
La Principauté de Liège se voulait neutre et
indépendante, mais souvent ses souverains se montreront
complaisants que ce soit avec l'Espagne ou avec la
France.
Les princes-évêques ne s'occupèrent d'ailleurs pas
toujours du territoire liégeois qu'ils délaissèrent
parfois pendant des années pour en confier la gestion à
leurs hommes de confiance

Photo de
Tchantchès et Nanesse:
© Marc Verpoorten,
Office du
Tourisme de la Ville de Liège
|
Liège est aussi
la cité de Tchantchès
le vrai
liégeois:
mauvaise tête, esprit frondeur,
grand gosier,
ennemi du faste et des grandes cérémonies,
farouchement indépendant,
mais cur d'or et prompt à s'enflammer
pour toutes les nobles causes.
Il incarne lesprit frondeur des
Liégeois qui,
à lépoque de sa création (début du
19ème),
ont bouté les Hollandais dehors peu après
quils aient fait de même des
princes-évêques.
Il nest pas impressionné par les
titres et les couronnes,
Il est courageux et déterminé, assoiffé de
liberté mais aussi sensible à la gloriole.
La tête près du bonnet, grande gueule qui
n'a pas peur de l'ouvrir et qu'on lui ferme
difficilement,
fier d'être un pur liégeois amoureux de son
terroir.
(Tiens
on dirait le webmaster !)
http://www.tchantches.be/index.html
|
|
Visé,
la
petite cité mosane, où les commerçants petits
bourgeois protègent jalousement leurs intérêts et
dirigent la ville,
veillera souvent à rester du côté du pouvoir et à
préserver son activité économique.
Visé
est évangélisée au VIIe
siècle par saint Lambert qui y fait
construire une église.
Elle est mentionnée la première fois en 870 lors de
la succession de Charlemagne.
Il s'agit alors d'une localité d'étape sur le cours
de la Meuse ainsi que d'un lieu de passage du fleuve
avec un pont construit au XIe siècle.
Cela explique certainement le succès du marché de
Visé entre le Xe et le XIIIe
siècles.
Le roi de Germanie, qui y perçoit un tonlieu,
l'abandonne en 983 au chapitre cathédral de Liège
qui conserve alors les droits seigneuriaux sur la
localité jusqu'en 1310, moment où ces droits sont
cédés au prince-évêque Thibaut de Bar.
En
1106, elle connaît la bataille du pont de Visé,
opposant les Liégeois et l'empereur Henri IV face au
fils révolté de ce dernier.

|

|
En 1310
les Templiers sont chassés de partout,
mais il ne semble pas que le prince-évêque ait vraiment
à coeur de les poursuivre.

C'est la même année qu'apparait de manière officielle
la Compagnie des Arbalétriers de Visé alors que
s'efface la commanderie templière située sur le plateau
de Lorette et toujours visible aujourd'hui.
Coïncidence étrange... qui laisse à penser à certains
auteurs que les arbalétriers auraient pu faire partie de
cet ancien ordre.

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Pour une
histoire complète de la Principauté de Liège
rendez-vous sur

ou
sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Accueil
portail sur Liège
|
On bat
monnaie à Visé où se trouve un atelier
monétaire (963-1650)
Images
aimablement fournies par
J.L. Dengis Président
de la Société Royale de Numismatique de Belgique
DENGIS J.L.,
Les monnaies de la principauté de Liège, I. De
Notger à Henri de Gueldre (972-1274), Collection
MONETA 53, Wetteren 2006
Les monnaies de la principauté de Liège, II. De
Jean d'Enghien à Robert de Berghes (1274-1564),
Collection MONETA 54, Wetteren 2006
Les monnaies de la principauté de Liège, III. De
Gérard de Groesbeeck au rattachement à la France
(1564-1794), Collection MONETA 55, Wetteren 2006.
Les monnaies de la principauté de Liège. IV.
Monnaies particulières, jetons, médailles,
méreaux, trébuchets, Collection MONETA 65,
Wetteren 2007
|

|
C'est en
1330 que Visé s'entoure d'une muraille.
Il semble qu'elle ait joui de privilèges urbains
dès cette époque.
Si Visé doit sa prospérité commerciale à sa
situation géographique sur la Meuse à mi-chemin
entre Liège et Maastricht, cette position est
néanmoins dangereuse du point de vue militaire comme
la ville a pu en faire plusieurs fois l'expérience
au cours de son histoire.
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|

