Les Arquebusiers de Visé - le 18e siècle
Le siècle de la Révolution française et de la fin de l'Ancien Régime

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Vous entendez le Chant du Départ hymne de l'Empire et de la République
Auteur : Marie-Joseph Chénier Compositeur : Étienne Nicolas Méhul
Le chant est exécuté pour la première fois le 14 juillet 1794. Il est distribué à 18 000 exemplaires aux 14 armées de la République.
C'est un air populaire exécuté entre autres lors des fêtes des Anciens-Arquebusiers,et il a bien sa place en référence à la reprise des activités de la gilde en 1803 juste après la révolution,
mais quand on sait que le refrain dit "la République nous appelle...", c'est un peu contradictoire pour une compagnie fière de son titre de "Royale"...

Il est suivi de La Marseillaise

Home Retour au 17e siècle Vers le 19e siècle dernière mise à jour:07/06/10

Le tir à l'oiseau était un excellent entrainement.
d'autant plus que mettre l'oiseau à terre pouvait parfois prendre plusieurs jours
et il se terminait toujours dans la fête et la liesse... et la bière y coulait généreusement,
Tradition bien sympathique qui s'est perpétuée jusqu'à aujourd'hui.
L'entrainement au tir et la participation au tir au papegai faisaient d'ailleurs partie des statuts originaux de la gilde.

Il était parfois remplacé par un tir à la cible qu'on appelle communément "berceau" terme dérivé de "beursault"du vieux mot français bersail : but ou cible du tireur, qui a aussi donné bersailler ou bercer qui signifiait bander ou tirer son arc.
On retrouve la même étymologie dans l'armée italienne les
Bersaglieri (en français Bersagliers ou même Bersalliers qui signifie tirailleur)
Le tir sur cible à l'horizontale était plus facile à mettre en place et moins dangereux puisque souvent une butte de terre retenait flèches, carreaux ou balles..

Visé en 1625

Cette vue de Visé vers 1625 montre tout à droite le paldiet sur lequel arbalétriers et arquebusiers tiraient.
Il est situé hors de la ville pour d'évidentes raisons de sécurité: carreaux ou balles qui retombent mais aussi danger de mettre le feu à la cité construite principalement en bois, en tirant à la poudre noire et en se promenant avec des mèches continuellement allumées

On peut aisément imaginer sa hauteur en fonction du clocher de la Collégiale toute proche

1709,

Joseph 1er de Habsbourg, empereur germanique Joseph Ier de Habsbourg
(1678-1711)
- fils du précédent -

Archiduc d'Autriche,
Roi de Bohême,
Roi de Hongrie
Roi des Romains (1690), puis Empereur Germanique (1709)
arlms de Joseph 1er de Habsbourg

1711

Charles VI de Habsbourg empereur germanique Charles VI de Habsbourg
(1685-1740)
- frère du précédent -
Archiduc d'Autriche,
Roi de Bohême,
Roi de Hongrie
Empereur Germanique (1711)
armes de Charles VI de Habsbourg empereur germanique

En 1713,
au lieu-dit "les Xhorres", dans le quartier de Souvré à l'entrée de la ville, un paldiet pour le tir au papegai est inauguré

cliquer pour agrandir certaines images

image extraite des Statuts des Archers d'Avignon 17e siècle
Archers à Avignon au 17e siècle

Arquebusiers au Tir au papegay, Rennes 16e siècle

Arquebusiers à Rennes en 1532

Paldiet à Lille au 18e siècle
Archers à Lille au 17e siècle
Paldiet dans les Flandres au 17e siècle
Archers dans les Flandres au 17e siècle

Ce site était partagé avec les Arbalétriers qui pratiquaient aussi le tir à l'oiseau depuis longtemps
Il faut savoir que c'était un mât de parfois plusieurs dizaines de mètres de haut qui pouvait atteindre 45 à 50 mètres.
On utilisait par ailleurs souvent un mât de bateau.
Le papegay de Montzen
Montzen (Province de Liège)
l'oiseau, papegai, à Montzen, avant le tir tir à l'oiseau, papegai, à Montzen l'oiseau, papegai, à Montzen, en cours de tir à moitié détruit
Ce tir est encore pratiqué aujourd'hui par certaines compagnies, surtout des archers qui tirent à la verticale, mais il devient de plus en plus rare avec les armes à feu qui nécessitent une grande aire de dégagement.
A Montzen par exemple (province de Liège), où la fête à lieu en août,
le mât de la société de tir fait une dizaine de mètres de haut.

