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Vous écoutez La Marche
de Henri IV
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Date: 1580
L'air final est publié dans un recueil de
noëls de "Christophle de Bordeaux" dès 1581 en
France,
Il aurait comme base un fragment du morceau de musique intitulé
« les Tricotets », sur lequel s'exécutait une danse en vogue
au seizième siècle, et que l'on a entendu au Vaudeville, dans
« le Mariage de Scaron ».
On retrouve l'air de la marche de Henri IV en 1588 dans
l'Orchésographie de Thoinot Arbeau sous le titre : "Bransle
coupé nommé Cassandre".
Il s'adaptait alors à une pièce de Ronsard.Devenu très
populaire, l'air va être repris à de nombreuses occasions en
France et à l'étranger.
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1533
Charles Quint annexe la Frise, le duché de Gueldre et le comté de Zutphen
Il parvient ainsi à terminer lunité des Pays-Bas, désignés à partir du traité de Venloo (1543), sous le nom des " Dix-Sept Provinces "Le gouvernement des dix-sept Provinces était assisté de trois conseils collatéraux :
le Conseil dÉtat, chargé des affaires diplomatiques et militaires et de la collation des grandes dignités civiles et ecclésiastiques,
le Conseil privé, doté de pouvoirs législatifs, héritier de lancien Conseil dÉtat de Charles le Téméraire,
enfin le Conseil des Finances chargé dadministrer les domaines, de percevoir limpôt et de contrôler les Chambres des Comptes. 1548 : Par la Transaction dAugsbourg, Charles Quint regroupe les dix-sept provinces des Pays-Bas et la Franche-Comté dans le Cercle de Bourgogne qui était indépendant de lEmpire mais que celui-ci devait défendre en cas de besoin. Après le traité de Madrid de 1526, qui avait obligé le roi de France à renoncer à son ancienne suzeraineté sur la Flandre et lArtois, lacte dAugsbourg mettait un terme définitif à la division apparue lors du traité de Verdun de 843, qui faisait de lEscaut une frontière séparant la Flandre, relevant à louest du royaume de France, des territoires dépendant à lest de lEmpire.1568
Ferdinand Alvare de Tolède, Duc d'Albe
est alors à la tête d'une forte armée chargée de réprimer les troubles dus à la Réforme et réprimer les Calvinistes.
Nommé gouverneur des Pays-Bas par Philippe II, avec le titre de vice-roi, il y est investi d'un pouvoir absolu pour réprimer les idées d'indépendance et de réforme religieuse.
Il rassemble une immense armée, quil mène dItalie en Flandres par la Savoie et la Franche-Comté, et pénètre dans son territoire où il fait son entrée dans Bruxelles à la tête de l'armée espagnole le 8 août 1567.
Il établit en 1567 le Conseil des troubles, un tribunal d'exception mis en place au début de son gouvernement des Pays-Bas, pour réprimer les émeutes iconoclastes survenues un peu plus tôt en Flandre et en Hollande, et de façon générale les troubles religieux, un tribunal qui déploie tant de rigueur qu'on ne le désigne plus que sous le nom de Conseil de sang, provoquant le soulèvement général du pays.
Potence, bûcher et décapitations étaient un spectacle quotidien
Il fait exécuter les comtes d'Egmont et de Hornes accusés de rébellion sous le prétexte qu'une agression aurait été perpétrée par les calvinistes contre des lieux catholiques.
Ils furent amenés la veille de Gand , en charrette, et emprisonnés dans la maison du Roi.
Le lendemain matin , 6 juin 1568, vers 11 h, ils sont décapités sur la Grand-Place de Bruxelles.
Le comte Lamoral dEgmont perdit la tête sur léchafaud couvert de drap noir.
La nuit précédente il avait pourtant écrit au Roi Philippe II une longue lettre de fidélité mais cela navait servi à rien !
Son compagnon , le comte de Hornes, soi-disant impliqué dans le même complot, fut décapité quelques instants plus tard et sa tête fut plantée sur un pieu réservé à cet usage. La place est protégée par un fort bataillon d'arquebusiers espagnols que l'on voit jusque dans les rues adjacentesLe duc d'Albe déclenche ainsi, après seulement quelques mois de gouvernement, la guerre de Quatre-Vingts Ans.