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En 1376, le 9 mai,
le Prince-évêque Jean d'Arckel, en lutte avec la
principauté et qui en 1374 s'était réfugié à
Maastricht, assiège la ville de Visé

Selon la légende, la tradition culinaire locale
connue sous le vocable 'Oie
à l'instar de Visé",
serait née à ce moment en souvenir d'une jeune
gardeuse d'oie qui, courageuse et téméraire,
galvanisa les défenseurs en s'emparant de
l'étendard de l'assaillant et favorisa par son geste
la victoire des troupes visétoises.
|

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En 1429, elle obtient sa
première charte du prince-évêque Jean de Heinsberg
et devient Bonne Ville;
ce qui lui vaut d'être représentée au Tiers Etat.
|




|
Les Liégeois se sont
soulevés contre leur prince-évêque
Louis de Bourbon, neveu du duc de Bourgogne, Philippe
le Bon, fut déposé
en 1465 par les Liégeois, alliés de Louis XI de France.
Le prince est soutenu Charles_le_Téméraire.
En
octobre 1468, les révoltes sont à leur comble,
lévêque séchappe de la cité
épiscopale, mais les Liégeois le rattrapent à
Tongres et le ramènent à Liège. Ce dernier fait
irrite son cousin, le duc de Bourgogne, Charles dit
"le Téméraire", qui résolut de venir à
Liège ramener lordre et asseoir son autorité.
Louis XI est, à titre dhumiliation, contraint
de laccompagner pour lui servir de témoin
Dans la nuit du 27 au 28 octobre, un petit groupe
dhommes monte vers Sainte-Walburge, où est
établi le campement des ennemis.
Les milices urbaines, composées, entre autres, de
600 Franchimontois, comptent sur leffet de
surprise pour capturer le duc de Bourgogne et Louis
XI et ainsi inverser le rapport de force.
Arrivés sur les lieux, les hommes parviennent à
maîtriser les sentinelles, mais ils perdent du temps
à combattre les soldats bourguignons plutôt que de
se rendre là où les chefs logent dans le camp.
Ceux-ci ont donc le temps dorganiser une
contre-offensive.
Le lendemain, en guise de représailles, la ville de
Liège fut mise à sac et incendiée.
Son
incendie dura, dit-on, sept semaines.
Le duc offrit un reliquaire pour se faire
"pardonner", celui-ci est dans le Trésor de la Cathédrale de
Liège
Charles le Téméraire est vainqueur sur toute la
ligne.
Il résoud de traiter et contraint le roi Louis à
signer le traité de Péronne, qui doit démembrer le
domaine royal ; la Champagne est attribuée en
apanage à Charles, duc de Normandie; ainsi Paris est
privé de sa couverture de places fortes.
L'humiliation de la Couronne n'est pas assez
complète; l'orgueilleux duc de Bourgogne entraîne
son royal cousin à demi-prisonnier jusqu'à Liège,
afin d'assister au châtiment de la cité qui
n'échappe pas à l'un des sacs les plus atroces de
l'Histoire.
De nombreuses villes et communes, sont
systématiquement mises à sac et détruites, comme
Dinant, et Liège dont le perron de la Place du
Marché fut démonté et transporté à Bruges.
Cette épopée des 600
Franchimontois est romancée dans "La
Cité ardente" de Henry
Carton De Wiart.
Le surnom de Liège provient de cet ouvrage écrit en 1905.
On en trouve aussi des éléments dans le conte Quentin_Durward de Sir
Walther Scott en 1823
En 1468,
après avoir détruit Liège, Charles le Téméraire
rase l'enceinte de Visé.
C'est une mesure de représailles envers les
visétois.