Les Francs Arquebusiers on réintroduit cette sympathique tradition depuis 2008.
Lors de la soirée des jeunes organisée sur l'Ile Robinson le vendredi précédent la fête de juillet, un mât d'une dizaine de mètres de haut est dressé avec un papegay à son sommet. Le tir se fait à la 4,5mm, ce qui est assez léger comme calibre.
C'est le conservateur du musée qui se charge de confectionner le papegay qui la première année se montra particulièrement résistant.


Collier du Roy de Montzen le collier au papegai de Montzen
Le vainqueur recevait souvent un collier de Roy avec un papegai,
et une nouvelle médaille avec le nom de chaque roi y était ajoutée chaque année

Collier du Roy de Hombourg daté de 1757 Le collier de la milice de Lessines
Hombourg, Lessines, Remersdael
Le papegay de Remersdael
A Visé toutefois, seuls quelques placards ont été rassemblés pour faire un collier,
aucune médaille n'a été rajoutée depuis des siècles
Le Collier de l'Empereur des Francs Arquebusiers, placard central St Martin Le collier de l'Empereur des Francs Arquebusiers
Le collier de l'Empereur des Francs Arquebusiers
Pièce d'orfèvrerie de la fin du 16e siècle (ou début 17e) , en argent ciselé orné de cabochons de pierres précieuses et de verre taillé.

Au centre, l'Empereur des Anciens-Arquebusiers (M. Lehaen), le Roy des Anciens-Arbalétriers (M. Perot) et l'empereur des Francs-Arquebusiers (M. Humblet)
Les trois gildes de Visé rassemblées lors de l'émission "double 7" de la RTBF-Charleroi
le 21 mars 1989

Martin Lehaen Empereur des Anciens Arquebusiers de Visé en 2003 Emission de la RTBF Double 7. Collier des Roy des Arbalétriers et des Empereurs des Anciens Arquebusiers et Francs Arquebusiers M. Ronday Roy des Anciens Arbalétriers de Visé en 2003
Le papegai était parfois aussi placé sur une butte en terre qui retenait les balles
Collier au papegay des archers de St SymporienCollier au papegay des archers de St Symporien
Collier du Roy de St Symphorien
voir aussi

L'entrainement
Le tir à l'oiseau
Les prix de tir

Georges-Louis de Berghes Prince évêque de Liège

Georges-Louis de Bergues
1724-1743


Né le 5 septembre 1662. Fils d'Eugène de Glymes, dit de Berghes. Ancien colonel de cavalerie au service des Pays-Bas espagnols.. Chanoine de Saint-Lambert, le 17 décembre 1695. Élu évêque de Liège, le 7 février 1724.
Eut pour compétiteur l'archevêque de Cologne Clément-Auguste de Bavière, neveu du prélat précédent, le cardinal prince de Saxe et le prince de la Tour d'Auvergne, archevêque de Vienne en Dauphiné.
Le chapitre n'aurait plus voulu de prélat absent continuellement et aurait porté ses suffrages sur un candidat du pays, disposé à fixer sa résidence  dans le pays.
Défend avec ténacité les droits territoriaux du pays de Liège contre des empiétements des Pays-Bas Autrichiens.

armes de Georges-Louis de Berghes Prince évêque de Liège
Georges-Louis de Bergues
1724-1743

