Un Noël à Bastogne, récit de la bataille

Le  16 décembre 1944, Hitler lance l'opération "Wacht am Rhein" et attaque dans les Ardennes Belges.

En repoussant la conscription de 16 à 60 ans pour les hommes, il parvient à mettre sur pied 25 nouvelles divisions de Volksgrenadier et affecte les plus agés au sein d'une centaine de bataillons d'unités de forteresse sur la ligne Siegfried.
Au soir du 15 décembre 1944,  il masse 240.000 hommes et pas moins de 500 blindés dont le récent Tiger II, prêts à fondre sur les divisions Américaines mises au repos en Belgique et au Luxembourg.
Son but est de prendre le port d'Anvers tout en encerclant une trentaine de divisions pour la plupart Britanniques. S'agit il d'un acte relevant de la folie pure et à tout le moins suicidaire ? c'est ce qui a souvent été avancé. Pourtant, les faits démontrent que Wacht Am Rhein était un plan particulièrement clairvoyant. Si Hitler réussi, il rejette les Anglo Canadiens à la mer et se trouve en mesure de conclure une paix séparée avec les Américains, tout comme la prise du port d'Anvers priverait les alliés de leur principale source de ravitaillement.

L'enjeu est donc capital pour l'O.K.W qui intègre pas moins de 21 divisions dont les meilleures unités blindées du moment. Sepp Dietrich prend le commandant de la 6ème Panzerarmee à qui échoit la mission principale : enfoncer les lignes Américaines par une puissante offensive blindée,  cette manoeuvre étant plus particulièrement dévolue au Kampfgruppe Peiper. Le long de la frontière Belge et Luxembourgeoise, les unités alliées ont relaché leur attention et prennent le temps de se reconditionner, ce qui est de bon augure pour l'effet de surprise escompté par Hitler. Et, cet effet de surprise sera bien réel le 16 décembre 1944. A tel point que Patton doit faire pivoter son armée de 90 degrés pour dégager les troupes Américaines prises au dépourvu et littéralement assommées par les premiers assauts de Wacht Am Rhein. . Pour autant, l'offensive d'Hitler, si judicieuse soit elle, doit être fulgurante, l'ensemble des troupes ne dispose que de 8 jours de potentiels en munitions et des réserves de carburant ne leur permettant pas le moindre faux pas. Le rétablissement du cours des évènements est à ce prix là. Si les alliés repoussent l'attaque prévue dès les premières heures du 16 décembre 1944, la route du Rhin leur est ouverte et tout espoir pour Hitler de rétablir la situation s'évanouit de manière définitive.

Dès les premières heures de l'assaut, l'effet de surprise escompté se réalise donc au delà de tout attente. Le front Américain n'est protégé que par six divisions dont trois totalement néophytes étalées sur 135 kms. Il s'agit manifestement d'une lourde erreur d'appréciation dont la conséquence immédiate est un enfoncement des lignes sur une largeur allant jusqu'à 40 kms au sud du dispositif et ce au soir du 16 décembre. Pourtant, le dramatique épisode des combats de la forêt d'Hurtgen au mois de novembre 1944 aurait du alerter le haut commandement allié tant la resistance ennemie fut âpre et sans concession (25 pour cent de pertes Américaines sur plus de 200.000 hommes engagés). L'une des rares erreurs commises par les alliés au cours de l'année 1944 fut de croire que depuis la fin de l'été 1944, où les troupes allemandes ont du retraiter dans un désordre indescriptible, le moral de l'ennemi était atteint de manière irréversible. Hurtgen aurait donc du faire office de signal d'alarme ; Or, il n'en fut rien et la préparation de Wacht Am Rhein a au contraire galvanisé davantage les unités qui s'apprêtent à jouer un coup décisif. La petite ville frontalière de Bastogne, point stratégique important par son noeud routier est menacée à tel point qu'il est décidé d'y envoyer des troupes en toute hâte avec pour seule mission de tenir et d'empêcher par tout moyen que la cité Belge ne tombe aux mains des Allemands. Ainsi, Le 17 décembre, à 13h20, le Combat  Command B de la 10e Armored  Division, qui se trouve dans la Sarre, se porte à la frontière franco-luxembougeoise, attendant de recevoir son point de destination. A 20h30, la 101e Airborne Division provisoirement commandée par le Brigadier General Mac Auliffe et stationnée alors près de Reims, reçoit également son ordre de mouvement et partira dans la nuit en camions vers les Ardennes. La plupart d'entre d'eux ne sont munis d'aucun équipement hivernal ! 

carte de l'opération Wacht Am Rheim et des positions alliées au 16 décembre 1944.  21 Divisions Allemandes fondent sur 6 divisions Américaines, certaines sont en phase de reconditionnement après de lourdes pertes durant la bataille d'Hürtgen qui durera 90 jours entre septembre et novembre 1944, d'autres n'ont jamais connu le feu. 

