
le monument en hommage à
Louis Maulus et Prosper Van Gastel se trouve à l'emplacement du mur de gauche
Visé à le triste privilège de posséder les monuments qui commémorent les premiers soldats tombés au champ d'honneur
les soldats allemends au pont de Visé Le pont de Visé avant sa destruction en 1914

Le pont avant sa destruction par le Génie, qui dut s'y reprendre à deux fois.
En face, les maisons de Devant-le-Pont d'où le 12e de Ligne tirait sur les allemands qui ont pris possession de l'ouvrage.

Cliquez ici pour le récit de la bataille par le Major Charles Collyns
La prise du 1er drapeau allemand d'après un récit du Major Collyns qui terminera sa carrière comme Lieutenant-Général.

C'étaient deux jeunes anversois, et ils se connaissaient très certainement avant la guerre
Une recherche dans les archives d'Anvers a permis de déterminer que l'un vivait avec son épouse et sa belle soeur et que cette dernière alla habiter dans la même rue que l'autre quasi le jour où il y emménageait aussi.
Il est plus que certain qu'ils se sont rencontrés et qu'ils étaient amis et ils se sont certainement mis ensemble près du pont pour cette raison.
Il n'ont pas eu de descendance, Maulus seul ayant eu une petite fille décédée en 1919.

Tout un symbole;

Deux jeunes flamands venus mourir en terre wallonne pour que vive la Belgique.

Les allemands continuaient à tirer et ceux qui se risquèrent de suite à emmener leurs dépouilles le payèrent durement.
Drapeau des Francs Arquebusiers © Marc PoelmansLibert Kinet reçu une balle qui le fit souffrir longtemps et dont il mourut.
Jean Maquet, 45 ans,charcutier à Devant-le-Pont fut tué dans les mêmes circonstances.

Il ne fut possible d'évacuer les corps des deux soldats que le lendemain .
C'est le contrôleur des contributions Léon Prijot, qui, risquant sa vie, ramena les deux dépouilles en les portant sur son dos jusqu'à la cour de l'église où leur toilette funéraire fut faite.
Les deux braves furent ensevelis à Devant-le-Pont dans le cimetière de la Rue de Tongres (tombe Duckers actuelle) et transférés dans la pelouse d'honneur du cimetière de Lorette en 1922.

Cliquez ici pour la relation des faits Le récit du Major Collyns
D'autres soldats blessés seront transportés à la villa Purnal et la villa Dardenne où ils reçurent des soins.
Par peur de représailles, on prit soin de jeter armes et cartouches dans le fleuve et de cacher les havresacs abandonnés dans la propriété Leroux.

Les allemands abandonnent la rive droite et remontent vers la ville.
De rage ils tirent sur les civils qui ont le malheur de croiser leur route.
Barthelemy Chastreux est touché de deux balles Rue des Récollets.
Il parvint à s'enfuir par la Rue de l'Eau et se traîna jusqu'à la Rue Haute où on le recueille à la maison Cambier pour le conduire à la Croix-Rouge au collège St Hadelin
Louis Leroy est touché par une balle dans la tête qui le tue net Rue des Récollets
Jean Tychon devant sa maison Rue du Pont s'écroule criblé de balles
Jean Kinable dans la même rue devant chez lui subit le même sort
André Puts, un ouvrier de chemin de fer de Mouland, s'en retournant après son travail est abattu devant la maison Labeye Rue de la Station
Jean Fafra est tué à son tour Rue du Pont
M. Kroll, sujet hollandais, est blessé Rue de la Station
Hubert Peinte de Bressoux et François Frenay de Richelle sont abattus derrière le jardin Jowat
On notera qu'étrangement, les civils ne se sont pas tous terrés, comme s'il n'avaient pas peur des exactions de l'armée. La guerre est histoire de militaires.
Tous ces civils ne représentaient aucune menace, la terreur allemande est en train de s'abattre sur la Belgique
Drapeau des Francs Arquebusiers © Marc Poelmans Alfred Warnant, membre des Francs Arquebusiers, voit un habitant abrité près de l'Ecole Moyenne en pleine fusillade.
Il veut l'appeler pour lui offrir de se cacher dans sa maison lorsqu'il le voit faire des signes de son mouchoir aux allemands avec qui il entame une discussion.
L'homme, un certain Hendrickx établi comme fripier dans la ville de Visé, leur indique plusieurs directions.
Il s'avèra qu'il s'agissait d'un espion allemand bien installé en ville depuis un moment.
Un de plus car d'autres se découvrirent plus tard.

D'autres troupes viennent de Berneau.
En face de la gendarmerie une barricade est dressée avec des camions dont le nom du propriétaire est visible sur les bâches: Brouha Rue de la Fontaine.
C'est tout proche.
Un groupe de soldats se rend chez Joseph Brouha , marchand de bière et propriétaire du camion, qui se trouve devant la porte; il est abattu sans sommation.
Son fils, alerté par le bruit, sort se porter au secours de son père et subit le même sort.
La mère et la fille se précipitent également mais les soldats les font rentrer allant jusqu'à tirer dans leur direction sans les atteindre.

Les soldats sont alors ivres de fureur et tirent tous azimuths, brisant portes et fenêtres, pénétrant dans les maisons.
Ils obligent les civils à enlever la barricade de la gendarmerie. Ils sont brutalisés.
La terreur préméditée s'installe de plus en plus.

Dans le même temps, un peloton s'est engagé vers le centre ville.

insigne de la Gendarmerie,premier corps armé constitué en BelgiqueSurveillant l'avancée allemande, 5 gendarmes revenaient de Gemmenich où les allemands ont franchi la frontière.

Ils contrôlent la progression de l'armée ennemie et, conformément à leurs ordres, ils se replient vers Liège, ils passent par Sippenaken, Beusdael, Mouland.
Croix de guerre remise à titre postume à Bouko et ThillIls ont chargé leur arme, prêts à faire feu si l'occasion se présente.

Commandés par le maréchal des logis chef Henri Noerdinger, il vont s'opposer aux allemands pourtant vingt fois plus nombreux et qui sont arrivés à Visé en même temps qu'eux vers 12h30.

Courageusement, devant un ennemi mieux armé et très largement supérieur en nombre, ils vont faire face.

A 1 contre 100, ils tomberont l'un après l'autre sous les balles ennemies.

Les maréchaux des logis Auguste Bouko (50 ans) et Jean-PierreThill (30 ans) ne se relèveront jamais.

Cliquez ici pour le récit de ce combat héroïque

Auguste Bouko,maréchal des logis,tué à Visé le 4 août 1914insigne de la Gendarmerie,premier corps armé constitué en BelgiqueJean-Pierre Thill,maréchal des logis,tué à Visé le 4 août 1914
Auguste Bouko et Jean-Pierre Thill
furent les deux premiers gendarmes tués aux côtés de leurs collègues Noerdinger, Peiffer, Justin et Boulanger qui, blessés , après des mois de convalescence iront se battre sur le front de l'Yser.
Un monument en leur honneur sera inauguré le 19 septembre 1920 et détruit par les allemands en 1942 et remplacé par une stèle en 1946.

Restauration du Monument Bouko et Thill détruit par l'occupant en 1942
Un projet de restauration dans sa forme primitive a été proposée par le Musée des Francs Arquebusiers
Il bénéficiera d'un financement partiel par la Région Wallonne et le soutien de la Ville de Visé.
Nous recherchons toute bonne image de ce monument afin d'en assurer une reproduction aussi exacte que possible.
Vous pouvez aussi soutenir cette action en nous aidant à financer ce projet en versant votre participation
sur le compte BE21 8002 0613 6903 des Francs Arquebusiers de Visé avec la mention "monument"

Simultanément pendant ces combats sur la rive et en ville, la fusillade est partout dans les rues.
Des troupes montent vers Dalhem et incendient la ferme du Temple.
Quelques jours plus tard, elles enlèveront tout ce qui touche aux Templiers dans cette ferme et ces reliques, dont des pierres tombales, seront expédiées en Allemagne pour ne jamais revenir.
La ferme est incendiée, deux ouvriers; Pierre Halkin et Pierre Geurten, de Richelle tous les deux, sont exécutés. Le second, blessé fut poussé dans la maison en feu.
Des visétois sont faits prisonniers aux alentours de la ferme.
Edouard Vercheval, cantonnier, sera amené en direction des bâtiments en proie aux flammes et devra traverser la propriété avec les autres prisonniers.
Les allemands prirent le lait dans la laiterie, emmenèrent leurs prisonniers qu'après un simulacre de conseil de guerre ils relachèrenet heureusement les déclarants "innocents".
Un soldat avisa Vercheval de fuir car la ville serait bientôt livrée au flammes.
Il ne manqua pas de l'écouter et passa en Hollande d'où il revint en septembre pour occuper l'ermitage de Lorette.

Des soldats tirent partout.
Six d'entre eux descendant la rue de Berneau et arrivés en bas s'engouffrent chez Gérard Claessens, y réclamant à boire. De peur du poison, il dut goûter d'abord.
Un soldat lui jeta une carte de visite du propriétaire de la ferme du Temple, lui déclarant qu'il ne la verrait plus jamais

Vers 14 heures, Gilles Charlier, 61 ans, revenant de l'hospice où il a conduit son épouse invalide, reçoit dans le dos une décharge dans la prairie de l'établissement dont il vient de sortir.
L'arrivée de l'envahisseur à l'hospice se fit avec rage et violence.