1730
Le paldiet est détruit par une tempête,
reconstruit en 1755, il restera en usage jusqu'au milieu du 19e siècle.

Jean-Théodore de Bavière Prince évêque de Liège

Jean Théodore de Bavière
1744-1763

Né le 3 septembre 1703. Fils de Maximilien-Emmanuel, Électeur de Bavière, et de Thérèse Cunégonde, Charlotte Sobieski, fille de Jean III (1674-1696), roi de Pologne. Frère de l'empereur Charles de Bavière (1711-1740). Fit ses études à l'université d'Ingelstadt du 12 septembre 1719 au 17 mars 1721, puis à l'université de Sienne. Évêque de Ratisbonne le 29 juillet 1719, suite à la renonciation de son frère Clément-Auguste, archevêque de Cologne. Évêque de Freisingen en 1730. Chanoine de Saint-Lambert en 1738. Élu à l'unanimité évêque de Liège, le 23 janvier 1744. Inauguré le 10 mars, après la signature d'une capitulation. Nommé cardinal par le pape Benoît XIV (1740-1758),  le 17 janvier 1746.

armes de Jean-Théodore de Bavière Prince évêque de Liège

Jean Théodore de Bavière
1744-1763


Visé par Leloup en 1735
Visé en 1735 par Remacle Leloup

1742

Charles VII de Wittelsbach, empereur germanique

Charles VII de Wittelsbach
(1697-1745)
- gendre de Joseph Ier -

Electeur de Bavière
Empereur Germanique (1742)

Charles VII de Wittelsbach, empereur germanique

1745

François Ier Etienne de Lorraine, empereur germanique François Ier Etienne de Lorraine
(1708-1765)
- gendre de Charles VI -

Duc de Lorraine,
puis Grand-Duc de Toscane
Empereur Germanique (1745)


Les heurts entre le deux gildes ne sont pas terminés, loin de là
en 1747
le notaire Dossin enregistre, à la réquisition des Arbalétriers, que:
"Jacques Dossin a vu, dans la maison du sieur Delvigne où s'étaient retirés les officiers des harquebusiers,
le sieur Risack, tirer hors de l'allée de la maison, un coup d'arme à feue et jeter des pierres dans les fenêtres"

Charles Nicolas d'Outrelmont Prince évêque de Liège

Charles Nicolas d'Outrelmont
1763-1771

Né le 26 juin 1716, au château de Warfusée. Fils de François-Paul-Émile, comte d'Oultremont et de Marie-Isabelle de Bavière de Schagen, comtesse de Warfusée. Fit ses études à l'université de Reims et au collège Louis-le-Grand à Paris. Nommé chanoine de Saint-Lambert en 1733 ou 1737 par le pape Clément XII (1730-1740).
Élu, le 20 avril 1763, par 31 voix contre 19 au Prince Clément de Saxe, fils d'Auguste III (1735-1763), roi de Pologne, soutenu par l'Autriche et la France.
Validité de l'élection contestée, mais confirmée par le pape Clément XIII (1758-1769), le 30 mai 1763. Inauguré le 10 juin, après la signature d'une capitulation.
Il laissa le gouvernement du pays à son frère, le comte Jean de Wégimont et à sa famille
.

armes de Charles Nicolas d'Outrelmont Prince évêque de Liège
Charles Nicolas d'Outrelmont
1763-1771

En 1757
La Principaute de Liege et le Duche de Limbourg. Par le Sr. Robert de Vaugondy Geographe ordinaire du Roi
Atlas Universel, Par M. Robert Geographe ordinaire du Roy, et Par M. Robert De Vaugondy son fils Geographe ord. du Roy, et de S. M. Polonoise, Duc de Lorraine et de Bar, et Associe de L'Academie Royale des Sciences et belles Lettres de Nancy, Avec Privilege Du Roy, 1757. A Paris, Chez Les Auteurs ,Quay de l'Horloge du Palais, Boudet Libraire Imprimeur du Roi, rue St. Jacques. Grave par Ch. Baquoy. J. Oger Scripsit...