Le 18 décembre, à 16h00, le colonel Roberts, commandant le Combat Command B, qui a reçu ordre, le matin, de se porter à Bastogne, se présente, dans cette ville, au quartier général du VIII°Corps de Troy Middleton. Celui-ci a gardé sa raison froide malgré l’écrasement de ses divisions en ligne. Il donne à Roberts mission de bloquer immédiatement les trois accès les plus dangereux, les routes venant d’Houffalize, Saint-Vith et Wiltz. Roberts forme trois Teams forts chacun d’une compagnie d’infanterie et une de chars, un peloton de Tank Destroyers, un peloton du génie. Le Team  Desobry se rend à Noville; le Team Cherry à Longvilly ; le Team O’Hara à Wardin. Roberts maintient le reste du Combat Command B en réserve. A 18h00, un bataillon antichar qui se trouve au nord d’Aix-la-Chapelle, reçoit ordre de se rendre à Bastogne. Il commence ses mouvements à 22h40 et n'arrivera, après bien des avaries, que le lendemain  à 20h30.
 

  5ème Panzerarmee (H. Von Manteuffel)
58ème Panzerkorps
- 116ème Panzer Division
- 11ème Panzer Division
- 560ème Volksgrenadier Division
- 26ème Volksgrenadier Division
- Panzerbrigade 150

47ème Panzerkorps
2ème Panzerdivision
130 Panzer Lehr Division
352ème Volsgrenadier Division

6ème Panzerarmee (Sepp Dietrich) 

1er SS Panzerkorps
- 12ème SS Panzerdivision
- 1ère SS Panzerdivision
- 12ème Volksgrenadier Division

2ème Panzerkorps
- 2ème SS Panzerdivision
- 9ème SS Panzerdivision

66ème Armee Korps
- 18ème Volksgrenadier Division
- 62ème Volksgrenadier Division

7ème Panzerarmee
5ème Fallschirmjäger Division
276ème Volksgrenadier Division
212ème Volksgrenadier Division

Réserves blindées de l'Oberkommando der West (OKW)
- 3ème Panzergrenadier Division
- 10ème SS Panzer Division
- Furher Begleit Brigade
- Furher Grenadier Brigade

L'Obersturmbannfuhrer SS  Jochen Peiper (1ère SS Panzer Division) a été choisi pour prendre la tête d'un Kampfgruppe mis sur pied avec les effectifs du SS Panzer Regiment 1. dont l'effectif a été porté à 5000 hommes et un potentiel blindé augmenté de 42 Tiger.

Il percera rapidement jusqu'à Stavelot avant de devoir stoppper sa progression faute de carburants.

En marge de ses qualités militaires, Peiper était un pur produit du national socialisme. Nazi fanatique, sa participation à la bataille des Ardennes sera ponctuée de crimes envers la population civile et les éxécutions de prisonniers Américains désarmés.  (DR)


Tiger II du SS-Panzer-Abteilung 506, abandonné à promimité de  Villers-la-Bonne-Eau, au sud de Bastogne.
(US Nara)

Carte de l'offensive Allemande autour de Bastogne, les unités de la 101ème Airborne sont positionnées en périphérie de la ville avec dans l'ordre les 327th Glider Regiment, les 502th, 506 et 501th Parachute Infantery Regiment