Les habitants étaient venus s'y réfugier comme si ce lieu aurait pu leur offrir une sécurité qu'ils n'avaient pas chez eux. Une cinquantaine se terrent dans les caves, les vieillards qui y résident restent dans le réfectoire
Les soldats fracassent les fenêtres, tapent de la crosse de leur fusil sur la porte qu'une religieuse vient leur ouvrir, menacée d'une
baïonnette par un allemand vociférant qu'on leur a tiré dessus.
Le soldat demande si des armes sont entreposées et la religieuse lui rétorque que pour toute arme elle possède que ce qui pend à son cou ... lui montrant son chapelet
La soldatesque est entrée et bouscule les vieillards, les faisant tomber, menaçant un pauvre vieux, Taillardat, de leur baïonnette qu'ils pointent sur lui
Un officier attiré par les cris les fit cesser.
Les soldats continuèrent à fouiller dans l'hospice et à terroriser ses occupants avant de s'en aller
Dans les heures qui suivirent, c'est toute une population appeurée qui demandait refuge en ce lieu.

Les gens s'y logent comme ils peuvent, matelas, couvertures, tout ce qui peut servir est entassé, allongé sur le sol.
On comble les sièges manquants en utilisant des caisses, des malles, n'importe quoi pour s'étendre ou s'asseoir.
N'importe quoi pour trouver un peu de réconfort, un peu de calme.

Une antenne de la Croix-Rouge avait aussi été installée dans l'hospice
La nuit du 4 au 5 août elle accueillit une quinzaine de blessés allemands avant leur transfert vers Aix-la-Chapelle. C'est grâce à cela que le bâtiment ne sera pas détruit.

Sur le plateau de Lorette, près de la chapelle, les soldats s'amusent.
La chapelle Notre-Dame de Lorette à Visé
Ils tirent sur la statue de la Vierge en façade près du toit.
Ils ont fracturé le tabernacle, emporté les objets précieux en argent; le calice, le diadème de la statue de l'enfant-Jésus, le sceptre de la Vierge.
Ils ont brisé le tronc et emporté ce quil contient
L'ermite de Lorette, la famille Hubert Spits-Wertz qui réside dans le coin et six autres civils qui priaient à la chapelle sont jetés dehors.
Michel Leroy, le gardien ermite, avait chez lui une carabine pour les moineaux prêtée par Jean Purnode.
Ce fusil inoffensif suffit à ce que le pauvre homme soit trainé dehors, molesté et emmené.
On retrouvera son corps criblé de balles quelques jours plus tard, pendu à un arbre dans le village voisin de Mouland près de la Maison Blanche. C'est l'abbé Goffin qui ira le rechercher pour l'ensevelir.

La chapelle de Lorette, datant de 1678 avait été saccagée.

L'hôtel avait partiellement été abîmé par le feu mais miraculeusement la statue en bois de la Vierge n'avait pas brûlé et portait sa couronne ordinaire en cuivre, ainsi que son collier en or, don de Mme Jean Demarteau-Clément de Verviers, que les allemands avaient certainement pris pour du cuivre également.
L'ermitage n'avait plus de carreaux, les portes étaient cassées, et on avait essayé sans succès d'y mettre le feu avec les objets qu'i s'y trouvaient
Elle fut remise en état.
Cette chapelle est sous la protection de la Confrérie Notre Dame de Lorette
http://www.ndloretteetsthadelin.be/lorette/fondationchapelle.php .

Léon Nelisse, le bourgmestre Léon Meurice avec le Duc et la Duchesse de BrabantA 15 heures, le bourgmestre catholique Léon Meurice est appelé devant l'état-major allemand.
Von EmmichIl s'y rend avec son fils Joseph, Laurent Plusquin et un hollandais M.Bovy.

Mis en présence de von Emmich, celui-ci accuse les visétois d'avoir tiré sur ses soldats, ce que le bourgmestre nie farouchement, certifiant avoir donné des consignes réclamant le calme et la passivité des habitants.
Von Emmich le mit en garde, le menaçant de le passer par les armes lui et six notables, si des exactions de civils venaient à se reproduire.
Il exhorta aussi le bourgmestre à engager ses habitants à rester calmes et à les rassurer sur les intentions de l'Allemagne qui n'a pas envahi la Belgique pour s'opposer aux belges mais pour repousser les français qui en ont violé le territoire...

Alors que dans le même temps, des soldats emprisonnaient des civils qui seraient fusillés le lendemain...

Un officier racompagnant le bourgmestre lui souffla que si cela eut été en France, la ville aurait déjà été entièrement brûlée.
Entendant les obus du fort de Pontisse frapper la ville, il demanda si la Belgique résisterait et devant la réponse du bougmestre répondit que dans ce cas le pays aurait à en souffrir terriblement.

Les allemands pensaient avoir une percée facile.
L'armée belge, bien que mal organisée, vieillote, manquant d'officiers, fera un remarquable travail, faisant preuve d'un courage que nulle autre grande armée au monde ne remettra jamais en cause.

Les allemands avaient oublié une chose; depuis des siècles les combattants belges sont réputés pour leur ténacité et leur courage.
On les a retrouvés au sein de plusieurs armées en Europe et beaucoup, flamands et wallons, servirent dans les Gardes Wallonnes qu'on envoyait conquérir la victoire quand tout semblait perdu.
Leurs efforts n'entraveront pas la marche de l'armée allemande, mais leur ténacité feront qu'elle s'écroulera en 1918.

Léon Nelissen, 18 mars 1948Alfred WarnantUn officier demanda aussi au bourgmestre de traverser la Meuse avec un drapeau blanc pour aller dire aux soldats en face que l'Allemagne ... ne venait pas en ennemie
Bien entendu M. Meurice refusa.
Il fut obligé de demeurer avec les allemands jusqu'au lendemain à 2h30, sans un instant de répis, répondant aux réquisitions sous la menace.
Il dut convoquer les habitants à l'église à 19h pour connaître les intentions de l'occupant, ce qu'il fit avec Alfred Warnant
Drapeau des Francs Arquebusiers © Marc Poelmans.

Le doyen Lemmens supplia la population de se garder de toute attitude hostile, de se débarrasser de toutes les armes qu'elle posséderait.
On remit ainsi les vieilles armes, arquebuses et même des arbalètes
La population fut informée que toutes les portes devaient rester ouvertes et les rues éclairées de lanternes pour faciliter le passage des troupes

Pendant ce temps là, depuis 18h30, des troupes du 40e d'infanterie allemands arrêtèrent dans la rue de la Station et ses environs vingt-six citoyens.
Sans aucun prétexte ils les tirèrent de leur maison pour les exécuter quelques heures plus tard.
Les mains en l'air, ils sont conduits vers les bâtiments de la quarantaine à Navagne. ils sont gardés, sous la protection de deux sentinelles qui les protégèrent des sévices des troupes qui passaient.
Vers minuit, quelques soldats leurs donnent un peu de pain et d'eau.
Vers 3 heures dans la nuit du 4 au 5, le bombardement émanant du fort de Pontisse s'intensifie et atteint les alentours de la quarantaine ce qui oblige à déplacer les prisonniers qu'une troupe de soldats ivres emmène par la Rue de Berneau.
Des obus perviennent encore les obligeant à se jeter dans les fossés. Un visétois se hasarde à demander la raison de leur arrestation.
La réponse est qu'on a tiré sur les soldats.
Des citoyens trouvés sans armes.
Man hat geschossen cette phrase, combien de fois ne l'entendra-t-on pas pour justifier des massacres ?
La tactique allemande est dès lors de faire défiler des prisonniers devant leurs troupes.

Dans la nuit du 4 août l'Abbé Goffin, Léon Nélissen (futur président des Déportés), Alfred Houlteaux et quelques autres se risquèrent à récupérer les dépouilles des victimes et à leur rendre les derniers hommages.
Le bourmestre Meurice et son fils restent à la disposition des allemands et manqueront de se faire exécuter par un soldat en rage lorsqu'un obus du fort de Pontisse viendra s'écraser sur la Place de l'Eglise

le 147e regiment de ligne allemand à Visé en 1914Mais les massacres vont encore se passer un peu partout dans Visé.

Jean Wisimus, 75 ans, ne voulait pas sortir de la maison Rue de Berneau reçut plusieurs blessures mortelles tant par balles que des baïonnettes. Cinq soldats pénètrent chez lui.
Il mourut à l'hospice d'où son cercueil disparut alors qu'il était dans le jardin. on ne l'a jamais retrouvé.
Antoine Canabelle, 60 ans, à Souvré reçoit des coups de baïonnette mortels dans le ventre devant sa maison
Hadelin Boulanger, 36 ans du quartier Transvaal au nord de Visé, criblé de balles, son corps ne fut jamais retrouvé.
François Leers, 83 ans, qui habitait Bridgebau, tué près du four à chaux. Le corps disparut également. Peut-être dans la Berwinne proche.
Jean-Jacques Ernoux de Hermalle, criblé de balles dans la prairie Hansen rue de Berneau
Le fils Bischop fut fait prisonneir, attaché à une chaîne près du pont de Berneau avant d'être conduit près de la chapelle Steenbosch où il sera fusille parce qu'allemand naturalié belge, il avait prêté ses chariots pour barrer la route
Trois pêcheus herstaliens Jean Bohet 22ans, Léon Vincent 30 ans et Grégoire Vanhoorenbeke 34 ans, furent contraints de creuser leur tombe dans la prairie Colette après que les allemands les aient arrêtés à Navagne alors qu'ils pêchaient dans la Berwinne
Agenouillés au bord de leur fosse il furent fusillés.
Antoine Canabelle,armurier, 60 ans, tué.
Maurice Cosme 28 ans. Enlevé par les Allemands avec son père et d'autres, le 4 août 1914, fut retrouvé percé de balles et tout meurtri, les mains liées derrière le dos dans une tranchée devant le fort de Barchon. Fut obligé de marcher, devant les troupes allemandes, à l'assaut du fort.