Il remporte d'abord de grandes victoires sur les insurgés à la tête desquels s'est placé le prince d'Orange, mais il ne peut les réduire entièrement et, las d'un combat sans fin, il finit par demander lui-même son rappel (1573).
II quitte le pays au bout de sept ans, après l'avoir hérissé de forteresses et inondé de sang, laissant la réputation d'un grand capitaine, mais surtout d'un sanguinaire impitoyable.
Il mourra en 1582.Il traque les Gueux de Guillaume de Nassau qui s'enfuient par dizaines de milliers en pénétrant dans la principauté mais se heurtent au liégeois qui refusent de les laisser passer la Meuse par le pont des arches et ils assiègent la ville.
En 1568, le tristement le Duc d'Albe rencontre Gérard de Groesbeck prince évêque de Liège à Visé.
Les honneurs leurs seront rendus par les arbalétriers auxquels le duc remettra une arbalète qui se trouve encore aujourd'hui dans leur muséeLettre de Gérard de Groesbeck, évêque de Liège, au duc dAlbe (1568).
Lévêque de Liège au duc dAlbe.
LIÈGE, 5 Novembre 1568.
Monsieur, depuis ma dernière dhier soir, lennemy, incontinent après mynuict, a faict semblant de livrer lassault à ceste cité : mais, voyant les nostres bien en ordre et animez à luy faire résistence, semble que sur ce poinct il sen va retirant, et ne sçavons encoir vers où il tient la teste. Et partant, jenvoye en diligence vers ma ville de Huy à advertir le colonnel de Montdragon de ce que dessus, si dadventure lennemy se voulust retirer vers cest endroict-là, et ne fauldrons de luy envoyer, au besoing, ce que povons avoir icy de secours. Aussy tost quaurons quelque plus grand esclarcissement et asseurance vers où lennemy prétend de tirer, Vostre Excellence en sera advertye.
Au reste, lennemy a usé de son accoustumé à lencontre des maisons de Dieu et monastères dalentour de ceste cité, y ayant boutté le feu, et espéciallement en labbaye de Saint-Lorens et Saint-Gilles, dont jespère que la justice divine ne tarde à luy en paier ce quil mérite.
Sur ce, monsieur, après mes humbles recommandations à la bonne grâce de Vostre Excellence, je prie le Créateur donner à icelle en santé longue et heureuse vie. De Liége, ce ve de novembre 1568, à six heures devant midy.
De Vostre Excellence lentièrement à luy faire humble service,
GÉRARDT, évesque de Liége.
En cette fin de 16e siècle l'empereur du Saint Empire Romain Germanique, donc le souverain suprême est
Rodolphe II du Saint-Empire
(né le 18 juillet 1552 à Vienne - mort le 20 janvier 1612 à Prague),
Empereur du Saint Empire de 1576 à 1612,
roi de Bohême, roi de Hongrie,
fils de Maximilien II, (empereur du Saint Empire, roi de Bohême et roi de Hongrie) et de Marie d'Espagne, fille de Charles QuintLa Réforme fait du chemin, à Dalhem et Cheratte, qui sont en dehors de la principauté de Liège, on compte des églises réformistes, et à Visé même il y a pas mal de protestants, il faut dire que les commerçants de Visé ont pas mal de clients dans les Pays-Bas dont ils veulent garder les bonnes grâces.
La situation est donc très peu sûre dans la région, les Pays-Bas sont noyés dans un bain de sang.
La Pacification de Gand unit les provinces qui luttent ensemble contre les troupes espagnoles livrées à elles-mêmes, soldatesque qui n'est plus payée et qui met le pays à sac.
En 1579 les troupes espagnoles assiègent Maestricht, la peste règne dans le pays, elle ne choisit pas son camp et touche tout le monde.
C'est pour y échapper que le Duc de Parme, Allessandro Farnese, quitte Namur touchée par la maladie, pour installer son quartier général à Visé en décembre 1578.
Des déserteurs et des pillards traînent partout et se servent sur le pays.
Les milices communales d'arbalétriers ont du mal à les contenir en dehors de la ville et les arbalétriers de Visé demanderont un renfort d'équipement et des arquebuses.