En effet, un peu plus tôt, le 18 août 1467, les
visétois ont fait une incursion dans le territoire
de Dalhem, Dalhem qui est terre étrangère, voir
carte ci à côté.
Puisqu'ils marchaient derrière la bannière de saint
Georges, il s'agissait certainement d'Arbalétriers
ou du moins d'une partie.
Ecoeurés des exactions du Téméraire contre la
ville de Dinant, les Visétois avaient décidé de
braver le Duc de Bourgogne en envahissant un domaine
relevant de son autorité, en l'occurrence le comté
de Dalhem.
Ainsi les visétois pillèrent le village de Berneau,
aidés par des Liégeois venus en renfort en
vengeance aux malheurs infligés à leur ville
Suite à cet assaut, les Limbourgeois se
réfugièrent dans la tour de Bombaye qui fut mise à
feu.
Les femmes et les enfants au moyen de cordes :furent
sauvés, les hommes périrent furent brulés vifs,
trucidés sur place ou pendus.
Le Duc envahira Visé et
détruira une partie de la ville.
Le Duc de Bourgogne mourra à Nancy le 5 janvier 1477
pour la plus grande joie des liégeois.
En 1550, son corps fut transféré à l'église
Notre-Dame de Bruges à la demande de Charles Quint
et y repose depuis dans le somptueux tombeau que le
fils de celui-ci, Philippe II, fit élever pour son
trisaïeul.
Le prince Louis de Bourbon sera assassiné le 30
août 1482 par Guillaume de la Marck, le Sanglier des
Ardennes
|
1517
L'Eglise
se déchire !
Le jour précédent la
Toussaint 1517,
le moine augustin Martin Luther affiche sur la porte
de la chapelle du chateau de Wittenberg les "95 thèses sur
la vertu des indulgences"
Il y dénonce avec force le trafic des indulgences
pratiqués depuis 1506 par le pape Jules II puis par
Léon X qui finance la construction de St Pierre de
Rome en octroyant une indulgence qui mène droit au
ciel le généreux donateur dont les péchés sont
absouts.
L'église est riche, ses
représentants bien loin des préoccupations du
peuple et s'enrichissent sur son dos.
L'institution romaine offre une désastreuse image de
dégénérescence et de corruption. Cupidité des
moines bien plus soucieux de préserver leur
existence oisive et opulente plutôt que de se
préoccuper des misères et du sort des âmes de
leurs ouailles. Cumul des bénéfices.
Une papauté discréditée qui ne cesse d'afficher
depuis des décennies un train de vie coûteux,
luxueux et arrogant et de multiples querelles pour le
pouvoir, et les moeurs scandaleuses des hauts
dignitaires de cette cour romaine qualifiée de
"rendez-vous de tous les vices".
Luther prône une église réformée plus proche des
textes anciens que des pratiques des grands pontes et
de la vie de l'église de son époque, recentrée sur
Jésus Christ et non sur les saints.
D'autres
érudits ont relus et traduit
la Bible et en offrent une autre vision
On est aussi
dans une période de renaissance pendant laquelle on
voit apparaître penseurs et érudits qui modifient
largement les courants de pensée issus du Moyen-Age un peu partout en Europe; Luher,
Erasme, Thomas More, Kepler, Gutenberg, Bruegel,
Mercator, Guillaume Ier d'Orange-Nassau, Marguerite
de Parme, ...
C'est ausi une période de
grande angoisse devant des événements face auxquels
les gens sont désarmés; maladies, peste, guerres,
etc., qui font craindre l'au-delà.
Il faut se mettre en paix avec sa conscience et avec
Dieu. Seule la foi sauvera le chrétien et lui
donnera le salut.
Le geste spectaculaire de critique d'un abus existant
dans l'Église vaut à Luther d'être dénoncé à
Rome par l'archevêque Albrecht de Mayence: l'acte de
naissance de la Réforme luthérienne est consommé.
Devant la papauté et l'église, Luther, reste ferme
sur ses positions théologiques présentées comme
devant ramener le christianisme à sa source et à sa
pureté, mais il ne cherche absolument pas une
quelconque rupture, il veut qu'on rende aux
chrétiens la foi telle qu'elle doit être vécue
selon les textes et non selon un usage abusif de
profiteurs.
En 1520 il est excommunié.
Ses idées parcourent très
vite l'Europe grâce à un nouveau média:
l'imprimerie qui retranscrira rapidement des
textes traduits et accessibles à tous.
Les églises réformistes se forment un peu partout
au départ de l'Allemagne,
Dès 1521, à Zurich, le prédicateur Zwingli
(1484-1531) mène un mouvement de Réformation qui
imposera ses idées en deux ans.
A Strasbourg, le théologien Martin Bucer (1491-1551)
prêche la réforme à partir de 1523 et la ville
rompra avec le catholicisme en 1534.
A Genève, Jean Calvin (1509-1564)organise une
nouvelle église protestante qui fait rapidement de
la ville une véritable cité-refuge et capitale
spirituelle du protestantisme (fondation d'une
académie de pasteurs 1559, production de livres
protestants à destination de toute l'Europe...).
Dans la lignée doctrinale de Calvin et de Luther,
l'Angleterre ( mouvement des anglicans provenant de
la rupture entre Rome et le roi Henri VIII ) en 1563
et l'Ecosse dominée par le presbyterianisme de John
Knox se séparent à leur tour de l'église
catholique.
Les protestatnts sont nés (terme
qui provient de la protestation des adeptes de Luther
contre les mesures de l'église en 1529)
Les guerres de religion allaient commencer
Les premières persécutions contre ceux qui
adhèrent aux idées nouvelles commencent dans les
années 1520.
Mais il faut attendre les années 1540 et 1550, pour
voir le développement des clivages.
En France, à la fin du règne d'Henri II, le conflit
se politise, entre les prétendants au pouvoir; les
Guise, Bourbon, et Montmorency, les guerres de
religion commencent en 1562 et se poursuivent
entrecoupées de périodes de paix jusqu'en 1598,
avec la mise en place de l'Édit de Nantes; un édit
de tolérance signé le 13 avril 1598 par Henri IV,
par lequel le roi de France reconnaît la liberté de
culte aux protestants ( révoqué en 1685 par Louis
XIV ).
Guerres de religions mais aussi
politiques car l'Angleterre soutiendra les
réformistes pour affaiblir la France.
En 1572 aura lieu le Massacre_de_la_Saint-Barthelemy qui fera plusieurs milliers de
morts.
Ce sera aussi pendant des siècles un exode de
population dont la confession leur interdira de vivre
dans certains territoires et qui s'exileront vers
l'Angleterre, l'Allemagne, les Pays-Bas mais aussi
les Amériques et les diverses colonies emportants
avec eux leur savoir et leurs traditions.
C'est
dans ce contexte de guerre et de l'insécurité qui
en découle que naîtront les arquebusiers de Visé.
|
Visé,
c'est une population typique de petits bourgeois qui
développent un esprit de clocher et sont
ironiquement surnommés par ceux qui habitent en
dehors de la cité. " les grands vantrins sins
cowètes" ; "grands tabliers sans
cordon" cette expression wallone qualifiant
quelqu'un qui en montre plus que ce qu'il ne
possède, qui fait de l'esbroufe, bref ... un
pêteux.
Ce que l'épisode comique avec Louis XIV démontrera
encore bien
Bien sûr, aucun d'entre eux ne se retrouve dans
cette description...