Fouron-le-Comte
Dans la nuit du 4 au 5 août les troupes allemandes se livrent au pillage puis incendient un vingtaine de maisons, plusieurs civils sont sommairement exécutés à Fouron-St Martin
Déjà dans la même nuit, des patrouilles se sont mutuellement tirées dessus; des francs-tireurs affirmaient les allemands.
Cette théorie des francs-tireurs était un mensonge pourtant décrit dans le livre blanc des allemands comme une véracité qui justifiait leurs actes par le fait que la guerre était affaire de militaires et que les civils n'avaient pas à s'en mêler.
Ils reprirents ces allégations sur les cartes postales des villes détruites qu'ils envoyaient à leurs familles.
Il n'y a jamais eu de francs-tireurs, mais parfois dans la nuit, des escouades allemandes avinées ou crevant de peur se sont mutuellement tirées dessus.
Les soldats s'imaginaient venir libérer la Belgique envahie par les français ... déjà à cette époque on faisait de la propagande tout à fait fausse.
Cela faisait aussi partie d'une tactique basée sur la terreur afin que personne n'ose entraver la marche de la puissante armée allemande.

5 août
Durant la nuit des éclaireurs allemands ont déjà franchi la Meuse, le fort de Pontisse a perdu ses observateurs.
Plusieurs milliers de soldats ont franchi le fleuve.

Battice
Depuis la matinée les allemands ont réussi à reformer leurs rangs de soldats qui s'enfuyaient.
Les soldat se servent, mangent et boivent dans les maisons occupées.
Un petit jeu sordide auquel ils s'amusent consiste à sortir, à tirer sur la maison et ensuite accuser l'occupant d'avoir fait feu sur un soldat.
J. Halleux en fait les frais, tirés de la maison il est abattu sous les yeux de sa fiancée, le soldat pointe ensuite son arme sur M. Denoël et son fils qui réussisent bien que blessés à s'achapper.
Ils tuent ensuite dans sa cave l'échevin Raphaël Iserantant, sa femme, son beau-frère, un vieillard et sa servante puis deux des frères Hendrickx, le troisième étant brûlé vif dans l'incendie de sa maison.
D'autres soldats abattent Louis Wilkin qui leur ramenait du pain et qui mourut touché par tois balles avec son laisser-passer crispé dans la main.

Le 6 un officier allemand demande au curé de faire revenir les habitants se portant garant de leur sécurité.
Le curé Voisin, pro-allemand, s'exécuta en confiance, mais arrivé au village assista à une réédition de la veille; deux mille soldats refoulés par le fort de Barchon s'emparaient des maisons et s'y livraient au pillage, emportant vivres et boissons puis mettant le feu au village.
Tout flamba y compris l'église
Seules 5 maisons dont les allemands se servaient furent épargnées.

A Berneau les allemands viennent d'essuyer le tir d'un obus dans une prairie où ils se sont mis au repos.

Dans la journée du 5 l'ordre est donné et le feu est mis aux villages.
Berneau et Mouland partent en fumée; sur 114 maisons il n'en reste que 42 dans le premier tandis qu'à Mouland 73 maisons sur 132 sont la proie des flammes


Monument à Walthère Bruyère à Berneau, source bel-memorial.orgWalthère Bruyère, le bourgmestre de Berneau est exécuté, un vieillard de 78 ans.
Un autre de 72, M. Grenson est pendu. 10 hommes et une femmes seront exécuté, 72 maisons détruites par le feu.
Monument aux morts de Berneau, souce bel-memorial.org
Berneau et Mouland

COMMUNE DE BERNEAU LE 5 AOÛT 1914 LES ALLEMANDS ONT ASSASSINÉ 10 HOMMES, 1 FEMME
BRÛLÉ 72 MAISONS ONT ÉTÉ FUSILLÉS

ANDRIEN Louise Victime de la guerre
BRUYERE Walthère Victime de la guerre  Mouland, 1915 Bourgmestre de Berneau de 1872 à 1914.
Décédé à l'âge de 78 ans. Son corps fut découvert dans une prairie en bordure du chemin en mars 1915.
CLAESSENS Emile Victime de la guerre Décédé à l'âge de 24 ans
CLAESSENS Joseph
Victime de la guerre 5 août 1914. Décédé à l'âge de 17 ans
CLAESSENS Mathieu
Victime de la guerre Berneau, 5 août 1914.
GRENSON Hyacinte
Victime de la guerre  
KEMPENAERS Hubert
Victime de la guerre.
LEGRAND François Civil pendu Mouland, 1914-08-07 Domicilié à Berneau, Décédé à 49 ans. Pris en otage par les Allemands en août 1914, il fut pendu, avec deux autres hommes, dans un petit bosquet de peupliers le 7 ou le 8 août, juste en bordure du chemin qui part de Berneau pour aller vers Mesch. Leurs corps furent découverts le 9 août 1914 par la Comtesse DE GELOES, d'Eijsden, qui passait à cet endroit en voiture.
TOSSINGS Jean Victime de la guerre  
TYCHON Joseph Civil pendu Mouland, 1914-08-071914 Décédé à 70 ans. Pris en otage par les Allemands en août 1914, il fut pendu, avec deux autres hommes, dans un petit bosquet de peupliers le 07 ou le 08 août. Leurs corps furent découverts le 09 août 1914 par la Comtesse DE GELOES d'Eijsden qui passait à cet endroit en voiture.


Une quinzaine d'habitants sont blessés, d'autres nombreux emmenés captifs.
ANDRIEN Louis, ANDRIEN Armand, BASTIN Guillaume, BOULET Albert, DEMOULIN Mathieu, KNUBBEN Joseph, POLMANS Lambert, RENARD Pierre, REYNDERS Jean, SIMAR Victor, TOSSINGS Arthur, TOSSINGS Georges furent déportés et ne revinrent pas


Monument aux morts de Warsage, source bel-memorial.orgWarsage: "MORTS POUR LA PATRIE -WARSAGE À SES ENFANTS"

DUMONT N.
Victime de la guerre.
FRANCK Ferdinand
Civil fusillé -  Mouland,  6 août 1914.
FRANCK Julien
 Civil fusillé  - Mouland, 6 août 1914.
FRANCK Pierre
Civil fusillé Mouland, 6 août 1914.
Originaire de Warsage. Exécuté le 6 août 1914 au petit matin à l'intérieur du camp de soldats allemands.
Frère de Ferdinand et Julien, aux aussi exécutés au même endroit.
GEELEN Nestor
Civil pendu Mouland, 7 août 1914 Originaire de Warsage. Otage pendu le 7 août 1914 au matin.
GOFFART L.
Victime de la guerre.
HARDY H.
Victime de la guerre.
JACOB V.
Victime de la guerre.
LAMBERT Lucien
Civil fusillé - Mouland, 6 août 1914.
Originaire de Warsage. Exécuté le 6 août 1914 au petit matin à l'intérieur du camp de soldats.
LEBEAU P.: Victime de la guerre.
LUYTEN Joseph
6 août 1914.
Originaire de Warsage. Exécuté le 6 août 1914 au petit matin à l'intérieur du camp de soldats allemands.
SOXHELET Léon Civil pendu - Mouland, 7 août 1914.
Originaire de Warsage. Otage pendu le 7 août 1914 au matin.
TEHEUX Jean
Civil abattu Mouland 6 août 1914.
Originaire de Warsage. Exécuté le 6 août 1914 au petit matin à l'intérieur du camp de soldats allemands.
VIELVOYE P.
Victime de la guerre.

Localisation de ce monument: A l'angle de la Rue des Combattants et de la Rue Joseph Muller (Nat. 608). Coordonnées GPS: +50°44'08.83", +5°45'53.57". bel-memorial.org

voir également :
les atrocités allemandes en Belgique 1 les atrocités allemandes en Belgique 2


Soldats et officiers allemands posant devant la gare de Visé en 19145 août au matin, le détachement de prisonniers visétois a traversé les prairies de Longchamps à Berneau vers 14 heures, ils franchissent la rivière la Berwinne en profitant pour y boire un peu d'eau qu'ils essayent de garder dans leurs mains et que les soldats ne leur laissent pas prendre
Un camp sommaire a été établit à la frontière près de Berneau.
Des tas de soldats désoeuvrés s'y trouvent.
Ils se moquent des prisonniers; enlèvent la perruque d'un vieillard, crachent dedans, lui remettent sur la tête...
Le fils et le père Job sont mis à nu sous les quolibets et les rires...
Ils poussent la crosse de leur fusils sous le menton du père Brouha et de Léonard Rion, les obligeant un long moment à regarder vers le soleil...
Ils tourmentent leur prisonniers, les frères Pinckaers demandent à ne plus suibir un tel traitement, qu'on les fusille de suite...
Mais les bourreaux préfèrent jouer avec leurs victimes innocentes.