D'aucun prétendent même que c'est une frange progressiste des l'ancienne gilde qui aurait fondé la nouvelle compagnie mais rien ne permet de le certifier.
Par l'Union d'Utrecht du 23 janvier 1579, sept provinces à majorité protestante du nord des Pays-Bas se constituent en confédération.
C'est la naissance des Pays-Bas actuels.
On est en pleine guerre de religion, et les catholiques et les protestants s'affrontent aux Pays-Bas comme ailleurs en Europe.
Nous sommes seulement 7 ans après le tristement célèbre massacre de la St Barthelemy
C'est dans ce contexte que nait la nouvelle compagnie.Combats de compagnies d'arquebusiers espagnols à Jupille près de Liège en 1577
Gravure Cabinet des Estampes de Liège.Le Prince évêque Gérard de Groesbeeck proclama la neutralité de la Principauté de Liège en 1577.
Mais sa neutralité était de principe et orientée: il a réussi à faire refuser par ses états le passage du Taciturne donc par les troupes réformistes; mais dix ans plus tard, en 1579, il autorisera le passage par Liège de larmée espagnole de Philippe II commandée par
Alexandre Farnèse qui fonce sur Maestricht.
Et sa collaboration ne se limite pas à une autorisation de passage, il ira jusqu'à le fournir en armes.
" Pendant le siège de Maestrieht, comme le prince de Parme n'avoit du canon suffisant pour la batterie, l'évêque lui en prêta 20, entre lesquels il y en avoit 12 belles et grandes, nommées pour leur grandeur et beauté les Douze apôtres, lesquels on n'a jamais restitué, ains sont à présent par accident tombées es mains des Hollandois, placées en divers villes et places, l'ayant aussi assisté de toutes amonitions requises et de toutes sorte de vivres, avec 4.000 pionniers, ce qui avança fort ledit siège.
Pendant lequel le prince de Parme était logé dans Visé, ce qui offensa fort ledit prince d'Orange, s'en réservant un jour sa vengeance, au contraire du duc de Parme qui remercia les Liégeois de l'assistance qu'ils luy avoient fait durant ce siège..."
Pourtant Maestricht dépendait pour moitié à l'église de Liège.
La ville est alors assiégée puis occupée par les troupes d'Alexandre Farnèse, Duc de Parme, nommé Gouverneur des Pays-Bas et chargé d'y remettre de l'ordre. Il avait installé ses quartiers à Visé et au chateau de Pietersheim (Lanaken)
Le 8 mars 1579, 20 000 Espagnols prennent position devant Maastricht défendue par 1 200 soldats et environs 6 000 miliciens, commandés par Sébastien Tapin.
Les troupes espagnoles sont en grande partie logées dans les villages environnants, dont Visé, avec les désagréments que l'on peut imaginer sur la population.
Pour sa part, Farnese loge entre autre au château Pietersheim (Lanaken)
La ville est encerclée de toutes parts. Deux ponts de radeaux enjambant la Meuse facilitent les maneuvres de l'armée espagnole.
Le 25 mars, les Espagnols commencent à battre les murs avec des tirs d'artillerie et creusent des mines.
La résistance est acharnée. Les défenseurs entament à leur tour des tunnels de contre sape pour atteindre les mines espagnoles
Les combats se poursuivent jusque sous terre. Les galeries sont inondées et de nombreux espagnols périssent noyés.
D'autres sont asphyxiés par un feu allumé par les hollandais. 500 périssent encore dans l'explosion prématurée d'une mine. Des tours d'assaut sont construites.Le 8 avril, la ville est attaquée, mais les habitants hommes et femmes défendent vaillamment la place.
Des pierres et tout ce qui peut servir d'arme sera utilisé contre les assaillants. Tapin est grièvement blessé aux bras.
L'attaque est repoussée et Alexandre Farnèse, retenu au lit avec une forte fièvre, réalise qu'il devient urgent de conclure.
Les troupes de Jean de Nassau constituent une menace, et des renforts espagnols ne sont pas attendus.Dans la nuit du 29 juillet les Espagnols pénètrent dans la ville tandis que les défenseurs, épuisés se sont assoupis.