Depuis
des lustres on tient marché à Visé.
Les
marchands viennent d'un peu partout dans la ville
frontière de la Principauté.
Visé est
en en effet assez isolée puisque son territoire sur la
rive droite est à à peine 2 km du centre ceinturée par
les frontières, Argenteau et Dalhem tout proches sont
déjà terres étrangères.
Cette
position lui permet un échange de marchandises avec ces
pays étrangers.
Elles viennent de partout, par route et par la Meuse,
fleuve difficile, au milieu duquel se trouvent de
nombreuses îles où on engraisse des oies.
Les eaux sont parfois rapides, avec des bancs de sable et
des rochers sur lesquels les barques viennent s'échouer
ou se fracasser.
Un pont et un gué relient le quartier de Devant-le-Pont
sur la rive gauche quand les hautes eaux ne l'isolent pas
en hiver.
Au 16e siècle, les remparts de la ville sont en mauvais
état, les hivers de cette fin de 16e siècle ont été
rudes, une petite époque glacière, et la disette
règne.
Une épidémie de peste se répand dans le pays, elle a
atteint Namur fin 1578 où les troupes espagnoles se
trouvent sous le commnandement d'Allessandro Farnèse,
Duc de parme,.
Ce dernier déplace son campement vers Maastricht qu'il
va assiéger pour en punir les protestants et ramener
l'ordre. Il s'installe à Visé.
|
L'histoire des
Arquebusiers est indissociable de celle de la
Principauté, de celle de la gilde soeur les
Arbalétriers,
et de l'évolution de l'arme à feu.
Le terme gilde souvent
utilisé sur le présent site est un terme
similaire à "guilde" .
gild,
gilde, gildum, gilda, gildonia, société,
association, corporation de marchands
guilde ou ghilde ou gilde nom féminin provient
du latin médiéval gilda, du moyen néerlandais
gilde; troupe, corporation
Au Moyen Âge, association groupant des marchands
exerçant une profession commune.Ce sont en fait
les premiers syndicats.
Peut-être même du terme geld, argent, la
"cotisation" payée pour faire partie
du groupe
Association visant à procurer à ses adhérents
de meilleures conditions commerciales.
Certains autres mots d'origine flamande utilisé
dans les compagnies de Visé ont subit une
francisation (Gast=Gasse par exemple)
On retrouve par ailleurs aussi le terme flamand
kolvenier, ou klovenier, pour désigner des
arquebusiers
| Les
premiers modèles de couleuvrines et arquebuses;
un simple tube de métal percé d'un trou pour la
mise à feu à l'aide d'un fer rouge ou d'une
mèche |
 |
Les premiers modèles d'arquebuses
portables remontent au 14e siècle donc bien
avant la création des arquebusiers de Visé,
et nous sommes 75 ans après la Bataille
de Cerignola où les arquebusiers
furent utilisés de manière efficace
Par ailleurs on trouve trace dans un écrit
du 15e siècle d'un "Jan maistre
arkebusier" visétois fabricant couleuvrines et
arquebuses à mèches et en 1573 une poudrière
était établie près de la Tour l'Evêque et une
autre à Dalhem.
"Jan faiseur de hackebuses" est cité le 5
octobre 1576 et le 9 septembre 1594, et en 1580 les
Bourgmestres décident "pour la tuition et
sauvegarde de la ville, pendant les 3 ans à venir
seront faits et construits 6 mouskette chaque
an"
Ces éléments montrent bien que l'arquebuse et le
mousquet étaient déjà d'un usage courant bien
avant la création de la gilde, il existait en fait 4
gardes bourgeoises réparties dans les différents
vinâves (quartiers) de la ville.
Les Harquebusiers de Visé sont nés de la
volonté de quelques Visétois du XVIe siècle de
créer officiellement une seconde compagnie armée
chargée de veiller sur la ville et dotée d'un
armement existant depuis plus d'un siècle et en
usage déjà dans les anciennes milices d'archers et
d'arbalétriers:
l'arquebuse et son homologue plus puissant le
mousquet.
C'est seulement en 1579 que les arquebusiers
se rassemblèrent en une seconde gilde qui prit le