Carte de la Principaute de Liège en 1754 Extrait région de Visé

Carte complète de la Principauté de Liège
On voit que Visé est un tout petit territoire à l'extrémité
Cliquer sur l'image pour agrandir (attention format XXL 150cm, 30Mo)
Carte de la Principaute de Liège en 1754

oseph II de Habsbourg-Lorraine., empereur germanique Joseph II de Habsbourg-Lorraine
(1741-1790)
- fils du précédent -

Archiduc d'Autriche,
Roi de Bohême,
Roi de Hongrie
Empereur Germanique (1765)
armes de Joseph II de Habsbourg



François-Charles de Velbruck Prince-évêque de Liège

François-Charles de Velbruck
1772-1784

Né le 11 juin 1719, près de Dusseldorf. Fils de Maximilien-Henri, comte de Velbruck, et de Marie-Anne de Wachtendonck de Germenseil. Fit des études universitaires en Allemagne. Remplaça son frère Adam, en 1735, à Saint-Lambert. Élu à l'unanimité, le 16 janvier 1772. Entrée solennelle le 24 mars 1772. Diacre, le 20 avril, prêtre, le 26, sacré évêque, le 3 mai, par le suffragant d'Arberg.
Très ouvert aux arts, en 1779 il fonde la Société d'Emulation, qui a pour but de favoriser le développement des lettres, des sciences et des arts et qui devient la tribune de propagande des idées philosophiques.
On y trouve les ouvrages de Rousseau, Diderot, Voltaire..etc;

armes de François-Charles de Velbruck Prince-évêque de Liège
François-Charles de Velbruck
1772-1784


Art militaire, exercices de l'infanterie, Encyclopédie Diderot et d'Alambert Art militaire, exercices de l'infanterie, Encyclopédie Diderot et d'Alambert

Si l'arquebuse ou le mousquet à mèche subsistent, on voit de plus en plus d'armes à silex,
le meilleur étant le modèle 1777 français concurrencé par le Brown Bess anglais
Liège est devenu un centre de manufacture des armes renommé

mise à feu à silex, platine à chenapan mise à feu à silex, platine à silex

Art militaire, exercices de l'infanterie, Encyclopédie Diderot et d'AlambertArt militaire, exercices de l'infanterie, Encyclopédie Diderot et d'Alambert

Le prince-évêque François-Charles de Velbruck (1772-1784), esprit émancipé, se montre favorable aux philosophes et laisse se répandre les idées nouvelles.
C'est même de la société «Emulation», qu'il fonde en 1779 pour encourager le goût des arts, des lettres et des sciences, que sortiront certains chefs de la révolte.

Car la révolte gronde déjà.
Depuis 1684, le pouvoir appartient au prince-évêque, aux chanoines de la
cathédrale Saint-Lambert et à l'aristocratie.
Le bas clergé, la petite noblesse, la bourgeoisie industrielle, les ouvriers, les paysans, ne participent donc pas à la gestion des affaires publiques.
En outre, la situation du petit peuple n'est guère enviable; le chômage et la mendicité sévissent; des voix s'élèvent pour réclamer plus des changements politiques et davantage de justice sociale.

En 1784, c'est César-Constantin-François de Hoensbroeck qui devient prince-évêque.
Hostile à toute réforme, ce souverain autoritaire attise la rébellion qui couve.

César Constantin François de Hoensbroeck Prince-évêque de Liège

César Constantin François
de Hoensbroeck
1784-1792

Né le 28 août 1724, au château d'Oest, à Buers. Fils d'Ulric Antoine, comte de Hoensbroech, et d'Anne, comtesse de Nesselrode d'Elneshoven. Fit ses études à l'université d'Heidelberg. Chanoine écolâtre de Notre-Dame, à Aix-la-Chapelle.
Chancelier du prince Charles d'Oultremont.
Élu par acclamation, le 21 juillet 1784. Fit son entrée solennelle, le 23 août 1784. Sacré évêque, le 19 décembre 1784. 

armes de César Constantin François de Hoensbroeck Prince-évêque de Liège
César Constantin François
de Hoensbroeck
1784-1792

En juin 1787, Hoensbroeck envoie à Spa deux cents hommes et deux canons pour faire fermer une maison de jeu.
L'événement et le long procès qui s'ensuit sont le prétexte d'un regain de contestation, et la
Révolution qui éclate à Paris en juillet 1789 achève d'échauffer les ardeurs.