La ville est pillée pendant 3 jours.La pseudo-neutralité de Groesbeeck est donc un stratagème qui nempêche nullement la principauté dêtre ravagée pendant les années par les deux parties belligérantes, et plus particulièrement les espagnols.
Les ravages de la guerre coïncidaient avec des hivers très rudes, la disette, et la peste qui s'étendait dans plusieurs villes belges
Les massacres du siège de Maestricht étaient tels qu'ils gagnèrent Liège: le dénuement du peuple dépassa toute mesure, cette guerre aux portes de la cité y amena son lot de désolation avec des armées de pillards
En cette fin de 16e siècle, la région était infestée de malfaiteurs de toutes sortes, déserteurs des armées, brigands, etc,... qui traversaient la Principauté de Liège à l'extrémité de laquelle la petite ville mosane de Visé se trouvait.
La région n'est pas sûre et il ne fait pas bon s'aventurer dans les campagnes où pas mal de traînards, de pillards, de voleurs, infestaient la région, suivant l'armée régulière, laquelle se servait souvent "sur le pays".
L'histoire ne relate cependant aucun haut fait d'arme tant par les arbalétriers que les arquebusiers.
De plus le Duc ayant établi ses quartiers dans la ville, l'ordre y régnait certainement grâce à sa propre garde.
Et qu'auraient pu faire quelques arbalétriers et arquebusiers alors que 20.000 hommes composent l'armée du Duc ?
Une soldatesque mal payée et qui ne recevant pas sa solde avait mis à sac Malines en octobre 1574 et Anvers en novembre 1576.
Les deux gildes gardaient en fait uniquement la cité, sortant peu en dehors de ce qui restait des remparts démolis par Charles le Téméraire en 1468 et en partie reconstruits.
1579
S'agissait-il à Visé de rivaliser avec les Arbalétriers, ou de suppléer à la faiblesse de leurs effectifs ?
Arbalétriers qui à l'époque sont munis d'arquebuses.Il faut selon toute vraisemblance pencher pour la première hypothèse que vient accréditer la création très tardive des arquebusiers de Visé.
Les Arbalétriers plus anciens étaient dotés de privilèges qui amenèrent sûrement des jalousies.
La création des arquebusiers ne s'explique donc que si elle est issue d'une volonté de jouir des mêmes avantages et de s'impliquer dans la vie politique de l'époque, sinon, puisque les Arbalétriers souffraient soit-disant d'un manque d'effectifs, il eut suffit de les renforcer plutôt que de créer une autre compagnie.
Leur nombre était soit-disant insuffisant pour assurer la garde de la ville car ils avaient été décimés par l'épidémie de peste qui avait frappé à cette époque.
Curieuse maladie très sélective... Cette hypothèse ne tient pas une seconde la route.
Il faut aussi savoir que les "Compagnies du Papegeay" comme on les appelait souvent en Europe, bénéficiaient en plus des donations, de certaines exemptions de taxes ou de travail, beaucoup furent créées uniquement dans ce but.
Le terme papagay, papegeai, papegeay, papagaio, papegault, Papagei,
vient du nom donné à l'oiseau fiché sur un mât et que les tireurs (archers, arbalétriers ou arquebusiers) essayaient de faire tomber, réalisant ainsi le Coup du Roy
Le mât pouvait être de 5 à 6 mètres mais allait jusqu'à 30, voire plus de 40.
(voir page 18e siècle)
On utilisait dans certaines régions un mât de bateau.
Les Arbalétriers, qui avaient reçu le privilège de percevoir des taxes sur les barques accostant à Visé, préservant leurs intérêts étaient de ce fait plus proches du Prince Evêque de Liège que les Arquebusiers qui adoptèrent la devise : "Vox Populi, Vox Dei" ,
"La voix du peuple est la voix de Dieu ! " devise bien révolutionnaire pour l'époque et qui n'est pas sans inquiéter les classes conservatrices.
Volonté de plus de liberté ou manière de rappeler que c'est Dieu qui s'exprime par le peuple ?
Un dieu catholique et anti réformiste bien entendu ... c'est précisé dans les statuts.