nom de compagnie des harquebusiers.
Cette création tardive d'une compagnie équipée
d'un armement qui existe depuis longtemps est une
preuve indéniable qu'elle est fondée uniquement en
concurrence de la gilde des arbalétriers existante
et pas, comme l'écrivent à tort certains auteurs,
parce que l'arme à feu venait d'être inventée, ou
que les arbalétriers avaient tous été décimés
par la peste.
En 1579 l'arme à feu est déjà très évoluée, si
la platine à mèche reste la plus courante, surtout
à cause de son faible prix, on trouve depuis le
début du 16e siècle des platines à rouet , déjà
décrite dans le Codex Atlanticus de Leonard de Vinci
en 1505, et même des platines à silex (chenapan).
1579, c'est très tard car partout ailleurs, les
compagnies d'arquebusiers existent parfois depuis
plus d'un siècle, comme à Genève qui est aussi une
principauté ecclésiastique dépendant du Saint
Empire Romain Germanique où se crée lExercice de lArquebuse dont l'histoire nous dit
que:
La création de
ce dernier, mentionné pour la première fois en 1474
dans un texte de loi, nétait pas
lhéritage des confréries précédentes
mais sinscrivait dans la même lignée.
Cest lapparition dune nouvelle
arme principalement destinée aux riches,
laquebute, connue plus généralement sous
le terme de couleuvrine ou darquebuse qui
initia sans doute ce nouvel Exercice.
Créé à une époque de tensions politiques et
religieuses, lExercice de lArquebuse
qui ne recrutait que parmi les classes
supérieures de la cité sinspira toutefois
fortement des jeux de lArc et de
lArbalète.
Il leur emprunta effectivement leurs traditions
de concours et leur royauté.
Les ordonnances de 1474
indiquent ainsi quil est ordonné de faire
trois prix, chacun dune valeur de six
florins, un pour les Arbalétriers, un pour les
Archers et un pour les Couleuvriniers, à
condition de trouver de nouveaux bourgeois pour
payer, et dans ce cas, soit lorsque lon
aura trouvé les bourgeois, quon fasse
mandat de payer et de leur donner les dits prix .
Les tirs de cette nouvelle arme se réalisèrent
dès 1475 à lintérieur des murs de la
ville, entre la rue de Rive et la rue du Lac.
Une fois lan, le troisième dimanche après
Pâques, un tir appelé le Coup du Roi était
organisé.
Le vainqueur qui était celui qui abattait le
premier le papegay, un oiseau de pacotille,
était couronné roi de lExercice. Il
conservait ce titre une année durant et
bénéficiait de nombreuses prérogatives tant
fiscales quhonorifiques ( http://www.arquebuse.ch et http://1602.ch )
Cette compagnie existe toujours.
Mais très tôt des compagnies armées d'arquebuses
sont aussi créées dans beaucoup d'autres villes
d'Europe et de ce qui est aujourd'hui la Belgique.
Elle cohabitent avec les gildes d'archers et
d'arbalétriers, lesquelles souvent garderont leur
nom et changeront simplement d'armement.
Ce fut à la fin du XVe
et au commencement du XVI siècle que, dans plusieurs
villes, se sont formées les premières confréries,
dans le but de s'exercer au tir à l'arquebuse.
Les villes et les princes les prenaient à leur
solde.
En
1453, elles existaient déjà à Malines
comme l'indique un document signé par
Philippe le Bon, et en 1504 le règlement institué
par la ville stipulait que pour la garde ils devaient
être en uniforme avec poudre et balles et en 1510,
elles ont acheté leur local. Cette même année, la
ville de Malines envoya huit arquebusiers à Venloo,
et leur fit faire, à cette occasion, une enseigne (winpele).
Comme la plupart, la gilde malinoise disparaîtra
en 1798 pour renaître en 1983: http://www.kolveniersgilde.be/
En 1492 à Dinant une compagnie
d'arquebusiers existe et avant elle des
couleuvriniers qui virent leurs armes plus lourdes
s'alléger au fil des âges pour devenir des
arquebuses.
Malines
(Mechelen)
 |
Arquebusier
de Malines