Un officier des hussards de la mort intervient pour leur donner à boire mais le gardien s'y refuse disnat qu'il a des ordres
Le lieutenant parvint toutefois à leur apporter un peu à boire et devant leur demande d'être libéres, après avoir consulté d'autres de ses compagnons leur déclarat qu'il ne pouvait rien pour eux.
La troupe de prisonniers bien encadrée reprend sa marche, des obus de Pontisse tombent encore et certains profitent de la situation pour tenter de s'échapper lorsque les allemands se jettent sur le côté.
Ils sont rattrappés, battus à coup de crosse de fusils et de baïonnettes
Un massacre:
Léonard Rion 36 ans, Bernard Boulanger 47 ans, son fils François Job 54 ans, Hubert Job 25 ans, Octave Lucarme 50 ans, son fils Jean Lecarme 24 ans,Victor Michiels 45 ans, Léon Pinckaers 25 ans et son frère Constant Pinckarts 23 ans, Pierre Leers 50 ans, Lucien Ruwet 22 ans, Léonard Vanderlinden 25 ans,
Jean Brouha 67 ans, Pierre Brouha 34 ans, c'est le 4e Brouha tué en deux jours.
Les Francs Arquebusiers ont payé un lourd tribut depuis le 4 plusieurs de leurs membres sont morts.
Honoré Cosme , 50 ans, est blessé au ventre en se fera un pansement avec de l'argile. Il mourra l'après-midi du 6 à l'hospice de Visé

von Emmich et son train de campagneSon fils Maurice Cosme fut retrouvé quelques jours plus tard à proximité du fort de Barchon, il avait été contraint de marcher devant les troupes allemandes.
Son frère Joseph Cosme parvint à s'échapper, se réfugia à Berneau puis passa en Hollande après avoir passé 6 jours sans manger et boire.

A
uguste Lieutenant échappe à la mort mais il est repris avec un autre compagnon et roué de coups, ligoté et obligé de porter les havre-sacs.
Ils sont emmenés à Argenteau devant le Tourne-Bride d'où les troupes après y avoir stationné un instant vont partir en direction de Sarolay puis attaquer le fort de Rabosée.
Les pertes des allemands sont énormes.
Les 25e et 53e régiments allemands ont sérieusement souffert.
426 allemands tués contre 121 soldats belge, qui à 450, avaient tenu tête à 5.000 allemands.
Les prisonniers pensent que leur dernière heure est venue. Les allemands vont se venger sur eux.
Ils profitent d'un instant d'"inattention pour tenter de s'enfuir.
Les mains liées, Lieutenant s'encourt vers le sentier de Richelle et se fond dans les bois environnants.
Avec difficultés il rejoint Visé le 14 ... pour se retrouver à nouveau parmi les prisonniers emmenés en Allemagne.

Bernard Joseph Boulanger faisait partie du groupe de prisonniers. Ses enfants trouvèrent son corps dans un trou près de la ferme Bischop.

Huhlan allemandMartin Scaff profite du moment où les obus du fort s'abattent pour s'engouffrer dans un trou d'une haie et sous les coups de feu traversa la prairie et grimpa se cacher en haut d'un arbre assistant impuissant au massacre des autres.
Harassé, les vêtements en lambeaux, sans chaussures, s'étant abrité dans un cave, une porcherie, dans un jardin, il regagne Visé où il est pris en charge par les soeurs de l'hospice.

Léonard Rion charcutier, 37 ans, tué à Berneau, le 6 août 1914, après d'odieuses violences avait été enlevé le 4 août avec d'autres Visétois.

Liège 6 août

Les allemands place St Lambert en 1914Il est près de 5 heures du matin
Deux officiers allemands suivis de trois "feldgrauen", apparemment non armés, arrivent à hauteur des bureaux du général LEMAN rue Ste Foy à liège
Ils sont suivis, d'un petit groupe de soldats le fusil en bandoulière, la baïonnette au canon, marchant sans se presser et escortés de civils qui les acclament et les applaudissent les prenant pour des soldats anglais.
Les commandants d'état-major Vinçotte et Marchand sortent du QG, attirés  par le bruit, ne voient d'abord que les officiers apparemment sans armes, gantés de blanc et tenant un mouchoir
Ils les prennent pour de nouveaux parlementaires vers qui ils s'avancent pour les interpeller quand le major allemand von Alvensleben suivi immédiatement de ses partenaires, sort son arme et fait feu et se rue vers l'entrée des bureaux.
Il est abattu avant d'en franchir le seuil par un coup de pistolet du major Vinçotte, le Capitaine Lhermitte fracassant le crâne de l'autre officier d'un coup de crosse d'un fusil pris à la hâte.
Les autres soldats allemands ouvrent le feu, tuent Marchand et leurs renforts arrivent.
Les commandants de Krahe, Hautecler et Renard, ainsi que les gendarmes, les plantons et les soldats belges présents dans la place font aussitôt feu abattant une quinzaine d'assaillants, les autres rebroussant chemin.

Le général Leman abandonne toutefois son QG, la place n'est plus sûre avec des troupes allemandes déjà dans la ville
Il transpose son Quartier Général au fort de Loncin, compromettant ainsi la communication des ordres et des renseignement utiles au déploiement de ses troupes.

Le 10 août à Visé
Le Doyen Lemmens reçoit au presbytère la visite de huit soldat allemands qui lui intiment l'ordre de le suivre comme otage tout comme le bougmestre Meurice.
Se rendant ensuite au couvent des Soeurs de Notre-Dame, ils font de même avec la Soeur-Supérieure et Soeur Marguerite, allemande d'origine.
ils sont emmenés tous les quatre en cortège à la ferme abandonnée aux Trois-Rois où on leur attribua une simple botte de paille comme couchage
Après un repas sommaire à 6 h du matin, ils furent autorisés à rédiger un billet pour rassurer leurs proches, astreint de l'obligation d'écrire également à une personne influente de leur entourage afin de réclamer le calme de la population.
Ils vont rester enfermés à regarder passer les troupes.
Le 13 août , l'officier de garde les libère, mais arrivé en ville ne laisse partir que les deux femmes.
Les deux hommes sont alors obligés de suivre les occupants jusqu'à Navagne où un campement a été établi par les allemands qui ont depuis un moment jeté un pont de bateaux en travers de la Meuse.
Il sont enfermés dans la maison abandonnée du jardinier de M. Dessain.
Nourris sommairement, les otages font face aux quolibets et injures des troupes qui passent
Ils finirent par se retrouver sous la tente du lieutenant Kholer et de l'officier payeur Koch qui se montrèrent plus corrects que leurs hommes, leur offrant parfois un verre de vin ou un cigare.
Le 14, un officier leur demande si des hommes seraint d'accord de venir travailler.
Le bourgmestre rédigea un billet et une centaine de visétois se présentèrent afin de ne pas contrarier les allemands et préserver leurs otages.
Ces "ouvriers-volontaires" ne furent rendus à la liberté qu'à la mi-septembre.

La camps allemand de Mouland avec les prisonniers

Le camp allemand près de Mouland.
On voit vers le milieu à gauche un groupe de prisonniers dans le fossé
Devant les civils sur un rang sont certainement les "volontaires" appelés pour travailler

On remarquera le nombre important de véhicules motorisés.
Ce camp est énorme et est établi dès le 4 août.

La 2e armée de von Emmich c'est:
13 divisions d'infanterie,
le 2e Corps de cavalerie composé des 2e,4 e et 9e divisions,
et 128 pièces d'artillerie dont des mortiers de 210 mm.
Près de 50.000 hommes dont seulement 35.000 fantassins seront déployés les premiers jours.

A partir du 1er septembre, les allemands leur avaient promis un salaire de trois marks qu'ils ne payèrent que quelques jours.
Leur travail consista à établir une route vers le pont provisoire à l'aide des matériaux du château de Navagne détruit

Le 14 août les allemands investisent l'hôtel Quaden pour y voler la caisseM Michaux qui tenait alors l'hôtel dut s'exécuter et prévint la patrouille qui arrêta les voleurs.

De nombreux soldats ivres sont dans la ville.
On en voit des 72e, 88e, 89, et 99e régiments d'infanterie et du 18e régiment de pionniers.
Place de la gare
Ils chantent, dansent et boivent dans la ville, volant et pillant.
Henri Roujob, peintre qui habite rue du Pont, hébergeait deux officiers et 24 soldats et vers 9 heures du soir fut frappé de deux coups de feu dans la cour de sa maison.
Blessé, les allemands le trainent dehors pour qu'il contemple sa maison qui brûle.
Emmené le soir à la croix-Rouge, il décèdera la 18 à l'hôpital St Augustin de Maestricht où il avait été évacué.
A l'hôtel Quaden, M. Michaux et ses fils sont enfermés par les allemands puis brutalisés le soir par un officier qui les accusa d'avoir tué un officier allemand.

