| Home | visiteurs depuis septembre 2002 |
dernière mise à jour:09/09/10 |
retour page début 20e siècle |
![]() |
Les
Héros de la guerre 1914-1918 morts au champs d'honneur à Visé |
![]() |
| Auguste
Bouko Maréchal des Logis 1e
cl. Jean-Pierre Thill Maréchal des Logis 1e cl. |
||
| Louis
Maulus, soldat 12e de Ligne Prosper Van Gastel, soldat, 12e de Ligne (le récit de la bataille de Visé, cliquez ici) |
Vous
entendez la Marche de la Gendarmerie
cliquez sur les images pour agrandir
Le combat des gendarmes Bouko () , Thill (), Noerdinger, Peiffer et Boulanger à Visé.
4 août 1914, Visé.
A 13 h. 15, cinq gendarmes belges,
à vélo, arrivant de Gemmenich par Mouland, entrent dans la
ville dont le quartier nord paraît désert.
Silencieux, ils passent l'un après
l'autre, devant le collège Saint-Hadelin.
Leurs ombres se mêlent à celles des chênes qui bordent la
route.
A une centaine de mètres du carrefour, le premier lève un bras
et pousse un cri.
D'un même mouvement les cinq hommes font halte.
Les vélos sont prestement jetés sur l'accotement et chacun,
d'un coup d'épaule, fait virer le fusil chargé qu'il porte en
bandoulière.
Devant eux, une fusillade éclate dans un fracas
assourdissant.
Des centaines de soldats gris, agenouillés, couchés, debout,
braquent leur arme sur les cinq audacieux qui, au lieu de faire
demi-tour, acceptent froidement cette lutte terrible et inégale.
Scène poignante
Un genou en terre, le commandant du petit groupe s'est crânement
posté au milieu de la rue et a poussé un cri, un rugissement
qui domine le carme de la mousqueterie: " Vive le
Roi" "Vive la Belgique "
Tout autour de lui, ses hommes agenouillés dans la poussière du
chemin, se sont mis en position de tir.
Sans se soucier des balles qui s'abattent en averses drues, ils
se sont placés face aux tirailleurs ennemis, de façon que rien
n'obstrue leur champ de vision.
Leurs énormes bonnets à poils, assujettis par la jugulaire,
leur donnent l'air farouche et redoutable de vieux grognards
venus des lointains irréels de la légende.
Calmement, ils épaulent, visent, pressent la détente, ouvrent
et referment le verrou de leur mauser.
Devant eux, plus de deux cents fusils crépitent.
Le Vieux Rempart de Visé et la prairie Leers qui s'étale à
gauche du chemin, sont hérissés de casques à pointe.
Les balles allemandes passent en rafales, raclent la route,
écorcent les arbres, arrachent des flocons de poussière rouge
aux murs en briques de la maison Brouwers.
L'abbé Goffin, directeur
du collège Saint-Hadelin, attiré par le bruit de la
fusillade, accourt.
A peine a-t-il pu se rendre compte de l'effroyable combat où
sont engagés les cinq gendarmes belges, qu'il voit l'un d'eux
tomber lourdement à la renverse.
Le prêtre se précipite, se penche sur le moribond, le prend
délicatement entre ses bras et sur sa pauvre figure déjà
figée dans la pâleur de la mort, trace un grand signe de croix.
Puis, se retournant vers les autres tireurs, il leur crie:
"Dites votre acte de contrition, je vais vous donner
l'absolution".
Vision d'épopée où passe le souffle exaltant de l'idéalisme
chrétien.
Comme les preux d'autrefois, les quatre héros dédient à Dieu
les derniers battements de leur grand cur.
Tout en chargeant et déchargeant leur mauser, posément, sans
précipitation, ils prononcent d'une voix vibrante les paroles de
repentir qui sont les paroles d'adieu à la vie:
"Mon Seigneur et mon Dieu, je suis triste et repentant...."
Les verrous des fusils s'ouvrent et se referment avec de brusques
grincements métalliques.
Les détonations fusent de toutes parts, hachant, de courtes
interruptions, l'émouvante prière qui s'égrène
imperturbablement et monte vers le ciel comme un appel
pathétique.
"...mais surtout parce que vous êtes infiniment bon...."
La ronde sinistre des balles s'affole.
La tempête de feu qui s'acharne sur les quatre hommes
s'exaspère en un tumulte dément.
Sur le bord de la route, debout, tête nue, indifférent à la
mort qui le frôle, le prêtre lève les yeux au ciel, et
lentement trace le signe de la rédemption sur ses quatre
compatriotes
"Ego vos absolvo..."
A ce moment, un cri perçant jaillit dans le vacarme.
Le gendarme agenouillé près de la maison Brouwers, vient de
laisser choir son fusil.
Du côté gauche de sa tunique, un jet de sang gicle et ruisselle
en longues traînées rouges sur le mur de l'immeuble.
Une balle lui a sectionné l'aorte.
Le malheureux s'affaisse doucement, la face contre terre.
Ils ne sont plus que trois... Trois... en face des masses qui
submergent Visé.