Mechelen 2009 |
 |
 |
 |
 |
Maline - Mechelen
In fide constans - In trouwen vast- Toujours
loyal |
Jeunes
et vieux archers
Ecu à la croix de St Georges |
Gilde
St Sébastien
Ecu aux croix de Jerusalem |
Gilde
des arquebusiers
Ecu aux armes bourguignones |
En 1521, quinze francs arquebusiers
partirent de Malines pour tirer avec des bâtons (om
met stokken te schieten) dans la première guerre
qu'eut Charles-Quint contre François Ier, roi de
France.
Ils reçurent de la ville chacun 20 escalins de
Brabant pour leur habillement, mais à condition
qu'à l'avenir la confrérie s'habillât avec le drap
de la ville, qu'elle fit faire ses costumes dans le
genre guerrier, pour qu'elle fût toujours prête à
marcher à la guerre, soit en faveur de l'empereur,
soit en faveur de la ville.
La même année et pour la même campagne, la ville,
sur l'ordonnance de l'empereur, habilla encore dix de
ses arquebusiers, auxquels elle donna des costumes
tels que portait l'armée impériale.
Ces confréries donnaient, comme les précédentes,
des fêtes et des concours pour les plus adroits.

Gand
|
Il est bien entendu qu'ils
avaient tous un costume distinctif :
les Arquebusiers de Gand
étaient habillés de vert.
Leurs armoiries étaient d'azur aux deux
arquebuses d'or placées en sautoir, et
quatre T d'argent placés 1 , 2 et 1
Les arquebusiers de
Bruxelles portaient:
de gueule aux deux arquebuses d'argent,
placées en sautoir, entrelacées du briquet
d'or de Bourgogne, sous lequel est placé la
pierre, trois étincelles de feu (or) en
sortent, le tout surmonté d'une branche à
trois fleurs de blé naturelles.
|