Les visétois sont rassemblés sur la Place de la Gare, face à l'Hôtel de l'Europe. les allemands concentrèrent aussi les habitants Boulevard du Nord et à la Porte de Mouland.
L'abbé Goffin, le directeur du collège St Hadelin, intercéda pour emmener les femmes et les enfants dans l'école.
Les allemands l'on prévenu, si on tire sur les allemands, ils eécuteront les civils.
La fusillade s'entend depuis 9h30, les allemands ivres se tirent dessus.
Ils jettent des pastilles incendiaires dans les maison, la ville s'embrase.

La nuit du 15 au 16 août, il pleut abondemment et la toile de la tente des otages perce.

Vers 23 heures, ils entendent une fusillade dans le lointain et la proclamation terrible des allemands "on a tiré sur nous" Man hat geschossen !
On sait ce que cela entraîne comme conséquences
La fusillade dura un quart d'heure et le lendemain l'officer leur annonça que Visé avait été la proie des flammes.

Le 15 août au soir, les allemands mettent le feu à la ville de Visé.

Désiré Duchesne plafonneur, 66 ans, saisi dans la cave de son habitation, rue de la Station, dans la nuit du 15 au 16 août 1914, il fut accusé faussement d'avoir tiré sur les allemands ; malade et presqu'aveugle, enchaîné à un arbre de la Place de la Station, il fut abattu de 3 salves, le matin du 16 août, et des soudards ivres profanèrent encore son cadavre en lui fracassant le crâne à coups de bouteilles.
La population masculine de Visé fut obligée de défiler avant son départ en exil devant le cadavre défiguré.

la collégialeSt Martin détruite en partieLes troupes allemandes ne s'attendaient à aucune résistance en Belgique, de rage elles mettront le feu à la ville le 15 août au soir.
Mais ces actes, déjà perpétrés ailleurs dans les jours précédents, étaient prémédités par le commandement allemand.
Les allemands inventèrent alors la légende des francs-tireurs, des civils qui auraient harcelé les soldats, pour justifier ces actes barbares.
Ces soi-disant actes de résistance servirent de prétexte aux pires attrocités

585 maisons détruites sur 840
La quasi totalité de Visé.
L'hôtel de Ville commencé en 1574 et fini en 1612 et toutes les archives de la ville
Les archives et reliques des arquebusiers.
L'école moyenne, ancien couvent des Sépulchrines.
La collégiale est en partie détruite, les vitraux resteront quasi intacts.
Quelques images de Visé avant et après 1914

Deux quartiers échappèrent à l'incendie d'août 1914,celui de Souvré au sud de la ville en contrebas,
et celui de
Devant-le-Pont sur la rive gauche s.
Souvré où les habitants prétendront ne pas faire partie de Visé et Devant-le-Pont parce que Gustave Ruhl, né à Verviers dans une famille originaire de Rhénanie empêchera l'incendie du quartier grâce à sa connaissance de l'allemand et les relations qu'il avait en Allemagne.
Le directeur allemand de la sucrerie de la Basse-Meuse deviendra le bourgmestre allemand du quartier durant la guerre, ne demandant pas son reste une fois celle-ci finie.

Grâce à cela on peut trouver sur le Quai du Halage des maisons qui datent de plusieurs siècles.
Les seuls vestiges non détruits du centre de Visé restant essentiellement les rues Dossin et Raskinroy.

Image d'un camp de prisonnier Carte postale anvoyée par les prisonniers Carte postale anvoyée par les prisonnierscarte postale familiale envoyée à un prisonnier visétoiscarte postale familiale envoyée à un prisonnier visétois
615 visétois sont emmenés en captivité en Allemagne
Les hommes seront emmenés en captivité, les femmes et les enfants chassés en Hollande.
Bilan :
42 visétois massacrés, 10 qui mourront en captivité, 2 soldats belges et deux gendarmes seront tués.

Si les premières exactionsvillages environnants, Visé est la première
ville martyre de Belgique.
, tueries et incendues furent pas perpétrés dans les Une ville détruite inutilementqu'elle représente un quelconque point stratégique., uniquement pour semer la terreur et non parce

Visé 1914, les allemands posent devant les ruines Visé 1914, les allemands posent devant les ruines Visé 1914, les allemands posent devant les ruines
Visé 1914, les allemands posent devant les ruines de la Collégiale Visé 1914, les allemands posent devant les ruines de la collégiale Visé 1914, les allemands posent devant les ruines Visé 1914,carte postale allemande des ruines de Visé
La ville est détruite et les soldats allemands posent fièrement devant leurs oeuvres en signe de victoire et envoient ces cartes postales dans leur famille.
Les mêmes images seront reprises pour dénoncer les destructions, avec un autre commentaire.
Visé 1914, incendie de l'hôtel de ville Visé 1914, hôtel Quaden Visé 1914, après bombardements
Visé 1914, hôtel Michaux Visé 1914, panorama des ruines Visé 1914, place de la gare
Visé 1914, place de l'Eglise Visé 1914, rue du Perron Visé 1914, les ruines de la ville
Visé 1914, panorama des ruines Visé 1914, ruines rue du perron Visé 1914, ruines rue du perron et Hôtel de Ville
Visé 1914, panorama des ruines Visé 1914, rue Haute et soldats allemands Visé 1914, rue du collège

 


Plusieurs habitants de la région passeront en hollande pour se réfugier

Certains regagneront l'armée pour se battre
D'autres y resteront en attendant que la guerre se passe

Une école belge sera même ouverte à Maestricht pour scolariser les jeunes belges

 


Durant tout ce temps, depuis le 4 août, les forts de Liège tiennent bon !
Mais ils vont tomber les uns après les autres sous les obus des canons allemands.
Ils sont pilonnés depuis le 5 par des canons de calibre moyen que leur cuirassement leur permet de supporter mais les allemands vont frapper plus fort.
Ceux-ci vont amener par chemin de fer des obusiers de 420 mm qui auront vite raison du béton des forts

Le commandant NaessensDans l'un d'eux, un visétois d'adoption, le commandant Naessens qui commande le fort de Loncin.
Il a épousé une Massin de Devant-le-Pont.
C'est un homme d'honneur, adoré de ses hommes, et avec eux il prête un serment solennel

"Nous jurons de lutter jusqu'au dernier obus, jusqu'à la dernière cartouche,
jusqu'au dernier homme, et personne de nous ne se rendra !"
Colonel Naessens, nuit du 3 au 4 août 1914

Il tiendra son engagement.
Il survivra à l'explosion de son fort le 15 août 1914, de même que le général Leman qui y avait établi son quartier général quand les allemands pénétrèrent dans Liège.

Sa montre, arrêtée à l'heure de l'explosion, est au musée de Visé.
Fête à Devant-le-Pont, hommage au Cdt Naessens
Naessens errera très longtemps sur les ruines de son fort où beaucoup de ses soldats sont encore ensevelis aujourd'hui.
Il disait leur parler et les entendre.

Il ne fut pas inhumé dans la pelouse d'honneur avec ses hommes mais il repose dans son caveau au cimetière de Devant-le-Pont sur la rive gauche à Visé.
Comme s'il estimait ne pas mériter être près d'eux parce qu'il avait survécu à l'explosion qui ravagea le fort.
On lui rend chaque année hommage en juillet lors de la fête du quartier
http://www.club-j.be/dlp2.htm


Vers le site du fort de Loncin: http://www.fortdeloncin.com/index.php

Barchon se rend le 8 août; la garnison est étouffée par les gaz.
canon de 210 allemand
Evegnée le 11 août se rend pour la même raison , il ne lui reste qu'un seul canon en état de tirer.
A partir du 12 août, les allemands pilonnent avec des obusiers de 305 et de 420 mm.

13 août : chute des forts de Chaudfontaine dont le magasin à poudre explose, Pontisse suffoque sous les gaz, et Embourg hors d'usage et pris d'assaut.

14 août c'est le tour des forts de Liers, pilonné par les 420 privé d'eau et d'électricité et asphixié, et de Fléron qui à 10h15 sonne la reddition.

15 août, Boncelles dont l'aération est compromise ne peut plus riposter et se rend à 7h30, Lantin fait la même chose à 12h30.

Loncin explose vers 17h30
.

Les allemands sur le fort de LoncinLes allemands sur le fort de LoncinLe fort de Loncin détruit

Touchée par un obus de 420, sa poudrière explose. Une flamme s'élève vers le ciel.
Le fort se lève comme s'il prenait une grande respiration, s'essoufle et expire en retombant sur ses occupants, enterrant 350 braves sous les débris.

Propagande allemande, le destruction des forts de Liège16 août : reddition des forts de Hollogne et de Flémalle qui seuls ne peuvent plus continuer la lutte.

La bataille de Liège est terminée.

Un courage admirable des troupes de forteresses qui avec un matériel obsolète et absolument pas adapté à une guerre "moderne" n'auraient jamais pu tenir

Les allemands ont une guerre d'avance et un matériel dont personne ne soupçonnait la puissance.
A calibres égaux, leurs canons aux obus chargés à la poudre nitrée sont deux fois plus puissants que les belges chargés à poudre noire.
Leur puissance de feu en 210, 380 et 420 mm fut phénoménale pour l'époque.