Le 18 août 1789, Jean-Nicolas Bassenge et d'autres démocrates se rendent à l'hôtel de ville.
Ils réclament la démission des magistrats en place et font nommer des bourgmestres populaires: Jacques-Joseph Fabry et Jean-Remy de Chestret. La citadelle de Sainte-Walburge tombe aux mains des insurgés. Hoensbroeck est ramené de son château de Seraing pour ratifier la nomination des nouveaux édiles et abolir le règlement tant contesté de 1684.

Mais il ne s'agit là que d'une ruse. Quelques jours plus tard, le 26 août 1789, le tyran s'enfuit à Trèves, en Allemagne. Le tribunal de l'Empire condamnera l'insurrection liégeoise et ordonnera le rétablissement de l'ancien régime dans la principauté de Liège.

En attendant, les Etats du pays de Liège préparent une Constitution dans laquelle on trouve notamment l'égalité de tous devant l'impôt, l'élection des députés par le peuple et la liberté du travail.


1789,

La Révolution française portera ses effets jusque dans la principauté:

GAZETTE DE LIEGE
De Liege, le 20 août 1789.

    La révolution qui vient de s'opérer dans notre gouvernement, offre un de ces grands traits qui peignent tout à la fois, & l'énergie d'un Peuple qui réclame fes droits, & la juftice du Prince qui fe rend aux voeux des citoyens.
  
Le trop fameux règlement de 1684, étoit devenu un fujet de troubles parmi nous; établi & foutenu par la force, la nation demandoit qu'il fût aboli, & il l'a été le 18 de ce mois, jour mémorable où SON ALTESSE a pu s'affurer, par les acclamations & les tranfports de son peuple, combien elle en était aimée.
   Dès le matin, les citoyens s'étaient tranfportés à l'hôtel-de-ville pour y former une nouvelle Régence, & à l'inftant même elle fut faite par acclamation. Les deux nouveaux Bourgmeftres font MM. de Fabry & de Cheftret, auxquels on donna deux co-Régens, MM. de Laffence & de Cologne. Un nouveau Confeil a été formé fur le champ. Auffi-tôt une Milice Bourgeoife a pris la cocarde nationale, ainfi que les Citoyens de toutes les claffes; & un cortège immenfe marchant fous des drapeaux eft allé au devant de S.A., qui entra dans la capitale au milieu des cris de joie & des bénédictions de tout un peuple.
On avoit ôté les chevaux de la voiture, & chacun fe difputoit l'honneur de conduire fon Prince à l'hôtel-de-ville, où il donna la fanction à tout ce qui s'était fait pendant la journée. Il faut avoir été témoin de cette révolution pour s'en faire une idée. Jamais peut-être les fentimens de l'alégreffe univerfelle n'ont éclaté avec autant de vrai patriotifme. Les divifions, les partis oppofés fe font réunis, pour ne plus former qu'un peuple d'amis, de frères. Et ce qui rendra cette journée fameufe dans l'hiftoire, unique peut-être, dans les annales des nations, c'eft qu'elle ne coûte pas une larme à l'humanité..... le fang n'a pas fouillé le triomphe du patriotifme !
   Hier à trois heures après-midi, toute la Milice Bourgeoife s'eft rendue à la cathédrale, pour y affifter au te Deum, chanté en action de grâces de cette heureufe & mémorable journée

Mais en cette année 1789, les puissances du Cercle de Westphalie interviennent pour restaurer l'autorité du prince évêque.
Le 12 janvier 1791 les troupes autrichiennes sont à Liège et rétablissent de Hoensbroeck alors que les dirigeants liégeois s'exilent à Paris.
Les Prussiens du général Baron von Schlieffen, chargés de médiation entre les révolutionnaires et le Cercle de Westphalie, occupent la citadelle.
Huy, Spa, Verviers, Tongres, Saint-Trond et Hasselt également occupées.
Soumission de toutes les villes flamandes, sauf Tongres, qui rétablissent les magistrats dépossédés.
La Chambre impériale de Wetzlar ordonne le rétablissement de l'ancien régime dans la principauté et charge la direction du Cercle de Westphalie d'une exécution immédiate de ses sentences, mais le roi de Prusse en suspend l'exécution, menaçant de laisser la révolution suivre son cours, en retirant ses troupes, si le prince-évêque n'était pas disposé à accorder entre autres une amnistie et la liberté dans l'élection des bourgmestres.Les volontaires liégeois, qui affrontent l'ennemi en entonnant le " 
Valeureux Liégeois " de l'abbé Ramoux, ne peuvent contenir évidemment pas l'armée autrichienne, qui entre à Liège le 12 janvier 1791. Le prince-évêque Hoensbroeck récupère son trône et procède à de nombreuses représailles. Une grande partie des patriotes liégeois sont obligés de trouver refuge en France.