Cette devise est aussi une manière de rappeller au Prince-Evêque que si les arquebusiers accepteront les contraintes qu'il impose dans les statuts, ce sera aussi à la condition que le monarque les écoute.
L'histoire relate quelques démêlées entre arquebusiers et arbalétriers... mais aujourd'hui, Anciens Arbalétriers et Francs Arquebusiers sont les meilleurs amis qui soient.
Si aucune date exacte ne détermine avec précision la création de la gilde en 1579, la naissance officielle de celle-ci est par contre connue par les statuts inscrits dans un mandement aujourd'hui disparu du Prince-Evêque Gérard de Groesbeeck le 15 mai 1580
Gérard de Groesbeek
1564-1581Né en 1517 au château de Curange
(Comté de Looz).
Doyen de Saint-Lambert. Il fut imposé comme ses prédécesseurs au Chapitre cathédral et au Pays, du vivant de son prédécesseur, en mars 1562, a d'abord, malgré l'hostilité liégeoise, poursuivi leur politique, en renouvelant l'alliance de 1518 avec le roi catholique des Pays-Bas, qui étaient en pleine guerre civile et religieuse, puis, en 1577, il a finalement opté pour la neutralité de la principauté, sans qu'elle soit reconnue par l'Espagne.
Fit son entrée solennelle le 15 juin 1564 et fut sacré en 1565.
Bien qu'il ait du faire face à la menace calviniste sur la Cité et intervenir dans plusieurs villes du pays, il n'est pas parvenu à faire appliquer les nombreux décrets du Concile de Trente.
Gérard de Groesbeek, qui a aussi été élevé au cardinalat, a publié un nouveau code de procédure qui est resté en vigueur jusqu'à la révolution de 1789.
Le rôle des Arquebusiers, à côté des Arbalétriers était de venir prêter main forte à la milice communale
et de lutter contre le brigandage, sous la bienveillante protection de
saint Martin de Tours
que ces derniers avaient choisi comme Patron lors de leur fondation en 1579.
La saint Martin était une fête très populaire, et il était le saint tutélaire de la Collégiale de Visé
Souvent les guildes prenaient comme saint patron le saint tutélaire de l'église principale de leur ville,
il est étonnant que les arbalétriers aient préféré saint Georges alors que celle-ci était dédicacée à St MartinLes arquebusiers organisèrent leur première fête de St Martin très certainement le 11 novembre 1579
Cette date fut rappelée au tombeau de saint Martin où elle a été gravée lors du voyage des Francs Arquebusiers à Tours le 11-11-2005 voir aussi http://www.saintmartindetours.eu/patrimoine/belgique/wallonie/vise/index.php
Cet ex-voto est un hommage de la part de tous les arquebusiers de Visé
dont il reprend les armoiries primitives et des Francs Arquebusiers en particulier qui l'ont fait graver dans la crypte à côté du tombeau de leur saint patron et dont les armes d'aujourd'hui se trouvent à droite.
On peut même se demander l'origine et la mission exactes des gildes visétoises puisqu'il existait déjà dans la cité une milice bourgeoise chargée de maintenir l'ordre et disposée dans les divers quartiers. Ce qui démontre encore une fois qu'elle existaient pour jouir de privilèges. Mais la ville ou le monarque n'y perdait pas.
Grâce aux gildes et à leurs hommes entraînés, dans chaque quartier, au son du tambour,
il était possible de faire appel en quelques minutes à un renfort d'hommes prêts à laisser tomber leurs occupations et à prendre leurs armes pour intervenir.
Il incombait en effet à tout membre d'une gilde de posséder l'armement nécessaire et d'être entrainé à son maniement.
Ces obligations des citoyens visétois furent même rappelées dans un mandement d'Ernest de Bavière
du 11 février 1597... bizarrement deux ans avant que la gilde ne soit confirmée dans ses statuts (voir plus loin)Il faut donc voir dans la création des gildes bien plus qu'une simple garde bourgeoise, mais une volonté d'avoir la même influence que celle des Corporations et Métiers, de s'impliquer dans les prises de décision de la ville et d'en diriger le destin.
Ernest de Bavière
1581-1612Né le 17 décembre 1554 dans une des plus puissantes familles catholiques d'Allemagne. Troisième fils d'Albert V, duc des deux Bavières et comte palatin du Rhin, et d'Anne d'Autriche, fille de l'empereur Ferdinand Ier.