Vont-ils abandonner la lutte, se glisser dans le fossé qui longe
la route et battre en retrait vers le nord ?
Ou bien l'honneur de leurs armes étant sauf, vont-ils s'incliner
devant l'écrasante supériorité numérique de l'adversaire et
accepter le sort pénible de captivité ?
La mort est là qui passe sans cesse et fait siffler ses
ricanements et ses menaces.
Mais ici, ce n est pas l'esprit qui raisonne et pèse les
risques, c'est le cur, palpitant de fièvre héroïque, qui
déclenche les réflexes.
La lutte désespérée continue
Ils ne sont plus que trois...
Leurs silhouettes noires se détachent en cibles nettes sur la
blancheur de la route
Pas un ne bouge, ne se déplace pour se mettre hors d'atteinte.
On dirait trois statues scellées dans le sol si ce n'étaient
les mouvements prompts et nerveux des braves qui, après chaque
coup, retirent le verrou du fusil ajustent l'arme à hauteur de
la joue droite.
A certains moments, les mains plongent dans les cartouchières
cuir noir fixées au ceinturon et qui, peu à peu, se vident.
Autour de chaque tireur, les douilles fumantes s'accumulent.
Les Allemands, exaspérés par la folle témérité de trois
adversaires qui semblent narguer leurs centaines de fusils,
mettent une mitrailleuse en batterie.
Bientôt, un crépitement régulier domine le tohu-bohu de la
fusillade...
Tacatac...
Une rafale atteint en plein ventre un des trois Belges.
L'homme s'écroule, plié en deux, et se contorsionne dans la
poussière du chemin, en poussant des hurlements de douleur.
Peu après, un autre se rejette brusquement en arrière, s'abrite
la tête de l'avant-bras droit comme pour esquiver le coup,
lâche son fusil et s'affale, grièvement blessé.
Le troisième brûle ses dernières cartouches, il va se relever
lorsqu'une balle lui fracasse le genou et le cloue au sol.
Alors seulement, la tragique empoignade prit fin.

Deux morts et trois blessés restent sur le terrain.
Grâce à l'admirable dévouement de l'abbé Goffin, les
blessés, après de longs mois de traitement, se rétabliront et
iront reprendre le combat sur l'Yser.
Boulanger sera prisonnier des allemands à partir du 4 août 1914
et rentrera de captivité le 31 décembre 1918.
Noerdinger sera soigné en pays occupé puis rejoindra l'armée
en passant par les Pays-Bas.
Tels furent les premiers de "Ceux de
Liège".
Ils s'appelaient:
Auguste Bouko ()
Jean-PierreThill ()
Henri Noerdinger
Nicolas Peiffer
Eugène Boulanger
Cet effort impuissant, mais sublime d'abnégation et
d'héroïsme, préfigure, de façon saisissante,
la résistance belge à l'invasion
texte extrait de "Ceux de Liège"

Ils
étaient de la race de ces hommes courageux qui n'écoutaient que
leur devoir, que leur honneur et leur sens patriotique.
Des mots qui aujourd'hui n'ont plus beaucoup de sens pour nombre
de gens.
Ils ont combattu et sont morts pour la liberté de leur pays,
parce qu'ils aimaient leur pays.
Leurs carrières, cliquez sur les images pour agrandir
En 1920
le 19 septembre, un monument est inauguré devant La Poste,en
présence de toute la population, pour rappeler le sacrifice de
Bouko et Thill

Ce monument sera détruit en 1942 par les allemands et remplacé
après la guerre par un monument plus petit situé au même
endroit


Les fusils de Bouko et Thill sont visibles au musée de Visé,
bizarrement, les crosses avaient été démontées et se
trouvaient chez Martine Lambert rue du collège.
Lors du décès de cette dernière on ne sait ce qu'elles sont
devenues.
L'uniforme de Bouko se trouve au musée de l'Armée de Bruxelles
et le bonnet à poils de Thill qui était entaché de sang, au
Musée de la Gendarmerie
Texte en néérlandais extrait de http://blog.seniorennet.be/rijkswacht/archief.php?startdatum=1156716000&stopdatum=1157320800
4 augustus 1914 - WEZET
GEMMENICH:
Opperwachtmeester NOERDINGER staat er aan het hoofd van
een brigade van vijf man, versterkt met enkele afgedeelden van
brigades uit het binnenland.
Het zijn deze Rijkswachters die op 25 km vóór de Belgische
verdedigingslinie de eerste getuigen van de vijandelijke inval
zullen zijn, helaas ook de eerste slachtoffers.
Te 8 uur werd de aandacht van de wachtmeesters THILL en HENRION,
die de wacht optrokken aan de grens, gewekt door snel naderbij
komend hoefgetrappel. Plots daagde een huzarenpeloton op.
THILL kende de consignes en deed twee passen voorwaarts. De
Duitse officier bracht met een breed gebaar zijn troep tot staan
en reed de gendarmen tegemoet.
HALT. Belgische grens! beval THILL.
Dat weet ik antwoordde de Duitser.