Bruxelles
|

Bourgogne
|

On
retrouve à plusieurs reprises dans ces
armoiries le briquet ou la croix de Bourgogne
Il ne faut pas oublier que ces territoires
font alors partie des états bourguignons
|

Flandres
|

Anvers |
Les
Arquebusiers de Malines
sont mentionnés
dans un acte du 6 avril 1453
signé par Philippe le Bon.
Leur bannière portent la croix de Bourgogne
avec à gauche les armes de Malines
(Mechelen)
et à droite un blason avec un chardon qui
signifie "Qui s'y frotte s'y
pique", devise de Louis XII et
synonyme de prudence: les gildes flamandes
voulant ainsi signaler qu'il n'est pas bon de
se frotter à elles !
On retrouve au centre le même blason qu'ici
à gauche à Anvers
Les 5 gildes armées portaient un tabard noir
et étaient identifiées par un insigne
particulier
Folder
héraldique des arquebusiers de Malines
Les Arquebusiers
d'Anvers
virent leurs
statuts approuvés par la Gilde principale de
Louvain, alors capitale du Brabant, le 6
décembre 1490.
Ils portent comme armes d'azur à deux
arquebuses au naturel en sautoir, au chardon
aux racines resserrées à trois branches
fleuries écarlelées,
le briquet de Bourgogne sur le tout. |