A Noville, le team Desobry a résisté toute la matinée aux attaques concentriques de chars.
Le 1e bataillon du 506e régiment est arrivé en renfort. Une tentative américaine de s’emparer des hauteurs au nord de Noville échoue. Le 20 décembre, les 2e Panzer, Panzer Lehr et 26e Division Volksgrenadier commencent l’investissement de Bastogne. Au début de la matinée, une attaque allemande de chars sur Noville échoue de nouveau ; une autre, accompagnée d’infanterie, réussit.
La situation devenant critique, le 1e bataillon du 506e et le team Desobry sont autorisés à se retirer.
Le repli débute à 13h30; favorisé par le brouillard, il s’effectue à travers les lignes allemandes peu organisées. Les troupes exténuées sont concentrées au nord de Bastogne. Desobry a perdu 11 de ses 15 chars. Le 502e régiment a participé à ces actions pour favoriser le repli de Noville et pour redresser la situation à Foy. De 07h30 à 09h30,  une attaque d’infanterie avec des éléments de la 26e Division Volksgrenadier sur Bizory, échoue. Vers 12h, se produit une attaque avec chars et infanterie sur Marvie ; après des combats de rues dans le village, les allemands sont rejetés à 13h00. Vers 19h00, un rush de chars allemands sur la route Longvilly, Bastogne, est  arrêté net par une concentration d’artillerie. De19h30 à 23h00, une attaque de Neffe vers Mont subit un échec sanglant.

De 18h00 à 22h30, des combats se livrent à la limite des 501e et 506e régiments.
Les Allemands sont arrêtés, mais la liaison n’est pas assurée. Pendant ce temps, une partie de la 26e Division Volksgrenadier a exécuté un grand mouvement débordant par le sud, vers Sibret; en fin de journée, elle se heurte aux détachements américains du 327e régiment plané et du génie de la 101e Division. Aucune des trois Division allemandes du XLVIIe  Corps blindé n’a réussi à pénétrer dans Bastogne. Le 21 décembre, toutes les routes conduisant à Bastogne sont coupées. L’encerclement est complet; 45.000 hommes du XLVIIe  Corps blindé sont autour de la place défendue par 18.000 Américains ( 101e Airborne Division, Combat Command B de la 10e Armored Division, un bataillon antichar, deux bataillons d’artillerie supplémentaires de 155, débris du Combat Command R de la 9e Armored Division, quelques centaines de rescapés de la 28e Division). La Panzer Lehr va dépasser Bastogne par le sud, et la 2e Panzer par le nord; celle-ci perd un jour précieux, par l’initiative d’une compagnie du 327e régiment plané qui se porte au croisement à l’ouest de Flamierge et fait du bruit dans le brouillard, impressionnant le commandant de l ‘avant-garde de la 2e Panzer. La 26e Division Volksgrenadier, renforcée d’un régiment et de quelques éléments spéciaux de la Panzer Lehr, prend la responsabilité de l’investissement de Bastogne.

Middleton a donné le commandement de toutes les forces encerclées au général Anthony A.Mc Auliffe, commandant ad interim de la 101e Airborne Division. Ce dernier a placé les quatre régiments de la 101e sur le périmètre. 

Il garde en réserve mobile à Bastogne, le Combat Command B de la 10e Armored Division; un groupement composé d ‘éléments épars des 9e et 28e Divisions qui sont repris en main (team Snafu) constitue avec ses 600 hommes et ses quelques chars, un réservoir où les unités  en ligne pourront puiser des renforcement.
Le 22 décembre vers midi, des parlementaires allemands viennent demander la reddition de Bastogne sous menace de destruction de la ville, et reçoivent une fin de non recevoir de la part de Mc.Auliffe (Nuts). Le 23 décembre, à 17h25, après une violente préparation d’artillerie sur Marvie, due surtout  aux canons des tanks, et qui dure dix minutes, se produit une attaque d’infanterie et de chars vers la localité. Un peloton américain en saillant, sans appui de canons antichars, est encerclé et détruit. Les Allemands progressent alors sur Marvie et s’emparent des maisons à la lisière sud. Des combats de rue s’engagent et durent jusqu'à l’aube .Les chars ne peuvent progresser dans les rues étroites obstruées par des débris de véhicules américains; deux chars US sont venus en renfort. Plus à l’ouest, il y a également une pénétration  allemande, mais les assaillants ne se rendent pas compte qu’il y a une percée, et peu après minuit des renforts y rétablissent la situation. Toutefois, l’ennemi se maintient à la lisière sud de Marvie. A l’ouest de Bastogne, les Américains abandonnent, à la nuit tombante,  le saillant de Flamierge sous  la pression de l’ennemi et se replient  sur les hauteurs à l’est de Mande-Saint-Etienne. Dans l’après-midi, 241 avions parachutent à la garnison 150 tonnes d’approvisionnements dont 5% seulement sont perdus. Le 24 décembre, le ravitaillement par air continue et 100 tonnes sont déversées.