Léopold II de Habsbourg-Lorraine, empereur germanique Léopold II de Habsbourg-Lorraine
(1747-1792)
- frère du précédent -

Archiduc d'Autriche,
Grand-Duc de Toscane,
puis Roi de Bohême,
Roi de Hongrie
Empereur Germanique (1790)
zarmes fe Léopold II de Habsbourg-Lorraine

1792
Mort de Hoensbroeck.
Son successeur est le Comte de Méan

François Antoine de Méan, dernier prince-évêque de Liège

François Antoine de Méan
1792-1794

Né le 6 juillet 1756, au château de Saive, près de Liège.
Deuxième fils de François-Antoine, comte de Méan de Beaurieux et du Saint-Empire, chambellan de l'archevêque-électeur de Cologne, et de Anne-Elisabeth-Françoise, comtesse de Hoensbroeck, sœur du Prince-Évêque précédent.
Suivit les cours de philosophie à l'université de Louvain.
Étudia le droit romain et le droit canon à l'université de Mayence.
Fréquenta les universités de Douai et de Nancy.
Fut reçu à Saint-Lambert, le 28 mai 1777.
Reçut la prêtrise en 1785. Fut suffragant de son oncle, le 19 février 1786. Prévôt de Saint-Martin, le 1er mars 1788 
Archidiacre de Brabant, le 12 décembre 1791.
Élu à l'unanimité, le 16 août 1792.
Confirmation du pape, le 3 septembre 1792.
Devient le premier primat de Belgique le 28 juillet 1817.
Mort à Malines le 25 janvier 1831.

armes de François Antoine de Méan, dernier prince-évêque de Liège
François Antoine de Méan
1792-1794

Fin du Saint Emprire Romain Germanique

François II de Habsbourg-Lorraine,empereur germanique ou François 1er d'Autriche François II de Habsbourg-Lorraine
(1768-1835)
- fils du précédent -

Archiduc d'Autriche,
Roi de Bohême,
Roi de Hongrie
Dernier Empereur Germanique (1792), puis Empereur d'Autriche (1804)
sous le titre de François 1er d'Autriche
armes de François II de Habsbourg-Lorraine


  'L'arquebusier', par Jean Louis Ernest Meissonier

En 1792 la république est proclamée en France.
Le 6 novembre 1792, le général français
Dumouriez inflige à Jemappes une lourde défaite aux Autrichiens;
il entre à Liège le 28, au milieu de l'enthousiasme populaire alors que s'établit une république démocratique.
Les patriotes exilés lors du retour de Hoensbroeck rentrent avec l'armée française, tandis que s'enfuit François-Antoine-Marie de Méan

Le 17 février 1793, une assemblée nationale liégeoise élues par les citoyens de dix-huit ans décide la réunion de la principauté à la France.
Mais en mars, l'armée française est vaincue à
Neerwinden: les Autrichiens réoccupent Liège et ramène le prince-évêque Méan.

Cette seconde restauration est de courte durée.
Le 26 juin 1794, les troupes républicaines remportent la victoire de
Fleurus.

Le 27 juillet 1794, les troupes autrichiennes quittent Liège après avoir bombardé et incendié le quartier d'Amercoeur, laissant le Prince-Evêque François Antoine de Méan sans protection et le contraint à l'exil

mousquetaire Louis XIII, Jean Louis Ernest Meissonier

1794,
François Antoine de Méan s'enfuit, il aura été le dernier Prince-Evêque.
François Antoine de Mean, dernier prince-évêque de Liège, primat de Belgique
Il deviendra le premier primat de Belgique le 28 juillet 1817 et s'éteindra à Malines le 25 janvier 1831.