Pariser Kanonen, Parisgeschütz (canon de Paris)
Portée: 126 km

Lange Max
Portée: 47,5 km
Grosse Bertha
Portée: 12.5Km
Dénomination officielle:Wilhelmgeschutze
Calibre: 210 mm
longueur du tube:36 m
Poids total: 750 T.
Poids obus: 104-106 kg
Vitesse d'éjection: 1600 m/s
Wilhelmgeschutze 210 mm Dénomination officielle:38cm SKL/45-C/1913
Surnom: Lange MAX , Brummer.
Calibre: 380 mm .
longueur du tube: 17,1 m

Poids total: 750 T.
Poids obus: 750-400 kg
Vitesse d'éjection: 1040 m/s
Lange Max 380 mm Dénomination officielle: M 42
Surnom: Dicke Bertha (grosse Bertha),
Fleissige Bertha (Bertha l'assidue)
Calibre: 420 mm
Poids total: 70 T.
Poids obus: +- 900 kg
Vitesse d'éjection: 400 m/s.
canon allemand de 420 en campagne

La PFL a résisté, les allemands ont été supris de cette résistance, mais quoi qu'en disent certains historiens, leur avancée n'a été que très peu retardée en fonction des objectifs qu'ils s'étaient fixés.

canon allemand de 420 sur train obus de canon allemand de 420 canon allemand de 420 sur train obus de canon allemand de 420


Les troupes d'occupation allemandes à Visé en novembre 1914Les troupes d'occupation allemandes à Visé en novembre 1914
Les troupes d'occupation allemandes défilent dans Visé le 25 novembre 1914 pour leur départ depuis la place de Visé
Ces troupes séjournèrent d'août 1914 jusqu'au 25 novembre.
Photo du RP Nihard de Val Dieu
On retrouve les officiers sur d'autres photos à table

Réfectoire allemand dans le jardin du bourgmestre en 1914

C'est tout juste si nous leur avions pas déclaré la guerre...
La propagande allemande alla jusqu'à faire des photos montrant la résistance qui "obligea leur armée à riposter", l'image ci-dessous en est un exemple, elle montre des barricades dressées à Visé.

Des cartes similaires existent également pour d'autres communes comme Battice.

Les autorités belges avaient bien prévenu la population de ne pas commettre d'exactions envers l'envahisseur;
la guerre est alors exclusivement une affaire de soldats dans laquelle les civils n'ont rien à faire.

Ben voyons !

Cela alla même jusqu'à demander, pour maintenir la neutralité belge, que pendant le conflit précédent entre français et allemands en 1870, les belges engagés à la Légion Etrangère, soient dispensés de service combattant.

De là viendrait dans le Chant de la Légion le vers peu élogieux consacré aux belges
"
Tiens, voilà du boudin, voilà du boudin, voilà du boudin
Pour les Alsaciens, les Suisses et les Lorrains,
Pour les Belges y'en a plus (bis)
Ce sont des tireurs au cul
Pour les Belges y'en a plus (bis)
Ce sont des tireurs au cul "

Les allemands laissaient un triste résultat après leur passage à Visé, de nombreux civils massacrés.
Mais le nombre de victimes visétoises est peu élevé eu égard aux atrocités qu'ils commetront dans d'autres villes comme
Aarschot, Andenne, Termonde, Dinant, Louvain, ou Sambreville qui avec Viséauront aussi le triste privilège de porter le titre peu envié de "ville martyres".

Vers la page consacrée aux victimes.

En hommage, et le cas est unique en Belgique concernant Visé, le Collège échevinal de la ville bruxelloise de Watermael en date du 7.02.1919 décida de donner le nom de la ville martyre à la rue, jusque-là nommée rue du Tram et qui avant celà portait le nom de rue d'Ixelles, et fut débaptisée avenue de VISE, dénomination officielle en Néerlandais : VISELAAN.

Avenue de Visé à Watermael Avenue de Visé à Watermael

le monument aux morts de 1914-18 à Visé Le monument aux morts 14-18 à Visé Le monument aux morts de Visé

Le monument aux morts de 14-18 près de l'hôtel de ville, inauguré le 19 août 1928.
Il est l'oeuvre du professeur Falize de l'Académie des Beaux-Arts de Liège
Deux minenwerfers, mortiers légers, entourent la statue d'un soldat casqué
, les canons ont disparu depuis.

Croix de feu, musée de l'Armée BXL

Les combattants de 14-18 ayant subi le feu de l'ennemi avait le droit de recevoir la carte du feu et la croix de feu.
Ils sont repris dans le livre des cartes du feu
Ce livre est disponible, numérisé avec les photos et indexé, ce qui permet une recherche alphabétique par nom, commune ou régiment
Il est disponible sur:
http://www.tenboome.webruimtehosting.net/guldenboek/Guldenboekprojecttotaal/livredor.htm
Il y a trois manières de consulter la liste :
Triée par nom de famille
Triée par domicile
Triée par régiment

et consulter les
Livres d'or qui reprennent en détail et souvent avec photo les disctinctions obtenues

Liste des combattants visétois décédés pendant le conflit et des anciens combattants repris dans les livres des Cartes du Feu

 

repas d'officiers allemands à la gare de Visé en 1914 Réfectoire allemand dans le jardin du bourgmestre en 1914 le 147e de ligne allemand pose fièrement devant les ruines de Visé en 1914
Les Allemands occupent Visé et posent en photo qu'ils envoient chez eux en signe de victoire
camp de soldats allemands près de Visé en 1914 soldats allemands à la gare de Visé en 1914-18 Les allemands font du canotage sur la Meuse
la 205e Compagnie de Réserve de Construction de Chemins de Fer pose à Visé doc.M. Poelmans
A gauche, les pioniers allemands chargés de construire ou d'entretenir le chemin de fer la Landw.Eisenb.-Bau-Komp.Nr.205 posent à Visé
(document Marc Poelmans)
et à droite soldats et officiers qui posent près de l'hôtel Michaux
Des prisonniers russes seront amenés pour travailler au chemin de fer, une toute nouvelle ligne et un viaduc qui depuis a toujours porté le nom de "Pont des Allemands"
prisonniers russes à Devant-le-Pont
Ils vont aussi construire un pont provisoire en passant par l'Ile Robinson située au milieu du fleuve puis répareront le pont

Le pont de Visé avent 1914 Visé,le pont de secours allemand en 1914 Visé,le pont de secours allemand en 1914


LA MORT DU GENERAL VON EMMICH SERAIT CONFIRMÉE

Bruxelles, 19 août, 8 h. (Par dépêche de notre correspondrant particulier.)
D'après une dépêche de Copenhaque, les journaux allemands confirment, sans donnex aucun détail, la mort du général von Emmich, commandant l'armée qui a attaqué Liège. D.

Le général vainqueur de Liège est mort à 67 ans. Selon les informations, il se serait suicidé face à son échec devant Liège qui tient bon.
Mais en fait il serait mort rentré à Hanovre victime d'artériosclérose.

Malgré leur résistance, les forts de Liège vont tomber les uns après les autres.
Complètement dépasséss,d'une conception du 19e siècle et fait pour résister à un maximum de 200 mm, ils sont impuissants devant l'artillerie allemande et des obusiers de 420 mm.
ils vont s'écrouler les uns après les autres comme des châteaux de cartes.
On pensa longtemps qu'ils avaient permis de retarder l'ennemi trop longtemps permettant la réorganisation de l'armée française et la bataille de la Marne, mais les archives allemandes ont depuis démontré que la 2e armée de von Bulow a remonté la rive droite de la Meuse et franchi celle-ci dans l'intervalle entre Liège et Huy dans les délais quie avaient été fixés avant l'attaque et que le départ d'Aix-la-Chapelle de la 1ere armée de von Kluck vers Visé fut même avancée d'un jour.
Toutefois cette vaillance eut un effet intense sur le moral de l'armée, non seulement en Belgique mais aussi en France.

Liège est décorée de la Légion d’honneur

Du Journal officiel (8 août 1914)
Paris, le 7 août 1914

Monsieur le Président,

Au moment où l’Allemagne, violant délibérément la neutralité de la Belgique, reconnue par les traités, n’a pas hésité à envahir le territoire belge, la ville de Liège, appelée, la première, à subir le contact des troupes allemandes, vient de réussir, dans une lutte aussi inégale qu’héroïque, à tenir en échec l’armée de l’envahisseur.

Ce splendide fait d’armes constitue, pour la Belgique et pour la ville de Liège en particulier, un titre impérissable de gloire dont il convient que le gouvernement de la République perpétue le souvenir mémorable en conférant à la ville de Liège la croix de la Légion d’honneur.

J’ai, en conséquence, l’honneur de vous prier de vouloir bien revêtir de votre signature le projet de décret ci-joint, approuvé par le Conseil de l’Ordre de la Légion d’honneur et décidant que la croix de la Légion d’honneur est conférée à la ville de Liège.

Le ministre des Affaires étrangères, Gaston Doumergue.

Le Président de la République Française
Sur la Proposition du Ministre des Affaires étrangères

DECRETE:

Article Premier. — La croix de chevalier de la Légion d’honneur est conférée à la ville de Liège.
ART. 2. — Le ministre des Affaires étrangères et le grand chancelier de l’Ordre sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret.

Fait à Paris, le 7 août 1914.

