Salut hé cong !
Salut Michel.
Et quoi, quest-ce que tu nous as fait
là ?
Tu pars ainsi, sans un mot.
Pourtant cétait pas ton genre de ten
aller sans payer une dernière tournée, sans boire
un dernier coup, sans dire une dernière
connerie !
Ah Michel, quest ce qui tas bien pu faire
remonter vers le nord depuis le sud où tu étais,
comme si tavais voulu jouer "Bienvenue
chez les chtis" des années avant le film.
Nos filles et nos bières pardi !
Pourtant, tas pas pris la plus facile !
Parce que, quand on épouse une Kinet, on hérite de
la compagnie qui va avec.
Et à peine avais tu enlevé ton costume de marié
que tu tes retrouvé avec une frac sur le dos
et une buse sur la tête.
Mais tu as tout de suite
repéré où trouver ta place et tu as rejoint avec
Paul et Pierrot le corps délite des
Mousquetaires.
Les meilleurs des hommes pour qui des mots comme
honneur, fraternité, respect et fidélité ont un
sens, et quils apprécient autant que bière,
jolies femmes, rigolade et bonne bouffe.
Et de la rigolade avec toi on en a eu.
Tu avais suivi les traces d'un autre mousquetaire
venu mourir dans le coin puisque comme d'Artagnan, tu
provenais de la région de l'ancien duché de
Gascogne.
Et ces gens là ont la tête dure et le cur
impétueux.
Sil est deux airs de notre
fête quil faudrait retenir pour toi,
cest le Réveil et la Fille du tambour-major
Le Réveil parce que t'y retrouver, cétait du
soleil dès 5 heures du matin.
Ta jovialité, ta bonne humeur, et surtout le nombre
de biestreyes que tu pouvais sortir de si grand matin
à nous faire pisser de rire.
Et ça continuait pendant les
cortèges au point de se faire de temps en temps
rappeler à lordre par le capitaine commandant.
Et le soir, le cramignon, cétait ton truc toi
qui avait les houmpapa qui résonnaient dans ton
cur.
Tu nous manques, et quand
lun se trébuche on sattend toujours à
entendre ; " Lève tes pieds hé cong,
mais cest vrai, y regarde pas, y va
tomber"
Si la bonne humeur avait eu un
visage, elle aurait eu tes moustaches.
Bien sûr, toi qui n'aimais pas
les flatteries et le blingbling, tu dirais qu'il faut
arrêter de dire des compliments de toi.
Mais comment faire autrement ?
A chacune de nos rencontres, ce fut toujours un
moment agréable et tu fus toujours d'excellente
compagnie.
Et puis, tracasse pas y'en a bien qui te
trouveront des défauts, et maintenant, ils auront la
tâche d'autant plus facile puisque tu ne seras pas
là pour leur clouer le bec avec le franc parler qui
était le tien, une qualité hautement appréciable.
Tu avais un bon sens populaire, tu disais les choses
simplement, comme tu les pensais, sans emballer dans
du papier cadeau.
On boira un coup à ta santé à
la fête, parce c'est ce que tu voulais, qu'on rie et
qu'on chante quand tu t'en irais.
Là où tu es, tu as
certainement retrouvé Alfred.
Préparez une table et des chaises, et quand ce sera
notre tour et qu'on sera un peu perdu, quand on
entendra "Viens boire un coup hé cong
", on saura qu'on est arrivé.
Tu ne défilais plus avec nous
depuis un long moment, mais tu avais été des
nôtres et gardé ton âme de mousquetaire, car comme
nous en avions parlé, quand on l'a été, on le
reste.
Ton passage parmi nous fut une joie et un plaisir,
mais ce fut aussi un honneur de t'avoir au milieu de
nous.
Alors Messieurs les Mousquetaires, garde à vous,
saluez notre compagnon d'arme qui sort de nos rangs,
mais pas de nos curs.
Marc Poelmans
Commandant des mousquetaires
La plaque commémorative des membres
de la compagnie, gravée à son nom et offerte par
les Mousquetaires, a été ensuite déposée sur son
cercueil.