Chanoine de Liège le 29 décembre 1580. Déjà évêque de Fresinghen (1565) à 11 ans et de Hildesheim (1575); recommandé par Alexandre Farnèse, neveu de Philippe II, gouverneur des Pays-Bas. Élu à l'unanimité, le 30 janvier 1581.
Eut pour compétiteur François de Valois, duc d'Anjou et d'Alençon, frère du roi de France Henri III et l'archiduc Mathias.
Prince-abbé de Stavelot, le 11 février 1581.
Ne voulut jamais recevoir les ordres sacrés.
Il était très instruit et, bien que souvent absent du diocèse, il encouragea les progrès de l'industrie liégeoise.
Pro-espagnol, il maintint cependant fermement le principe de la neutralité.
Il se montra implacable envers les protestants et appliqua la paix d'Augsbourg de 1555.
Il favorisa la Compagnie de Jésus, fonda les premiers séminaires, assura le développement des exploitations houillères et l'installation des usines métallurgiques, protégea les sciences et les arts, institua un mont-de-piété et donna son palais d'Outre-Meuse à la Compagnie de la Miséricorde, pour ériger un hôpital, qui a perpétué le souvenir de son nom.
Ernest de Bavière
1581-1612
Outre les privilèges accordés aux gildes, c'était aussi l'occasion pour les membres de celles-ci de faire preuve d'un certain élitisme, tout le monde n'étant pas admis dans les rangs.
Dans certaines villes, c'était réellement une classe, une caste, particulière, et à Visé on n'a certainement pas dérogé à cette règle.On se rend parfaitement compte de cet élitisme dans la célèbre tableau:
La compagnie de milice du capitaine Frans Banninck Cocq et du lieutenant Willem van Ruytenburch
mieux connu sour le nom de La Ronde de nuit peinte par Rembrandt en 1642 et sur laquelles ceux qui posent ont payé pour être représentés ou dans le tableau qui représente la Compagnie du Capitaine Albert Bas
(Voir page Uniforme)En outre, les membres des sociétés du papegay bénéficiaient de franchises, d'exemptions de taxes (temps bénit !!!) ou de rôle de garde.
Ils étaient aussi exempts de milice.
Dans plusieurs villes, partout en Europe, des sociétés du papeguay se créèrent dans ce but.
Elle s'autofinançaient via les cotisations des membres, mais y gagnaient largement grâce aux franchises dont ils profitaient.
On appelait d'ailleurs ces sociétés des compagnies franches.
On trouvait des francs archers, des francs arbalétriers et des francs arquebusiers (déjà !)
Ces privilèges et droits étaient surtout octroyés au Roy du tir pour toute l'année pendant laquelle il avait abattu l'oiseau et même à vie pour celui qui devenait empereur en réussissant l'exploi trois années consécutives.L'exemption de taxes concernait aussi la vente par ceux-ci de boissons spiritueuses, vins, cidre, bières, etc.
Mais si le vainqueur du tir était aussi bien considéré c'est qu'on voyait dans sa victoire bien plus que son adresse
mais une certaine volonté divine de lui avoir octroyé cet honneur.
En effet, la chance est pour une bonne part dans l'abat de l'oiseau, avec une perche qui bouge, et des armes non rayées qui manquent de précision.
Chaque tireur avait ainsi une chance d'arriver à décrocher la timbale,
chance que l'on attribuait à une divine protection.Il ne faut pas oublier non plus que le Capitaine de la compagnie pouvait faire battre tambour et rassembler ses hommes d'armes, détenant ainsi une puissance non négligeable, particulièrement dans les grandes villes où elle comportait parfois un effectif de plusieurs centaines d'hommes.
Les gouvernants ne voyaient pas toujours d'un bon oeil cette armée parrallèle qui aurait pu se retourner contre eux et des compagnies furent parfois dissoutes.Les plus riches s'offraient des armes à mise à feu à rouet:
Le principe du briquet: une roue dentée qui frotte une pierre qui provoque des étincelles:
Une roue dentée,
actionnée par un ressort laché lors d'une pression sur la détente
provoquait une gerbe d'étincelles
émises par la pierre de pyrite au préalablement rabattue à hauteur du bassinet qu'on avait d'abord chargé de poudre fine (pulvérin).