Par le président de la République.
R. Poincaré


Le ministre des Affaires étrangères
Gaston Doumergue

Le magazine l'Illustration raconte les événements

L'ILLUSTRATION DU 15 AOUT 1914

Retrouvez les sur le projet gutenberg
http://www.gutenberg.org/files/14538/14538-h/14538-h.htm

http://www.gutenberg.org/files/17662/17662-h/17662-h.htm

Août 1914, la Belgique est envahie par les troupes allemandes.
Armoiries de la ville française de Sainte Adresse qui reprend les armes de la BelgiqueL'ensemble du Nice Havrais à Sainte Adresse, siège du gouvernement belge en exil en 14-18Le gouvernement belge quitte Bruxelles et demande l'hospitalité à la France.

Sainte-Adresse près du Havre sera choisie parce qu'au "Nice Havrais", de vastes bâtiments luxueux et des villas récemment construits par l'architecte Dufayel permettaient d'accueillir et de loger le gouvernement et les ministères Belges.
Le 13 octobre 1914, deux bateaux faisaient leur entrée au Havre avec à leur bord les représentants du gouvernement Belge.
Voir reportage sur ina.fr/le gouvernement belge a sainte-adresse.fr

Alors que la Belgique est presque entièrement occupée par les Allemands, Sainte-Adresse fut capitale administrative du royaume, cédée à bail au gouvernement belge pour la durée des hostilités.
Ce dernier s'installa donc d'octobre 1914 à novembre 1918 dans l'« immeuble Dufayel », construit par Georges Dufayel en 1911. Il avait à sa disposition un bureau de poste, utilisant des timbres-postes belges.
L’Hostellerie Normande sert essentiellement de résidence communes pour les ministres et cadres, la villa Louis XVI est désignée comme Ministère de la Guerre…

Malheureusement, lors de bombardements alliés en 1944, la plupart de ces beaux bâtiments seront réduits en cendres.

Le Gouvernement Belge à
Le Havre / Sainte-Adresse
de gauche à droite:
Poullet, Hubert, Segers, Helleputte, Berryer, van de Vyvere, Vandevelde, Hymans, Brunet, Goblet d'Alviella, Carton de Wiart, de Broqueville, Renkin et le Lieutenant-Général de Ceuninck

Le complexe Nice Havrais siège du gouvernemen belge à Sainte Adresse

L'Hostellerie Normande à Sainte Adresse, siège du gouvernement belge
Le complexe Nice Havrais siège du gouvernement belge

Sainte Adresse, un des bâtiments qui habitait les ministères belgesSainte-Adresse devient la capitale belge à l'étranger, elle sera louée par le gouvernement belge.
La ville a donc vécu, entre 1914 et 1918, sous un double drapeau.
Les couleurs françaises et belges qui encadrent la statue du roi Albert Ier à l'entrée de la ville.
La poste belge à Saint Adresse
Témoigage de la pérennité de ces souvenirs; l'insertion du drapeau belge dans les armoiries de la ville qui est blasonnée comme suit : écartelé, au premier et au quatrième d'azur à une tour d'argent maçonnée de sable, au deuxième et au troisième de gueules à une coquille d'or, à la croix d'or, chargée en abîme d'un écusson tiercé en pal de sable, or, gueules qui est Belgique.

Le récent jumelage avec De Panne, station balnéaire belge où résidait le Roi Albert Ier entre 1914 et 1918, confirme qu'à Sainte Adresse on n'a pas oublié.
Le gouvernement installé en France, La Poste y est aussi installée et les courriers sont affranchis en timbres belges portant l'oblitération "Sainte Adresse Poste Belge Belgische Post"

L'armée belge a du reculer et s'est retranchée dans la région de l'Yser.
La situation devenait intenable du fait de la différence des effectifs en présence.
L'éclusier Henri Geeraerts suggère à l'état-major un moyen d'inonder la plaine pour stopper définitivement l'avancée de l'armée allemande.
Il faut profiter de l'altitude des polders qui sont sous le niveau de la mer.
En ouvrant les vannes des écluses à marée montante et en les refermant à marée descendante, la mer inondera toute la région.
Du fait du déséquilibre des effectifs en présence, constatant que la ligne de défense ne pourra tenir indéfiniment, le roi Albert de Belgique approuve l'opération qui est menée par le général Dossin. L'opération aura lieu le 25 octobre.

L'ingénieuse proposition de l'éclusier a permis à l'armée franco-belge de s'établir solidement sur la rive occidentale du fleuve et de stopper l'avance de l'adversaire vers un objectif de grande valeur stratégique : Dunkerque.
À l'exception de deux offensives sur Tervaete rapidement repoussées les 22, 23 et 24 octobre 1914, la ligne de l'Yser restera infranchissable pour l'armée allemande jusqu'à la fin des hostilités en 1918.

Le 19 octobre, le 1er corps britannique sous les ordres du général sir Douglas Haig, nouvellement arrivé, lance une contre-offensive contre l'armée allemande depuis ses positions dans les environs de la ville belge d'Ypres.
Le Roi Albert à La Panne

1915 Ypres
Quand la guerre se transforme en horreur
A Ypres des combats font rage.

Pour la première fois les allemands utiliseront des gaz de combat, le gaz moutarde auquel on donnera le nom d'Ypérite en souvenir d'Ypres.
C'est une arme inconnue, elle fera des ravages dans les rangs.

C'est à Steenstraete que les allemands l'utiliseront pour la première fois.
Ce nom deviendra en 1945 celui d'une des unités des Brigades d'Irlandes (voir page
http://www.arquebusiers.be/20e-siecle-4.htm )

Belges, britanniques et canadiens tiennent bon.
Lors de cette bataille dans les plaines belges, les pertes humaines britanniques s'élèveront à 58 000 hommes depuis le début de l'offensive, les pertes allemandes à 35 000 et les pertes françaises à 10.000 environ et près de 14.000 belges.
Les troupes britanniques n'ont reculé que de 5 km sur le front.
http://www.inflandersfields.be/#

 

Un symbole toujours porté par les britanniques émergera de cette bataille dans les champs de Flandre

Le coquelicot du jour du Souvenir et le poème "Au champ d'honneur"

On reconnaît le coquelicot comme le symbole du souvenir à la mémoire des soldats du Canada, des pays du Commonwealth britannique et des États-Unis qui sont morts à la guerre.
Cette fleur doit son importance au poème Au champ d'honneur composé par le major John McCrae (nommé plus tard lieutenant colonel), un médecin du Corps de santé de l'Armée canadienne, au cours de la deuxième bataille d'Ypres, en Belgique, en mai 1915.

Les références au coquelicot aux première et dernière strophes du poème de la guerre le plus lu et le plus souvent cité ont contribué à donner à la fleur le statut d'emblème du souvenir et de symbole d'une croissance nouvelle parmi la dévastation laissée par la guerre.

La première personne à l'utiliser de cette façon fut Mme Michael, membre du personnel du American Overseas YMCA, au cours de la dernière année de la guerre. Mme Michael lu le poème de John McCrae et en fut si touchée qu'elle composa également un poème en guise de réponse.
Comme elle le précisa plus tard : " Dans un moment fort de résolution, j'ai pris l'engagement de garder la foi et de toujours porter un coquelicot rouge des champs de Flandre comme symbole du Souvenir afin de servir d'emblème et de garder la foi avec toutes les personnes décédées "

In Flanders fields the poppies blow 
Between the crosses row on row, 
That mark our place; and in the sky 
The larks, still bravely singing, fly 
Scarce heard amid the guns below. 
We are the Dead. Short days ago 
We lived, felt dawn, saw sunset glow, 
Loved and were loved, and now we lie 
In Flanders fields. 
Take up our quarrel with the foe: 
To you from failing hands we throw 
The torch; be yours to hold it high. 
If ye break faith with us who die 
We shall not sleep, though poppies grow 
In Flanders fields.

Lieutenant Colonel
John McCrae, MD (1872-1918) 
Canadian Army 
In Flanders fields

Au Champ d'honneur
Au champ d'honneur, les coquelicots
Sont parsemés de lot en lot
Auprès des croix; et dans l'espace
Les alouettes devenues lasses
Mêlent leurs chants au sifflement
Des obusiers.

Nous sommes morts
Nous qui songions la veille encor'
À nos parents, à nos amis,
C'est nous qui reposons ici
Au champ d'honneur.

À vous jeunes désabusés
À vous de porter l'oriflamme
Et de garder au fond de l'âme
Le goût de vivre en liberté.
Acceptez le défi, sinon
Les coquelicots se faneront
Au champ d'honneur.
*Adaptation française
du major Jean Pariseau

Cette fleur se remarqua sur les champs de bataille à des endroits où elle ne poussait pas, déjà lors des guerres napoléoniennes.
En fait les bombardements remuant le terrain et y apportant la chaux des bâtiments détruits, favorisent la poussée de la plante.
Elle s'y développe comme un hommage aux hommes qui sont tombés à cet endroit.