En 1794

 La cathédrale St Lambert à Liege en 1770
Considérée par les révolutionnaires liégeois comme le symbole du pouvoir du prince-évêque on entama la démolition de la Cathédrale Notre dame et St Lambert, au lendemain de la révolution liégeoise,
La cathédrale St Lambert en 1797 La cathédrale St Lambert en 1797 La cathédrale St Lambert en 1797
On s’en prit d’abord aux plombs de la toiture, afin d'en faire des armes et des munitions, ainsi qu'à la charpente.
On nomma même une "Commission destructive de la cathédrale" !
La démolition de la grande tour fut mise en adjudication en le 23 juillet 1795
.les ruines de la cathédrale en 1794
En 1803, on abattit les tours occidentales.
Le terrain fut définitivement nivelé en 1827, à l’exception d’un pan de muraille de l’ancien passage entre le palais et la cathédrale, qui était encore debout en 1929.
Aujourd'hui seules des colonnes symbolisent encore cet immense édifice plus grand que Notre-Dame de Paris


Le 1er octobre 1795,
la Convention décrète l'incorporation de la Principauté à la République Française, entraînant par la même sa disparition et
sa répartition sur trois départements:
Ourthe, Meuse-Inférieure et Sambre-et-Meuse.

La Principauté de Liège n'est plus.
C'est un véritable état qui s'écroule après près de 800 ans d'existence.
Le Saint Empire Romain Germanique subit le même sort.

Cette disparition sera entérinée en 1801 par le Concordat qui rétablit la paix religieuse,
conclut entre
Bonaparte et le Pape Pie VII.

Armoiries de la République Française
Liège n'est plus une capitale.
Mais ses habitants garderont toujours leur esprit frondeur et leur soif de liberté.
et Carton de Wiart leur dédiera en 1905 un livre dont le titre restera le surnom de Liège: La Cité Ardente
Avec l'instauration d'un nouvel état, une nouvelle organisation est mise en place, sous la coupe de la France révolutionnaire puis napoléonienne
et ensuite sous domination hollandaise

mousquetaire Louis XIII, Jean Louis Ernest Meissonier

A partir de 1796,

tous les serments, milices et confréries,
se transformèrent en société d'agrément suite à l'ordre de dissolution des compagnies armées donné juste après la Révolution Française et qui était déjà d'application en France depuis 1791.


Dès 1796, l'entrée des Français en Belgique porta un coup fatal aux gildes et aux corporations.
Le 28° article de la loi du 5 septembre 1791 allait leur être appliqué :
Les anciennes gardes nationales, telles que tes compagnies d'arquebusiers, chevaliers des archers, arbatétriers et toute autre, sous quelque forme que ce puisse être sont abolies.

Les sociétés durent faire un état de leurs biens déclarés nationaux qui furent souvent mis en vente publique et les armes trouvèrent une autre destination
Par ailleurs, un décret du 9 juillet 1793 existait en France signifiant que les armes des arquebusiers étaient remises à la disposition de l'armée.
A Visé, les notables des gildes dissimulèrent les biens et les joyaux qui ne furent pas confisqués par les réprésentants de la République et sont toujours là aujourd'hui.

Remplacée par la Gendarmerie et une armée régulière née de la conscription, les gildes et confréries prirent ainsi le nom d'anciens-arquebusiers, anciens-arbalétriers ou anciens-archers, mais dans toutes les villes gardaient leur influence.

Dans la plupart des cités, en grande pompe, les confréries armées déposèrent leurs drapeaux qui furent accrochés dans les églises et elles cessèrent leurs activités.

Certaines les reprendront un peu plus tard, comme à Visé, ou à Gand, mais plus comme compagnies chargées de la défense de la ville, mais comme sociétés d'agrément et sociétés de tir.

mousquetaires infanterie autrichienne 1704mousquetaire Russie 17e siècle



Vers le 19e siècle

textes des princes évêques de Lièges sur http://perso.infonie.be/liege06/00zero.htm
et
http://fr.wikipedia.org/wiki/Revolution_liegeoise

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