Des réfugiés Belges arrivent à Bastogne sous les yeux des troupes Américaines défendant la ville

Comme la poussée de la 4e Armored Division de la 3e Armée, en direction de Bastogne se fait sentir, le Commandement allemand décide de hâter la prise de la ville. La 26e Division  Volksgrenadier et la 15e Panzergrenadier qui vient d’arriver sur le secteur effectueront une nouvelle attaque; la 5e Division parachutiste assurera la liberté d’action de l’opération en faisant bloc face au sud. L’opération décisive s’exécutera le jour de Noël. Le 25 décembre 1944, le Commandement allemand attaque à l’ouest de Bastogne parce qu’il estime que le terrain y est plus favorable aux chars et que les Américains s’attendent moins à une action de ce côté ; l’opération s’effectuera de nuit, par crainte de la supériorité aérienne. Toujours à cause de l’approche de la 3e Armée, l’attaque débutera avant que toute la 15e Panzergrenadier ne soit à pied d’œuvre.

Les Américains partout sont en garde. Le parachutage d’approvisionnements a augmenté la confiance des troupes, qui ne se sentent plus totalement isolées. L’artillerie dont les munitions allaient à leur fin, est réapprovisionnée et le vieil artilleur qu’ est McAuliffe est convaincu que tant que les canons auront des projectiles, Bastogne tiendra. Chaque régiment en ligne a un bataillon de 105mm courts en appui. McAuliffe actionne comme réserve générale de feu, le bataillon de 105mm long du Combat Command B et 20 obusiers de 155 mm des deux bataillons d’artillerie de VIIIe Corps qu’il a pu récupérer. A 02h45, commence une préparation d’artillerie sur le front des 502e et 327e régiments; à 03h30, débute l’attaque sur Champs. Les trois compagnies A,B et C du 1e Bataillon du 502e sont disposées en profondeur.

Tiger II tourelle Henschel. Seulement utilisé en Normandie par la Sw Pz Abt 503 il sera en revanche plus présent au cours de la Bataille des Ardennes. Armé du puissant canon Pak 43 de 88 mm, il sera en revanche désavantagé par sa consommation en carburant hors normes : 600 litres aux 100 kms et surtout par son gabarit restreignant singulièrement ses déplacement en terrain encaissé ! (DR)

La 15e Panzergrenadier engage deux bataillon qui pénètrent dans Champs où commence un violent combat de rues; une brèche est également créée à la limite des 1er et 2ème bataillons du 502e . Le commandant du 2ème bataillon infléchit son extrémité gauche. Le commandant du 1e  bataillon a porté sa compagnie B au road block situé au sud de Champs, mais il ne veut pas engager cette unité dans Champs avant que le jour ne soit levé, car il est impossible de distinguer les deux adversaires; d’autre part, il a la sensation très nette qu’un coup se portera dans une autre direction; aussi n’engagera-il pas prématurément tout son monde. Il envoie néanmoins un peloton à la soudure des 1e et 2e bataillons. Dans Champs, la compagnie A, aidée de deux Tank Destroyers, résiste.

A 07h10, après une brève préparation d’artillerie concentrée dans ce secteur, un groupement chars-infanterie de la 15ème Panzergrenadier attaque le 3ème bataillon du 327ème Glider ; 18 Mark IV bourrés de fantassins, forcent, sur un front étroit, le périmètre au nord-est de Mande-Saint-Etienne; ils submergent le cordon par le feu des canons, mitrailleuses et fusils, des tanks et de l‘ infanterie montée. Bien que le 327ème soit fixé sur tout le reste du front par l’activité ennemie, le périmètre se referme dans le dos de la force blindée qui l’a percée. Devant cette menace sur son flanc et ses arrières, le commandant du 1e bataillon du 502e a mis ses compagnies B et C en garde; le vide entre ces deux unités est comblé par un détachement constitué à la hâte de tout ce qu’on trouve sous la main, y, compris les cuisiniers et dactylos de l ‘état-major du 502e qui est au château de Rolle (détachement Stone).