Malines |
A Gand, en 1540, la Concession
Caroline imposée par Charles Quint ôta à toutes
ces confréries leurs priviléges; elles ne se
réunirent plus que pour leur amusement.
A Tongres qui fait aussi
partie de la Principauté de Liège, les arquebusiers
existent depuis le 10 octobre 1516,
forts d'une compagnie de 50 hommes sous le patronage
de St Christophe et St Sébastien avec un gage annuel
de 100 florins.
En 1521 alors qu'ils donnent leur démission, les
bourgmestres lèvent une nouvelle compagnie de 50
hommes avec la même solde de 100 florins, chaque
homme recevant en sus 7 livres de plomb, 5 livres de
salpêtre (pour la poudre) et une certaine quantité
de vin.
Puis la ville reprit dans ses effectifs les anciens
et l'on vit ainsi deux serments d'arquebusiers, Oude
en Jonge Cloveniers, vêtus comme les arbalétriers.
En 1522 avec l'adoption d'un nouveau règlement ils
furent placés sous la protection de la Vierge, de St
Lambert et de St Georges.
Ils devaient prêter serment de fidélité à la
ville et l'administration des membres et la
nomination de dignitaires ne pouvait se faire qu'avec
l'assentiment des bourgmestres.
Les postes qui leurs étaient assignés en cas
d'alarme en 1582 étaient pour chaque serment 10
hommes au marché et 7 à chacune des six portes de
la cité.
En 1587 les vieux arquebusiers eurent la garde des
portes de Maestricht et de Visé et les jeunes
arquebusiers celles de Liège et de Koninxheim.
Ils organisèrent également une compagnie de
grenadiers de 15 hommes (23 en 1789) gratifiés de 9
florins pour leur présence à la procession
Le 8 août 1566,
Gérard de Groesbeek, prince-évêque de Liège,
reconnaît l'institution d'une compagnie
d'arquebusiers à Fosses et approuve
leurs statuts. Dès 1571 ces serments escortent les
processions et existent encore de nos jours, ce sont
les Marches de l'Entre Sambre et Meuse et
particulièrement à Fosses-la-Ville la "Marche
Saint-Feuillen", procession septennale depuis le
voeu de 1635 où après une épidémie de peste les
chanoines et les bourgeois de Fosses
sengagèrent, pour la première fois, à
organiser, tous les sept ans une grande procession
aux reliques de saint Feuillen.
Aux XVIIIe et
XIXe siècles, les archers et les arquebusiers
furent remplacés par les habitants de Fosses qui
enfilèrent danciens uniformes militaires
pour accompagner les processions non plus dans le
but de protéger les reliques, mais pour rendre
un hommage solennel à leur saint patron.Cette tradition s est perpétuée
jusqu à nos jours.
La marche septennale de Saint-Feuillen est une
des plus anciennes et des plus prestigieuses
marche militaire de 1Entre-Sambre et Meuse.
Elle se déroule sur trois dimanches. Le dernier
dimanche de septembre est le grand jour de la
procession.
Plus de 3000 soldats de Fosses et de ses hameaux,
mais aussi de communes voisines, escortent le
buste et la châsse de Saint-Feuillen, au son des
fifres et des tambours, avec forte décharges de
mousqueterie. Après un dernier défilé
dhonneur pour la rentrée en ville, le
cortège se termine par le " Feu de file
", tradition typiquement Fossoise: chaque
soldat vient tirer une dernière fois devant la
statue de saint Feuillen, au portail de la
collégiale. Fosses-la-Ville.be et Association des Marches
Folkloriques de l'Entre Sambre et Meuse
A Visé, en 1579 les
règles furent très certainement similaires à ce
qui se passait à Tongres..
   
Arquebusiers
d'après Lyliane et Fred Funcken
Le costume et les armes au temps de la chevalerie
Editions casterman
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Le mousquet
et la bandoulière à laquelle sont accrochés douze
cylindres qui contiennent chacun la dose de poudre
nécessaire à un coup de feu

L'arme est
chargée par le canon; une dose de poudre est introduite
puis tassée.
Ensuite c'est au tour de la balle qui est enfoncée à
l'aide de la baguette.
Sur le côté du canon est monté un bassinet, petit
réceptacle parfois muni d'un couvercle qu'on enlève au
moment d'utiliser l'arme.
La charge principale est en contact avec le bassinet,
grâce à un petit trou foré dans le canon (la
lumière).
Le bassinet est rempli de pulvérin; une poudre à canon
aussi fine que de la farine est qui s'enflamme à la
moindre étincelle, d'où le danger permanent d'explosion
suite au voisinage d'une mèche toujours enflammée aux
deux bouts et de poudre, cause de nombreux accidents.
le webmaster sait
de quoi il parle ... voir page 1975-2000

Au moment du tir, une pression sur
la détente fait descendre le serpentin dans
le bassinet, le pulvérin s'enflamme et via
le trou de la lumière met le feu à la
charge principale.
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Vers
le 16e siècle
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