Comme pour le mousquet ou l'arquebuse à mèche le trou de la lumière communiquait le feu à la charge principale du canon, principe qui restera tant que les armes se chargeront par le canon jusqu'au milieu du 19e siècle lors du chargement par la culasse.
Thibaut de Bar
Prince-Evêque en 1303 donna en 1310 aux Arbalétriers leur reconnaissance officielleLa Compagnie Royale des
Anciens Arbalétriers de Visé
Une des plus anciennes guildes de Belgique
Joseph Ronday
Le Roy des Anciens Arbalétriers
© www.arbaletriers.be
Selon certains auteurs, les Arbalétriers dont l'origine certaine est inconnue, mais dont l'existence officielle est attestée dès 1310, seraient en fait des descendants ou des sympathisants des Templiers,
qui existaient à Visé au 14e siècle, lesquels n'auraient pas été chassés par le Prince-Evêque.
On notera que les arbalétriers ne prirent par le saint tutélaire de l'église principale de la ville, à savoir St Martin, comme il était d'usage, mais bien St Georges qui était aussi saint patron des Templiers.
Or en ce début de 14e siècle, les templiers sont en mauvaise posture depuis plusieurs années, pousuivis par le roi Philippe IV Le Bel et arrêtés le 13 octobre 1307.
On notera aussi que l'écu de Jacques de Molay, dernier grand maître de l'Ordre était d'azur à la bande d'or, auquel fut ajouté une croix templière, sur fond blanc.
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Le drapeau des arbalétriers sous forme d'écu est à enquerre, or et argent l'un à côté de l'autre, ce qui est une anomalie dont il faut s'enquérir pour trouver la raison.
L'hypothèse est séduisante mais pas vérifiée.
Autre hypotrhèse, le drapeau du Saint Empire Romain Germanique dont dépendait la principauté de Liège était de fond jaune et les couleurs de Visé bleu et blanc, peut-être une association des trois.Ci-desssous des images des Arbalétriers dans les années 60, Chromos extraits de
"Le folklore en Belgique et au G.D. de Luxembourg" Collection Végé Album N° 2 Visé Province de Liège Arbalétriers, le numéro du chromo est celui de l'image
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Au 16e siècle, l'arme à feu existe depuis un siècle et demi, et est en usage dans toutes les compagnies, aussi bien les archers que les arbalétriers.
Si des privilèges économiques certains existaient pour les confréries armées,
pourquoi créer une nouvelle gilde et pas simplement y intégrer de nouveaux membres ?
Cela renforce l'idée que la raison est très vraisemblablement aussi d'ordre politique.Est-il étonnant de voir que le capitaine des harquebusiers est un bourgmestre de la ville, représentant du peuple, face aux échevins qui représentent le Prince ?
Les Arquebusiers sous de fallacieux prétextes finiront même par laisser croire au Prince-Evêque que les Arbalétriers n'ont plus de raison d'être et la vieille gilde sera un temps supprimée, le temps que le monarque revienne à de meilleurs sentiments.
C'est certainement pour s'accorder les bonnes grâces du monarque que les arbalétriers feront confectionner en 1581 une bannière aux armes du Saint Empire portée dans leurs cortèges.
Brûlée en 1914 lors de l'incendie de la ville par les troupes germaniques, elle ne fut pas refaite symbolisant un peu trop l'empire allemand après une guerre effroyable et réapparu près de 100 ans plus tard en 2010 lors du 700e anniversaire de la société.
Nous sommes aussi en pleine période de Réforme, et en Principauté, le Prince-Evêque se méfie et l'appartenance à la religion catholique est une exigence répétée dans les statuts de la gilde à l'époque et rappelée dans les statuts promulgués le 15 mai 1599, par le Prince-Evêque de Liège, Ernest de Bavière, ce mandement rappelait les statuts accordés par Gérard de Groesbeck de 1580 dont le document original avait disparu (Voir plus loin)Les nouvelles idées font leur chemin,
causant parfois des soucis à certains visétois soupçonnés qui eurent quelques démêlées avec la Justice de l'époque.