Les blindés allemands, après avoir percé les lignes du 327ème, se divisent en deux groupes; 7 chars poussent en direction générale de Rolle, 11 en direction d’Hemroulle. Les 7 chars du premier groupe ,montés chacun par 15 à 20 fantassins, détruisent les deux Tank Destroyers qui se trouvent à l’ouest de la compagnie C et se dirigent vers celle-ci en la soumettant au feu des tanks et des fusiliers, dont  le tir est imprécis dans le brouillard; la compagnie se replie sur une position reconnue sous le couvert des arbres, à l’orée du bois. Derrière cette position, deux Tank Destroyers sont dissimulés. A très  courte portée, fusils, bazookas, canons des Tank Destroyers, ouvrent  le feu sur les chars; les fantassins touchés tombent de leurs véhicules; 4 d’entre les 7 chars sont détruits. Leur chef dirige les autres vers le nord pour prendre Champs à revers; l’un d’entre eux s’égare vers Hemroulle où il sera capturé intact; le sixième est mis hors de combat par Stone; il n’en restera qu’un pour atteindre Champs où il sera une proie facile pour la compagnie A.

L’autre groupe de 11 chars n’est pas plus heureux. Il est soumis d’abord aux feux des Tank Destroyers en appui des compagnies du 327e et des bazookas des défenseurs du périmètre; puis il se heurte au barrage du bataillon d’artillerie en appui du 327e; 2 d’entre ces chars sont notamment arrêtés à une distance de 500 mètres d’une batterie et leurs équipages se rendent aux artilleurs qui se précipitent pour les cueillir. Sous une telle avalanche de feux multiples, les 11 chars seront également perdus.


Le Brigadier General Antony Mac Auliffe, second in command de la 101ème Airborne à Bastogne
(US Nara)

A 09 00, pas un des 18 Mark IV qui avaient franchi le périmètre n’avait échappé à son destin; pas un d’entre les hommes d’équipe ou des fantassins, n’évitera la mort ou la capture. A 15h00, Champs est nettoyé, le périmètre rétabli, son occupation modifiée. Le team Cherry de la réserve mobile, envoyé dès 08h00 par McAuliffe à Hemroulle, puis à Rolle, n’a pas dû intervenir. La seule pénétration à l’intérieur du périmètre de McAuliffe se termine donc par la destruction total des assaillants. Comme les défenseurs de Tobrouk 1941 - et à l’opposé des défenseurs de Tobrouk 1942 - McAuliffe ne s’est pas laissé influencer par l’étendue de son périmètre et s’est gardé de mettre tout son monde en ligne. Il ne disposait ni de champs de mines, ni d’aviation, mais l’échelonnement  en profondeur de la défense, la réserve mobile, la coopération infanterie-artillerie, lui ont permis d’être constamment en garde. Le 26 décembre, les Allemands renouvellent en vain leurs attaques dans le secteur ouest de Bastogne.

Depuis le 22 décembre, la 4e Armored Division poussant par trois itinéraires parallèles, se fraye un chemin  vers Bastogne, en présence d’une résistance acharnée. Le 26, à 15h00, le Combat Command R (Wendell-Blanchard) est arrivé sur les hauteurs du sud-ouest d’Assenois. A ce moment, une forte attaque aérienne au profit des défenseurs de la place, l’engage à tenter une percée en évitant Sibret qui paraît fortement occupé. Après une courte préparation d’artillerie sur Assenois, chars et infanterie entament dans le village un combat de rues qui durera jusqu’à 20h00, tandis que quelques chars s’engagent  vers Bastogne et entrent dans les lignes amies à 16h45. Avec les premiers véhicules de la 4e Armored Division arrive le général  Maxwell D. Taylor qui, dès l’annonce du départ de la 101e Airborne Division vers l’Ardenne, avait pris l’avion pour l’Europe. McAuliffe lui remet le commandement de sa grande unité qui combattra encore de nombreux jours pour le dégagement complet de Bastogne. Quoi qu'il en soit, Bastogne ne sera pas pris et Mac Auliffe est allé jusqu'à au bout de son objectif : "Nuts !" Les Airborne avaient tenu au prix de pertes énormes, l'opération Wacht Am Rhein se soldait par un échec. Dès lors, jamais Hitler ne serait en mesure de renouveller une telle opération. Les jours du IIIème Reich étaient désormais comptés. 

Source bibliographique: ‘’ La Bataille d’Ardenne ‘’ par Henri Bernard et Roger Gheyssens paru aux Editions Duculot, septembre 1984
Crédit photographique: ‘’ Bastogne – Le trou dans le beignet ‘’ par Guy F. Arend paru aux Editions Sagato en 1984 - US National Archives