Toen stapte de Duitser van zijn paard , nam een papier uit zijn
kaartentas en las de proclamatie van de Duitse opperbevelhebber
voor: de Duitsers vragen de vrije doortocht door BELGIE naar
FRANKRIJK.
De Duitse luitenant klimt terug op zijn paard en trekt minachtend
voorbij de Rijkswachters wier taak is niet te vechten, maar
inlichtingen te verzamelen.
Wachtmeester BECHET heeft van op afstand het toneel
gadegeslagen en weet hoe laat het is.
Hij fietst zo vlug mogelijk naar de brigade waar hij
opperwachtmeester NOERDINGER inlicht.
Deze seint onmiddellijk de inlichtingen over en trekt zich met
zijn manschappen, overeenkomstig zijn opdracht, terug op
MOELINGEN.
De wachtmeesters THILL en HENRION hebben de Duitse
voorspits laten voorbijtrekken en fietsen via binnenwegen naar
MOELINGEN. Hijgend en zwetend onder hun berenmuts bereiken de
gendarmen de MAAS. Hier zijn echter alle bruggen vernield.
Er zijn twee mogelijkheden: vluchten naar het nabijgelegen
NEDERLAND of de strijd verder zetten.
Zij kiezen voor het laatste en bereiken samen met hun andere
collegas van de brigade om 13.00 uur WEZET.
WEZET is op dat ogenblik reeds bezet door de Duitsers.
Pater GOFFIN, die daar een verpleegpost heeft, tracht hen
nog te waarschuwen maar te laat.
Wanneer de eerste wielrijder het kruispunt van de Moelingenstraat
en de Dodémontstraat oprijdt, weerklinken er schoten.
Wachtmeester BOUKO stuikt ten gronde.
Op bevel van opperwachtmeester NOERDINGER hebben de
rijkswachters zich in schietstelling ontplooid en beantwoorden
het vuur.
Pater GOFFIN heeft BOUKO zien vallen en buigt zich
over de dode en zegent hem. De priester zit nu tussen twee vuren,
doch stoïcijns keert hij zich naar de gendarmen en steekt de
armen op en geeft hen de absolutie.
Wachtmeester PEIFFER, die aan de knie en de kuit is
geraakt, sleept zich naar de berm.
De munitie van zijn geweer is op, maar hij blijft vuren met zijn
pistool.
Wachtmeester THILL valt neer met een doorboorde keel. Hij
tracht het bloeden nog te stelpen met zijn zakdoek maar enkele
ogenblikken later is hij doodgebloed.
NOERDINGER,JUSTIN, BOULANGER en PEIFFER
kunnen zich terugtrekken in de post van pater GOFFIN.
Met zijn hulp kunnen de gewonde rijkswachters vluchten via
NEDERLAND en zich later terug bij het leger voegen.
Auguste BOUKO was 51 jaar en had 30 jaren dienst bij de
Rijkswacht.
Jean THILL was 31 jaar en 8 jaar gendarm.
De met bloed doordrenkte berenmuts van wachtmeester THILL
is nog steeds te zien in het Museum van de Rijkswacht te BRUSSEL.
Het uniform van wachtmeester BOUKO bevindt zich in het
Koninklijk Museum van het Leger te BRUSSEL.
04-08-1999 Julien Faes
(bron : De geschiedenis van de Rijkswacht - deel 2)
London,
Aug 31 - A Reuter dispatch to Ostend says that a small party
which has just returned from a visit to Liege describes the
destruction wrought by the war as appalling.
All along the road to Vise, said one of the party,
there was nothing to be seen but walls blackened by smoke,
the remains of factories burned, and mounds of earth freshly dug
- the sepulchre of the first Germans to fall.
And then comes Vise. What a painful sight for those who knew the proud city, so typical of Walloon gayety, and now nothing but a mass of ruins, while many of the inhabitants lie all over the place, their chests riddled with bullets! I was told here that the natives were put to work building roads for the invaders from Vise to Aix-la-Chapelle.
On the way to Argenteau we met a procession of able-bodied men marching four abreast and commanded by a non-commissioned officer, all carrying implements for road and trench building. These men have to submit to discipline Draconian in severity.
Herstal, usually filled with the busy hum of activity in factories, coal mines, and workships, we found plunged into deathly silence.
At last we entered Liege.The inhabitants stood
at the thresholds of their homes, silent and anxious, but afraid
to speak. The streets in the middle of the town wore a deplorable
aspect. Many houses had been abandoned. Their doors and windows
were shattered and their contents had been removed.
Nobody but soldiers were to be seen. The Place de
lUniversite, the Rue des Pitteurs, and the Quai des
Pecheurs had been burned.
The New York Times, 1 septembre 1914
Une heure plus tard nouveau combat, d'une rive à l'autre de la Meuse.
![]() |
Les deux premiers fantassins belges
morts à Visé peu après les gendarmes Louis Maulus, soldat 12e de Ligne |
||
Nous cherchons des souvenirs de Prosper Van Gastel et de Louis Maulus merci de contacter Marc Poelmans Merci au 1er Caporal-chef Meurée du 12e de
Ligne de Spa |
|||
©Marc Poelmans
Home Retour au sommaire
dernière mise à jour:09/09/10