Comme certains étaient arbalétriers, ce fait mis en exergue ne manquât pas d'influencer le Prince-Evêque dans sa décision de supprimer l'ancienne gilde
Heureusement, le monarque reviendra à de meilleurs sentiments après que les Arbalétriers aient fait valoir leurs bons droits et les rétablira dans leurs prérogativesPourquoi cette lutte permanente entre Arbalétriers et Arquebusiers,
si ce n'est pour s'accaparer la direction de la Cité ?
A Liège même, les Chiroux à base aristocratique, bourgeoise et catholique,
défendent les intérêts du Prince-Evêque et de l'Empire
Chiroux ainsi nommés par leurs adversaires parce que la compagnie militaire, les arquebusiers,
qui en forme le noyau est habillée d'un costume à bas blancs,
habit noir et culottes blanches qui rappelle la robe d'une hirondelle
(chirou en wallon de Liège).
Visé est favorable aux Chiroux.
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1583Le 8 février, adoption du calendrier grégorien, on passe ainsi du 10 au 21 février.
Cette réforme avait déjà été instauré des 1582 dans certains pays où on était passé du jeudi 4 au vendredi 15 octobre 1582 pour les pays ayant immédiatement suivi Rome,
mais il fallu parfois plusieurs siècles pour que tous les pays l'adoptent.C'est à la fin de ce siècle que la gilde adoptera le blason des Gentis comme blason officiel
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Ici à gauche le blason original des Gentis:
d'argent à l'homme sauvage armé au naturel
Il y a fort à parier que c'est un clin d'oeil,
le sauvage opposé au gentis
C'était d'ailleurs l'enseigne de l'estaminet tenu par cette famille sur la rive gauche de la Meuse à
Devant-le-Pont
et à droite le blason qui fut adopté par la compagnie
Il s'agit du blason portant les armes de
Gentis accolées à celles de sa femme née de Froidmont qui portait:
d'azur à neuf besants
posés trois sur troisIl existe une variante du blason avec un arquebusier à la place du sauvage, mais cette variante est fausse car en supprimant le sauvage, elle n'associe plus le capitaine Gentis ... mais uniquement son épouse de Froidmont
© blasons réalisés par Marc Poelmans et propriété exclusive, copie non autorisée sans accord du propriétaire
Représentation déposée auprès de l'OBPI Office Benelux de la Propriété Intellectuelle1586
le roy du tir est
Wynand Rambart1591
le roy du tir est
Cloes Gentis
1596
le roy du tir est
Jean Olivier1597
Le 4 février 1597, la conseil de Visé réorganise la défense de la cité.
On forme 4 compagnies bourgeoises chargées chacune de la défense et de la police d'un quartier de Visé et le 11 février, le prince-évêque signe sans tarder le décrèt instituant la nouvelle organisation.
Il semble que l'influence des arquebusiers ait besoin d'être contrôlée
Ils iront se plaindre auprès du prince-évêque et deux ans plus tard Ernest de Bavière fait en partie droit à leur requête et leur accorde une nouvelle charte1598
Signature de l'Édit de Nantes
Un édit de tolérance signé le 13 avril 1598 par Henri IV, par lequel le roi de France reconnaît la liberté de culte aux protestants.
Cet acte met fin aux guerre de religion qui ensanglantent l'Europe et la France en particulier depuis des décennies
Il sera révoqué en 1685 par Louis XIV.1599
Dans un mandement du 21 mai, Ernest de Bavière
confirme les statuts de la compagnie.Le prince se méfie et inscrit dans ces nouveaux statuts l'obligation d'appartenir à la religion catholique... on n'est jamais assez prudent.
Etrange confirmation, comme si ceux-ci étaient contestés et avaient besoin d'être réaffirmés, le document original des statuts avait aussi disparu, alors qu'il s'agissait du plus important document de la compagnie.
La gilde craint-elle une suppression ou fait-elle face aux mêmes intrigues qu'elle ourdit envers les arbalétriers pour les faire disparaître ?
textes des princes évêques de Liège sur http://perso.infonie.be/liege06/00zero.htm
dernière mise à jour:16/05/11
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