En 1919

Le 28 mai, Roi Albert 1er vient en visite à Visé, ville martyre.
Il demandera à l'Abbé Goffin, que l'on voit à la droite du Roi, de lui retracer le combat des gendarmes auquel il avait assisté et la mort de
Auguste Bouko et Jean-Pierre Thill.
Le Roi s'en montra très ému et félicita le prêtre de son comportement pendant cette bataille
le Roi Albert et l'Abbé Goffin Le Roi Albert visite les baraquements

En 1920

le 19 septembre, un monument est inauguré en présence de toute la population, pour rappeler le sacrifice de Bouko et Thill.
Il est dressé contre le mur de la poste près de la place de Visé.
Le premier monument à Bouko et Thill les deux premiers gendarmes morts à Visé en 1914
Ce monument sera détruit en 1942 par les allemands et remplacé après la guerre par un monument plus petit situé au même endroit
le monument à Bouko et Thill après la guerre 40-45

Auguste Bouko
Jean-Pierre Thill
Gendarmes
Morts en héros à Visé
insigne de la Gendarmerie,premier corps armé constitué en Belgiqueinsigne de la Gendarmerie,premier corps armé constitué en BelgiqueAfin d'en assurer une reproduction aussi exacte que possible, nous recherchons toute bonne image du monument de 1920 détruit en 1942 et dédié aux gendarmes Bouko et Thill tués à Visé le 4 août 1914.
Vous pouvez aussi soutenir cette action en nous aidant à financer ce projet, en versant votre participation
sur le compte BE21 8002 0613 6903 des Francs Arquebusiers de Visé avec la mention "monument".

Les Francs Arquebusiers n'ont pas encore repris leurs cortèges dans les rues de la cité en cours de reconstruction
Toutefois le 30 octobre 1920, ils assistent en corps aux funérailles de leur capitaine-commandant Joseph Cerfontaine qui était à la tête de la bonne ordonnance de la compagnie depuis 1895

Le 27 octobre 1920, décès du commandant de la compagnie Joseph Cerfontaine, li vîx capitaine, en poste depuis 1895.

Hubert Cerfontaine li vîx capitaine
Il sera remplacé par Hubert Cerfontaine-Ledent


La reconstruction de Visé

Des quartiers provisoires, les baraquement, furent construits pour abriter la population. Appelés par dérision le quartier des Sénégalais
Visé, les abris provisoires, le quartier des "Sénégalais" Visé, les abris provisoires les baraquements Les abris provisoires Visé, baraquements provisoires, le "quartier des Sénégalais" Visé, les abris provisoires, les baraquements
Vient le moment de la reconstruction sous la houlette de l'O.R.D. l'Office des Régions Dévastées
reconstruction de Visé en 1923,défilé des anciens arquebusiers
Rue Haute en reconstruction
l'ancien pont provisoire et le nouveau pont
ancien et nouveau pont
Reconstruction de Visé
Rue Haute en reconstruction
l'ancienne gare
la station
Le nouveau local de la Renaissance
la Renaissance
la rue du pont après 1914
rue du pont

l'hôtel de ville
Des dizaines de maisons furent reconstruites par l'Office des Régions Dévastées,
dont le sigle O.R.D est visible sur les façades
La 100e, dans la rue du Collège, fut celle du bourgmestre Lambert-Dehousse où une plaque le rappelant est apposée sur la façade.
Il était Franc-Arquebusier, c'est là que pendant des années la compagnie ira chercher la statue de St Martin,
gardée hors des fêtes par Martine Lambert qui occupera le bâtiment jusqu'à son décès.
la maison de l'ancien bourgmestre Lambert-Dehousse 100e maison reconstruite à Visé après 194 100e maisonj reconstruite à Vise; Lambert Dehousse bourgmestre

l'hôtel de ville

la gare

la gare

la gare
Reconstruction de la rue du Collège
Reconstruction de la rue du Collège
reconstruction de la Rue des Récollets
Reconstruction de la Rue des Récollets
Reconstruction de la Rue Basse
Reconstruction de la Rue Basse
Reconstruction de la Rue des Récollets
Reconstruction de la Rue des Récollets
Reconstruction de la Rue de la Station, auujourd'hui Rue des Francs Arquebusiers
Reconstruction de la Rue de la Station, aujourd'hui Rue des Francs Arquebusiers
Maison de M. Jacques Martin, Rue Haute
Maison de M. Jacques Martin

Rue Haute
Maison de M. Delange, Rue des Récollets
Maison de M. Delange

Rue des Récollets
Maisons de MM Coutelier-Michaux-Martin, Rue Basse
Maisons de MM. Coutelier, Michaux et Martin
Rue Basse
Maisons Martin et Roujob
Maisons Martin et Roujob

Rue Haute
Maison Paulus Anceau rue de la Station
Maison Paulus Anceau

Rue de la Station



En 1921

la Compagnie pourra reprendre ses fêtes et cortèges interrompus pendant la Grande Guerre et la reconstruction de la ville
En 1922, Thomas Cloes est remplacé au poste de tambour-major par Léonard Cordy



inauguration du monument et de la pelouse d'honneur aux victimes de 14-18 cimetière de Lorette à Visé
Le 11 novembre 1924
La compagnie assiste en même temps que les associations patriotiques,
à l'inauguration du Monument aux Morts de la Grande Guerre au cimetière de Lorette

Patriote Illustré 1924, recontruction de l'eglise de Visé. Doc Marc Poelmans

 

Cette même année 1924, le 13 avril, est posée la première pierre de la reconstruction de la Collégiale St Martin comme l'annonce le Patriotte Illustré dans son édition du 20 avril 1924

 

(doc. M. Poelmans)






En 1925, le chef de musique des Francs Arquebusiers est Jacques Rion qui habitait rue du Général Thys à Dalhem
Il le restera jusqu'en 1948 et en 1930 sera également directeur musical chez les Arbalétriers.
En tant qu'officier, il en demandera l'autorisation au comité des Francs Arquebusiers qui vu les liens d'amités avec l'ancienne gilde accepteront de bon coeur.

Il mettait ses musiciens à la disposition de la compagnie comme suit en 1934
10 hommes au Réveil
22 hommes l'avant-midi
18 hommes l'après-mide
7 hommes le soir pour animer le bal

C'est de nouveau lui qui assurera la prestation musicale de la fête de St Martin du 4 novembre 1945 sans toutefois assurer le bal pris en charge par M. Douin

En 1945 le prix pour 22 musiciens le matin était de 1650 francs, 75 francs par musicien, de 9h30 à 12h30 et de 1200 francs pour l'après-midi de 16 à 20 heures pour 15 musiciens à 20 francs de l'heure
En 1946 on le retrouve de nouveau au bal à partir de 22 heures, le cramignon se terminant seulement à 21 heures, et la compagnie lui demande de fournir 6 hommes:
piano, batterie, contrebasse, deux saxos, un trompette au pris de 40 francs l'heure par homme avant minuit et de 50 francs après minuit

Vers la suite du 20e siècle de 1925 à 1939

 

Quelques sites sur la guerre 14-18

www.mons.be www.europe14-18.eu www.antwerpen1914-1918.be www.14-18.bruxelles.be www.imagesde14-18.eu www.warvictimes.fgov.be www.1418effroyableboucherie.fr www.2014-18.brussels www.carto1418.fr www.atlas-historique.net www.artisanat-de-tranchees.fr www.unesco.org www.britishwargraves.co.uk www.cwgc.org www.asoublies1418.fr www.plugstreet1418.com www.memoiredeshommes.fr www.patrimoinedelagrandeguerre.com www.histoire-image.org www.provincedeliege.be www.1914-1918-online.net www.front-vosges-14-18.eu www.dictionnaireduchemindesdames.blogspot.be www.europeanfilmgateway.eu www.routard.com www.lencrierdupoilu.blogspot.be www.1914.couvin www.ecpad.fr www.fvoie-sacree.com www.fortiffsere.fr www.hopitauxmilitairesguerre1418.overblog.com www.grande-guerre-1418.com www.asoublies1418.fr www.marne14-18.fr www.centenaire.org www.chtimiste.com www.memorial-genweb.org www.lesfrancaisaverdun-1916.fr www.romieux.canalblog.com www.jeanluc.dron.fr www.wellrememberpops.be www.calais.fr (actes de décès, mariage, etc.) www.premiere-guerre-mondiale-1914-1918.com www.14-18.be www.museeairespace.fr www.langemark-poelkapelle.be www.tourismevosges.fr www.commemorer14-18.be www.memoire1418.org www.musée-royal-de-l'armée-et-d'histoire-militaire-belgique www.defense.gouv.fr/site-memoire-et-patrimoine www.buttedevauquois.com www.caverne-du-dragon.com www.carriere-wellington.com www.cheminsdememoiresociale.entre-soi.info www.centenaire2014.be www.surlestracesde14-18.eu www.lamerci.beHYPERLINK "javascript:void(0)" HYPERLINK "http://www.verdun-meuse.fr/"www.verdun-meuse.fr www.chemindememoire-nordpasdecalais.fr > www.catillon-sur-sambre-et-alentours.biz www.bel-memorial.org www.fransvankerchhoven.com www.piot2014-2018.com www.nordmag.fr www.collectif-artois-1914/1915.com www.jeanluc.dron.free.fr www.14-18larmesbleuhorizon.com www.153ri.free.fr www.picardie1418.com www.passioncompassion1418.com www.chemindesdames.fr > www.premiere-guerre-mondiale-1914-1918.com > www.chemindememoire.gouv.fr http://www.horizon14-18.eu www.fermedelacroixrouge.fr > www.association14-18.org > www.europeana1914-1918.eu > www.artilleur-guerre14-18.jimdo.com > www.1914-1918.be > www.inflandersfields.be > www.somme14-18.com > www.guerre1418.fr > www.historial.org > www.pages14-18.com > www.crid1418.org > www.herodote.net


dernière mise à jour:17/02/14

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